Le Théâtre de l’Opsis nous offre ces jours-ci le réjouissant deuxième volet de son Cycle italien, Bar.

Après Il Campiello, une rencontre délicieusement grotesque entre Goldoni et Serge Denoncourt, un spectacle débordant de dérision et de lubricité, l’Opsis s’approprie Bar, le texte aigre-doux d’un dramaturge et comédien dans la quarantaine, Spiro Scimone. On parle d’une petite forme, truffée de formules savoureuses. Un théâtre intimiste pour deux personnages qui ne sont pas sans évoquer Laurel et Hardy ou encore Vladimir et Estragon.

On le sait, quand il s’agit de faire surgir des clowns là où on ne s’y attend guère, la metteure en scène Luce Pelletier n’a pas son pareil. Pensons notamment à sa relecture de Meurtre hors champ, la tragédie d’Eugène Durif. Mais les clowns de la directrice de l’Opsis sont le plus souvent tristes, confinés à de sombres destins, et néanmoins philosophes.

C’est bien le cas de Nino et Petru, les deux perdants magnifiques que nous rejoignons dans l’arrière-boutique d’un petit café peu fréquenté. Le premier gaillard, plutôt naïf, aspire à préparer les apéritifs plutôt que de laver le plancher du matin au soir. Le second, plus vif d’esprit, espère toujours que sa prochaine partie de cartes avec le mafieux du coin lui offrira le rythme de vie qu’il mérite.

Pierre-François Legendre et Marc Beaupré campent à merveille les deux individus empêtrés dans leurs illusions. Les deux hommes ne sont pas brillants, mais pas bêtes non plus, ils ne manquent pas de détermination, iront même jusqu’à poser des gestes graves, mais leur vie continue de tourner en rond. On les quitte malgré tout avec l’espoir qu’ils arriveront un jour à s’affranchir de leur condition.

Perdants magnifiques Critique par - 2011-01-20
Cote: 3


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