The 605 Collective, une compagnie de Vancouver, s’attaque à l’inhumanité des contacts virtuels dans Audible, un quintette explosif qui saupoudre de tango et d’arts martiaux une fusion des danses urbaines et contemporaine.

Le nom de leur collectif, Shay Kuebler, Lisa Gelley et Josh Martin l’ont tiré de l’adresse du studio où ils ont commencé, en 2006, à simplement partager leurs connaissances sur la danse. Se nourrissant mutuellement de leurs différences, de personnalités et d’expériences (théâtre, cirque, arts martiaux, danses urbaines, contemporaine et autres), ils ont créé une signature hybride qui les a finalement conduits à produire des spectacles. Après deux courtes pièces et diverses collaborations avec des compagnies telles que Holly Body Tattoo, Audible, créé en 2009, est leur première oeuvre de longue durée. Ils y partagent la scène avec deux artistes invitées: Scott Augustine et Maiko Miyauchi.

"Audible est une réponse à l’engouement pour les réseaux sociaux et au fait de vouloir être plus efficace, plus rapide et plus extrême dans la façon d’entrer en relation, commente Martin. On s’est demandé ce que ça donnerait dans un réel face-à-face, s’il suffisait de créer un contact pour se relier à l’autre. Car, dans le virtuel, on perd la posture, le ton de la voix, les expressions faciales, beaucoup d’éléments qui fondent la personnalité. Au fond, le vrai sujet de la pièce est la différence entre la connexion et la collision."

D’abord vêtus de costumes symbolisant les contacts directs, les cinq interprètes se dépouillent de leurs vêtements, mettent des tenues plus sportives et se munissent de casques de protection et de genouillères pour s’adapter à un mode relationnel où l’on se jette sur l’autre bien plus qu’on ne l’approche. Souvent livrée dans des mouvements à l’unisson, la danse est athlétique, énergique, rapide et épuisante. La métaphore est édifiante. Communication et agression se confondent et les ralentissements ou les moments d’immobilité et de silence donnent l’occasion de faire la différence.

"Nous poussons nos limites physiques parce que cela nous amène à un épuisement qui nous fait paraître comme des humains plutôt que comme de parfaits interprètes", précise Martin qui, dans le collectif, s’attache plus à la qualité, à la texture et à la couleur de la danse, tandis que Kuebler est un gros producteur d’idées et de mouvements et que Gelley s’affaire plus aux composition et structure chorégraphiques. Mais dans le processus de création, le dialogue est constant et les rôles s’échangent pour que de ces trois voix créatrices émane un chant unique.

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