La Torontoise Ame Henderson a travaillé sur l’unisson pour livrer une métaphore de la complexité de la vie en communauté. Intitulée Relay, l’oeuvre réunit sept danseurs et deux musiciens et sollicite un certain engagement du public.

Elle est originaire de Vancouver, diplômée en danse de l’Université Concordia et Torontoise d’adoption depuis 2003. On a déjà vu ses oeuvres à la Fonderie Darling, au Festival TransAmériques, à Tangente et la voici programmée à l’Agora avec une création qui actualise un des codes les plus classiques de la danse: l’unisson.

"L’unisson a quelque chose de tabou parce que c’est historiquement lié à des choses comme la conformité et la perte d’individualité alors qu’en danse contemporaine, les danseurs apportent beaucoup d’eux-mêmes, commente Ame Henderson. On s’est demandé à quoi pourrait ressembler l’unisson dans un travail collaboratif (une sorte de tâche impossible) et ça a ouvert sur d’autres choses qui concernent la vie, la société, notre façon de nous organiser, etc."

Concrètement, l’unisson parfait ne se produit que très rarement dans Relay. Il réside plus dans le fait que chacun, individuellement, cherche à construire du sens et une cohésion de groupe. Le mouvement est transmis, copié, transformé et répété dans une tentative de rester soi-même tout en renforçant l’identité de groupe. Dans cette oeuvre comme dans la dizaine d’autres déjà créées par la chorégraphe trentenaire, les interprètes disposent d’une marge de liberté dans la manière de donner vie à une structure chorégraphique très établie.

"Je travaille sur l’équilibre entre la forme et l’ouverture, le connu et l’inconnu, et j’essaie de trouver des cadres qui, sans être trop rigides, guident vers une expérience qui soit lisible, partageable et répétable, précise Henderson. En fait, les interprètes ne sont pas vraiment libres. Ils ont été entraînés à partager une façon de prendre des décisions, ce qui est pour moi très chorégraphique. Je pense la chorégraphie comme une façon de prendre des décisions."

Autre caractéristique récurrente des oeuvres de la fondatrice de la compagnie Public Recordings: la volonté de partager l’instant présent, précieux et éphémère, de la représentation avec le public. Invitant ce dernier à se placer dans un état de perception inhabituel, le dispositif scénique cherche à faciliter le partage des lieux et de l’état entre les artistes et les spectateurs. Intrigant.


Partagez cette page

+ SUR LE MÊME SUJET : 

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel