Peu représentée sur la scène québécoise, la dramaturgie amérindienne trouve un ambassadeur de choix avec Ondinnok, première compagnie de théâtre autochtone professionnelle au Québec, créée en 1985. Après la mise en scène de Contes d’un Indien urbain de Darrell Dennis en 2006, la cofondatrice de la compagnie Catherine Joncas nous présente une pièce de l’auteur cri Floyd Favel, un prolifique artiste multidisciplinaire de la Saskatchewan. Le maître et la rosée est une fable universelle racontant l’histoire d’amour tragique entre un Blanc et une Métisse dans laquelle la musique composée par Jean-Frédéric Messier (qui signe la traduction et fait partie de la distribution), le chant (interprété par Kathia Rock) et le mouvement se lient à un récit présenté en français, en cri des Prairies et en anglais. La pièce traite également des conséquences désastreuses du peuplement de l’Ouest canadien sur le peuple autochtone. À la Salle Fred-Barry, jusqu’au 25 février.

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  • 12 février 2012 · 14h19 Sophie Jama

    Les animaux constituent donc des sociétés en tout point semblables aux nôtres ! C’est ce que nous apprend ce conte amérindien, mi traditionnel mi contemporain, imaginé par l’auteur cree Floyd Favel et présenté du 8 au 25 février 2012 au Théâtre Denise-Pelletier (Salle Fred-Barry) par la compagnie Ondinnok (« le désir secret de l’âme » en langue huronne).
    Trois acteurs sur la scène jouent en trois langues – français, cree des plaines et anglais pour les chants – la triste histoire du maître de la rosée venu chercher consolation auprès de la vieille Rosie, une veuve solitaire abandonnée de ses enfants partis vivre à la ville. Maître de la rosée, ou plutôt maître de toutes les larmes du ciel, c’est ce qu’est devenu ce castor qui vient cogner un soir à la porte de la vieille femme. Elle l’accueille dans sa cabane sans s’étonner qu’il puisse parler ; elle lui offre du thé, du tabac et des rubans, et, surtout, elle l’écoute avec douceur vider son cœur et dire sa peine. Il y a très longtemps de cela, le castor est tombé en amour d’une jeune humaine : alors qu’il nageait dans l’eau du fleuve, ses yeux ont croisé ceux de la belle. « J’ai alors pris conscience de moi-même », déclare-t-il les yeux remplis de larmes. Car si dans son monde, leur mariage fut agréé par sa tribu, les forces obscures de l’au-delà s’opposèrent à cette union. Un mal mystérieux contre lequel les esprits demeurèrent impuissants obligea la jeune femme à partir et dévasta la tribu dont il ne reste rien. Le vieux castor peut désormais en être le maître ; dernier membre de sa tribu, il va bientôt mourir…
    Le narrateur (interprété par Jean-Frédéric Messier) nous dit comment sa mère (Catherine Joncas) lui transmit le récit de la visite du castor à la vieille Rosie (Kathia Rock) et nous plonge dans la poésie des contes traditionnels amérindiens au son du pas discret des ancêtres disparus.
    Durant 55 minutes sans entracte, le spectateur assiste à un spectacle complet, fait de chants délicats, de danses et de sonorités d’une langue qui, même s’il ne la comprend pas, dévoile la profondeur d’un passé ancestral. Tout un monde mi réel mi magique se déploie dans cette mise en scène de la comédienne, chanteuse et conteuse innue Kathia Rock avec, au-delà du récit du castor, celui de la création du monde et de la place des humains dans la cosmogonie amérindienne. Si cette œuvre profonde, Le maître de la rosée, évoque en filigrane l’histoire du peuplement de l’Ouest canadien et ses conséquences sur le monde autochtone, elle nous transporte surtout dans une tradition pleine de richesses où les mots, du seul fait d’être dits, deviennent réalité.
    Les mots, c’est tout ce que la mère du narrateur lui a légué avant de mourir, un héritage qui paraîtra dérisoire à ceux qui ignorent les choses les plus précieuses du monde…
    Un spectacle à ne pas rater!

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