Claude Poissant

fait un retour au théâtre réaliste avec Après moi, le déluge, une production tout en retenue qui aborde une problématique considérable: l’immense gouffre qui sépare l’Occident de l’Afrique. En choisissant de camper la pièce de la Catalane Lluïsa Cunillé dans un contexte sobre et très réaliste, le metteur en scène propose une lecture qui laisse peu d’espace au mystère ou à l’énigme. Après moi, le déluge cache pourtant une histoire de duperie. Un homme d’affaires européen (Germain Houde, inégal) rencontre une interprète (Marie-France Lambert, insaisissable) dans une chambre d’hôtel de Kinshasa afin qu’elle traduise une négociation avec un vieil Africain représenté par un fauteuil vide. Voilà que s’installe une intéressante dynamique où la traductrice agit à titre de porte-parole et reçoit même les foudres de son interlocuteur qui s’impatiente devant la demande insistante qu’on lui fait: prendre en charge un fils à tout faire. Un portrait du peuple africain exploité et écrasé est brossé à travers la joute que se livrent les deux hommes, jusqu’à ce que la vérité amère, désespérée et vengeresse soit finalement dévoilée. Un texte d’une grande puissance d’évocation qui reçoit ici un traitement trop sage et lisse. Au Théâtre de Quat’Sous jusqu’au 18 mars.

Duel à trois Critique par - 2012-03-08
Cote: 2.5


Partagez cette page

+ SUR LE MÊME SUJET : , , , ,

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Infolettres