Avec Orlando, Deborah Dunn signe une nouvelle oeuvre de danse-théâtre marquée par l’humour et la fantaisie. Six personnages y traduisent la quête de l’amour et le désir de création.

L’histoire d’Orlando, héros du livre éponyme de Virginia Woolf, commence au 16e siècle et s’achève au 20e après moult péripéties et transformations. Au fil de ses nombreuses vies, ce jeune lord anglais sera ambassadeur en Turquie, bohémienne et femme de lettres. "Ce que j’aime de ce roman, c’est son mélange d’humour et d’étrangeté et le fait qu’il présente une critique très forte de la façon dont on rédige les biographies, tout en étant d’une incroyable qualité esthétique", commente Deborah Dunn.

Souvent inspirée par la littérature dans les oeuvres qu’elle crée pour Trial & Eros, compagnie qu’elle a basée à Montréal en 2001 après l’avoir fondée 15 ans plus tôt à Vancouver, la chorégraphe a l’art de coupler mise en scène et chorégraphie dans des pièces où elle met généreusement à profit son expertise de conceptrice de costumes.

"J’ai commencé le processus en travaillant autour des personnages et de danses des époques élisabéthaine, baroque, romantique…, poursuit-elle. Certaines d’entre elles sont si extraordinaires que j’en ai gardé une forme presque pure tout en intégrant des éléments contemporains dans la façon de les interpréter." De facture très moderne, la trame sonore de Diane Labrosse intègre quant à elle des morceaux de musique classique.

Autour d’Audrey Juteau, qui incarne la figure androgyne du personnage principal, cinq interprètes campent des rôles différents au fil du temps qui passe, tout en conservant le même type de liens avec Orlando: le premier amour, l’ami de coeur, le conjoint, la confidente, le poète… La plupart y jouent tour à tour des rôles masculins et féminins.

"L’androgynie se joue juste avec les vêtements et l’interprétation, et elle est souvent plus drôle que crédible, précise la créatrice. L’idée est surtout de montrer qu’il y a quelque chose d’essentiel au-delà du genre et qu’il faut laisser aller cette question-là."

Entre comique de situation et absurdité, l’humour de Dunn s’est déjà avéré hautement jouissif sans rien enlever à une forme de gravité ni à la qualité de compositions chorégraphiques qui travaillent beaucoup la géométrie de l’espace. Ici, il s’inspire à la fois de l’humour très littéraire de Woolf et de celui de six interprètes aux personnalités aussi contrastées qu’affirmées.


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