Que l’art prenne l’envergure des plus grands oiseaux de proie

Que l’art s’insinue dans les crevasses de glaciers, les trous de rochers, les plaies microscopiques

Que l’art démonte les illusions, déjoue les solitudes, réveille les moribonds

Que l’art transcende nos meilleures intentions

Que l’art réponde à la démesure de nos attentes insoupçonnées

Que l’art secoue nos certitudes pétrifiées et nos rêves engourdis

Que l’art soulage les cœurs saignants, les chairs meurtries, les maux de dents

Que l’art irrigue les sols desséchés

Que l’art déploie de longs lambeaux d’hommes magnifiques et naufragés

Car à l’origine nous avons échoué sur un rivage étrange

À bien regarder nous sommes tous chauves, manchots et borgnes en nos royaumes désolés

Nous ne savons plus de quoi nous sauver

Nous fuyons dans toutes les directions et à tout hasard

Fragile ménagerie de verre

Que l’art nous échappe sans nous briser

Partagez cette page

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel