Dans le cadre de la saison des Grands Ballets Canadiens de Montréal, l’Alberta Ballet investit la Salle Wilfrid-Pelletier avec une création de Jean Grand-Maître inspirée de la vie d’Elton John. Au son de 14 chansons de l’auteur-compositeur-interprète britannique et du parolier Bernie Taupin, le ballet s’électrise et s’encanaille avec Love Lies Bleeding.

Qui a dit que le ballet et la musique d’aujourd’hui ne faisaient pas bon ménage? Pour Jean Grand-Maître, directeur artistique depuis 2002 de l’Alberta Ballet, les arts populaires capturent à merveille leur époque. Le chorégraphe s’est donc lancé dans une série de ballets musicaux, qu’il appelle portraits, créés en collaboration avec des chanteurs contemporains.

Love Lies Bleeding est une plongée dans les tribulations d’une pop star: le succès, les excès et les dépendances aux drogues et à l’alcool, la sortie du placard, la découverte de l’amour sur le tard… Pour autant, il ne s’agit pas d’une biographie d’Elton John, mais «d’une représentation de ses chansons, de son art, de sa philosophie de la vie», précise Grand-Maître. Avec le concours du concepteur vidéo Adam Larsen, du concepteur d’éclairage Pierre Lavoie et de la costumière Martine Bertrand, le chorégraphe a imaginé un monde de couleurs et de lumières évoquant Fellini, Magritte, Warhol, Kubrick, le surréalisme des années 1970 et l’esthétique pop.

Chorégraphier la vie en montagnes russes d’un chanteur a constitué un grand défi pour Grand-Maître: «La musique d’Elton John est intense, souvent mélancolique avec des rythmiques endiablées qui peuvent durer six minutes. J’ai voulu créer un cabaret inspiré de l’esthétique des œuvres originales de Bob Fosse, que j’adore depuis mon enfance. Pour chaque chanson, j’ai conçu un vocabulaire chorégraphique différent.» Grand-Maître a également fait appel au cabaret parisien, aux danses urbaines, au breakdance, au patin à roues alignées, au cirque aérien, etc. 

Chacun des quatre ballets musicaux de l’Alberta Ballet – avec Joni Mitchell, Sarah McLachlan, k.d. lang et Elton John – est particulier: «Ce qui fait le succès de cette série de portraits, c’est la rencontre et la collaboration intime avec l’artiste, explique Grand-Maître. C’est de nos discussions que le spectacle prend forme. On va chercher chez l’artiste une vérité qu’on n’aurait pas pu trouver autrement.» Ces spectacles ont permis d’attirer un nouveau public, des amoureux de la musique plus jeunes que les aficionados habituels du ballet, qui ont assisté par la suite à des œuvres plus traditionnelles.

Après Elton John, le chorégraphe originaire de Gatineau aimerait collaborer avec Peter Gabriel, David Bowie et, plus près de chez nous, Leonard Cohen et Diane Dufresne. Il travaille en ce moment à une nouvelle collaboration avec Joni Mitchell. Le thème en sera toutes les chansons d’amour de celle-ci. Aux 31 interprètes de l’Alberta Ballet, Grand-Maître fait décidément danser l’amour. 

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  • 5 avril 2013 · 06h46 Giappési

    Article qui donne envie d’écouter et de voir et surtout d’aller à Montréal pour en avoir la possibilité. Bravo pour l’artiste et pour la journaliste qui a su susciter ce désir.

  • 10 avril 2013 · 06h26 Une passanate

    Excellent article! Hâte d’aller voir cette douce folie!

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