L’inspiration du jour

4 janvier 2010 0h25 · Steve Proulx

J’ai été loin de ce blogue au cours des derniers mois. C’est que je me cherchais un peu.

Pour être motivé, voyez-vous, j’ai besoin d’un projet substantiel.

Voilà pourquoi je m’amuse beaucoup à écrire des romans. C’est substantiel. C’est un travail de longue haleine. J’y mets tout ce que j’ai. Et le résultat me remplit de fierté.

J’avais du mal à trouver cette substance dans le bloguisme, d’où ma lassitude.

Par contre, l’outil m’intéresse. Pour 2010, j’ai donc eu l’idée d’y jouxter un projet substantiel.

Pendant un an, tous les soirs, je laisserai ici un billet sur le thème : « Quelle réflexion cette journée m’aura inspirée »

Je l’avoue, j’ai piqué l’idée à Dr Doogie. On s’inspire où on peut.

C’est donc un départ. Qui m’aime me suive!

3 janvier 2010 – L’altruisme des tempêtes

Aujourd’hui, tempête oblige, j’ai par deux fois enfilé mon manteau North Face acheté au Boxing Day et mon chapeau de poil made in China acheté trop cher au Marché de Noël de Longueuil. Armé de ma pelle Yardworks achetée chez Canadian Tire, j’ai débarrassé mon entrée de ces quelques pouces de poudrerie.

Et c’est alors qu’à la presque fin de cette opération (que j’aurais pu faire commanditer par Robaxacet), un homme venant de l’autre côté de la rue s’est avancé vers moi, l’air suspect.

Je ne l’avais jamais vu. Il a retiré sa mitaine et m’a tendu la main. « Je m’appelle Sylvain, je suis ton voisin d’en face. »

Je l’ai salué à mon tour (plus tard, je réaliserai que j’ai omis de lui dire mon nom).

« Tu veux que je te donne un coup de main avec ma souffleuse? » ajoute-t-il alors en me désignant sa machine ronronnant de l’autre côté de la rue.

Sur le coup, frappé d’étonnement, j’ai refusé. « Non, non… Merci! ai-je bredouillé nerveusement. J’ai quasiment fini! »

Sylvain a donc regagné son côté de la rue, me laissant avec ma pelle et le sillon de sloche poussé par les déneigeurs juste devant mon entrée.

J’ai regretté plus tard de ne pas avoir accepté son coup de souffleuse. L’ai-je fait par orgueil? Par timidité?

Non. J’ai refusé par réflexe de survie devant l’inconnu.

Ce voisin qui m’offre son aide est un phénomène trop rare pour que je sache dans l’immédiat comment réagir.

La culture du cocooning a réduit l’antique rôle social du « voisin » à pas grand-chose. Du coup, on ne sait plus comment être voisin.

Heureusement qu’il y a les tempêtes, ces formidables génératrices d’altruisme.

Si Sylvain m’offre un coup de souffleuse à la prochaine bordée, j’ai ma réponse.

*

À lire – Sur le site d'Urbania, l'entrevue d'un bonhomme qui passe sa souffleuse à poil.

 

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  • 4 janvier 2010 · 00h46 Geneviève Prasow

    En passant, bonne année, Steve. Tout le meilleur à toi et ta nouvelle famille. Je te souhaite, en prime, l’inspiration à volonté.

    Je suis tout à fait d’accord avec toi. L’hiver 2007-08 en est un bon exemple. Après le 200ième cm de neige, je n’avais jamais autant parlé à mes voisins, ni fait preuve d’autant d’altruisme en si peu de temps.

    La crise du verglas a, en plus de contribuer à un léger bébé-boum, donné un coup de pouce inespéré au manque si criant d’interaction humaine. Comme quoi l’homo sapiens modernus a besoin d’une bonne dose de catastrophe pour se sentir plus…humain.

  • 4 janvier 2010 · 00h55 Robert St-Amour

    Si j’étais un peu plus connu, je serais tenté de faire de même. En conséquence, je me contenterai tout humblement de vous suivre et ce sera avec plaisir.

    P.S.: Malgré que j’ai des voisins assez gentils, aucun n’a de souffleuse. Il faut profiter de sa chance lorsqu’elle se présente, dirait le sage.

  • 4 janvier 2010 · 11h22 Jean-Claude Bourbonnais

    Hier,sur mon agenda de course à pied: 90 minutes dehors!!! J’ai dû déchanter vite,moi qui aime tant courir dehors l’hiver, trop de neige sur les trottoirs, on patauge dans la semoule…pendant 90 minutes…no way!
    Je m’en vais donc courir au CEPSUM….une heure et demi sur un tapis roulant…la galère!!
    Au moins on court devant des grandes baies vitrées….avec vue sur la rue Édouard-Montpetit. C’est enneigé mur à mur. Tout d’un coup, un grand jeune homme sort de son bloc appart avec sa blonde. Déneige sommairement son char et décide de descendre dans la rue. Sa voiture est parké sur la terrasse,à côté de l’entrée de garage, face au banc de neige!! Pas d’problème !! À vingt ans, on se croit invincible, on sait toutt’, on fonce…et on s’enlise, pas à peu près!!!
    Sur mon chrono, j’avais à peine 20 minutes de sur-place sur le tapis roulant…c’est long, longtemps, encore…Je me laisse donc distraire, tout en gardant le rythme, par le spectacle du jeune homme qui essaie de se déprendre…pendant que sa blonde va voir dans les entrées des blocs appart, à côté, s’il y aurait pas une pelle. Y’en a pas, bien sûr… Alors, après quelques tentatives, le jeune homme et sa blonde commencent à trouver ça heavy, la chicane pogne, la jeune fille s’éloigne un peu tandis que son chum toise rageusement son maudit char…
    Alors, venu de nulle part, un autre jeune qui passait par là dans son auto, s’arrête….descend et va voir s’il ne pourrait pas aider… J’ai trente minutes de jog dans les jambes sur mon chrono…temps d’aller boire un peu….Je remonte sur le tapis, dans la rue, les jeunes n’arrivent toujours pas à déprendre la voiture dans la neige.
    Il est midi, heure de break syndical. Tiens, qu’est-ce qui passe là, dans la rue? Un col bleu dans sa charrue!! Il aperçoit les jeunes, s’arrête et commence à charroyer la neige plus loin. La voie est libre! Le col bleu reprend son chemin, les jeunes le saluent. Le grand jeune homme rembarque dans son char avec sa blonde, remercie l’autre qui a voulu l’aider, et dégage sa voiture. L’autre jeune homme retourne lui aussi dans son auto et….rentre dans la garage de son bloc qui était bloqué par la voiture enneigée!!! Tout est bien qui finit bien. J’ai quarante cinq minutes de faites sur mon chrono. Encore la moitié à courir en sur-place sur mon tapis roulant. Et rien à l’horizon pour me désennuyer. La p’tite vie, quoi…

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  • Steve Proulx
    Je suis auteur, chroniqueur et journaliste indépendant depuis 2000. Depuis 2004, je signe la chronique « Médias » dans l’hebdomadaire Voir. J'ai publié quatre ouvrages: -Boycott en 2003 (Les Intouchables) -Les saisons du parc Belmont en 2005 (Libre Expression) -L’opération Passe-Partout en 2007 (Trécarré). -S'amuser au masculin en 2008 (Les Intouchables) -La série de romans Le Cratère Cet automne, je fais aussi chroniqueur-reporter à l'émission La vie en vert (à Télé-Québec, les mercredis 19h).

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