L’imposture d’être parent

12 novembre 2009 10h26 · Philippe Couture

 

Une mère a-t-elle le devoir de cacher à son enfant que par moments, il lui pèse? Peut-elle toujours y arriver? Comment conjuguer l’amour parental et le désir de s’accomplir personnellement ? Ce sont autant de questions posées par la pièce d'Evelyne de la Chenelière.  
 
«Je ne sais pas ce que j'ai volé à ma mère», dit Léo, l’un des deux personnages principaux de L’Imposture. En entrevue, l'auteure me disait que «même si les parents disent très honnêtement que leurs enfants sont la chose la plus précieuse pour eux, c'est une réalité de l'époque contemporaine que de vouloir vivre plusieurs aspects de notre vie en même temps et de se sentir parfois perturbé par son rôle de parent. C'est extrêmement troublant de regarder cette problématique-là à travers les yeux de l’enfant, de s’imaginer qu’un enfant se culpabilise d’avoir volé un morceau de vie à ses parents.»

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Sur les photos: Evelyne de la Chenelière et Violette Chauveau
Crédit: Yves Renaud

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  • 12 novembre 2009 · 16h12 Daniel Tremblay

    Je pense qu’un parent est un etre-humain qui a des qualitées et des défauts mais nous ne devons pas oubliés qu’un enfant en bas age est tres tres vulnérable et qu’il considère ces parents comme des dieux donc je pense qu’un parent a un devoir moral jusqu’à ce que l’enfant atteigne au moins ces 5 ans d’etre une personne normale et joyeuse la puplart du temps donc c’est aux parents de s’offrir quelque moment de détente et intime jusqu’à ce que l’enfant atteigne l’age de 5 ans minimun.

  • 12 novembre 2009 · 17h43 Jessica Royer

    Je crois qu’il ne faut pas que l’enfant sente qu’il porte le fardeau du fait que ses parents n’ont pas eut le temps d’avoir une carrière. Même si je ne suis point mère, je considère ce rôle comme étant un travail à temps plein et il est souvent dénigré(sans parler de celui des pères!).

    Je crois que le sentiment de culpabilité est l’une des pires choses que l’on peut faire subir à son enfant.

  • 13 novembre 2009 · 02h58 Nancy Blouin

    Hum… je n’ai pas de réponse définitive, mais ce sont des questions que je me pose justement ces temps-ci… Que veut dire réussir, laisser sa marque ? Est-ce la même chose pour chacun ? Un enfant ? Un roman ? Un tableau ? Un pécule ? Qu’est-ce qui compte ? Pour qui ? Pourquoi ? La vie vaut-elle la mort ? La vie pèse-t-elle pour la mort ? Quel est le rapport entre les deux ?

    Oui, en effet, beaucoup de questions… peu de réponses « indeed »…

  • 13 novembre 2009 · 20h24 Gaston Pipon

    Quelle déchéance pour un enfant de se sentir un fardeau !….

    Je crois, que du moment que tu acceptes d’avoir un enfant, il est du rôle des parents de faire en sorte de l’accepter, de l’aimer, le chérir et le guider tout au long de sa vie. Des embûches,il en fera face…. mais, le(s) parent(s) sont là pour l’éclairer et lui montrer et apprendre les vraies choses.

    Le rejet ou l’ignorance de son enfant peut conduire à des litiges et des évènements fâcheux qui peut tout détruire !

  • 14 novembre 2009 · 00h26 Philippe Couture

    Beaucoup de questions peu de réponses effectivement
    Il ne faut pas culpabiliser un enfant, idéalement. Mais quoi qu’il en soit, en vieillissant, l’enfant peut constater par lui-même que ses parents ont fait des sacrifices douloureux pour son bien-être et ce constat peut être troublant. On peut vivre de la culpabilité sans que cette culpabilité soit engendrée par le comportement des parents. Qu’en pensez-vous? Comment alors lutter contre le sentiment de culpabilité qui nous habite? Quel modèle doit-on suivre pour élever ses propres enfants sans trop sacrifier sa propre existence?

  • 14 novembre 2009 · 19h17 lise cyr

    Je pense qu’à partir du moment où tu acceptes d’être parent, le doute s’installe à jamais. Est-ce que j’ai fait ce qu’il faut pour le bien-être de mes enfants ? Est-ce que je n’aurais pas dû travailler autant pour leur offrir ce que je n’ai pas eu ? Est-ce à moi ou à ma fille à qui je pensais en la poussant vers des études supérieures et en l’inscrivant dans toutes sortes d’activités et de voyages dont elle ne se souvient pas ou si peu aujourd’hui? Aucun manuel ne pourra jamais répondre à cette insécurité qui rôde en permanence lorsqu’on est parent mais chose certaine il faut laisser parler son intuition et les aimer sans limite et sans conditions.

  • 17 novembre 2009 · 15h38 Joel Hamet

    Une question bien de notre époque: égotiste ad nauseam…

    Dans le théâtre de nos vies, où nous sommes tous en constante représentation, est-il si délétère de jouer le rôle de parent conjugué à nos autres rôles?

    Et comment nous parler d’imposture, à nous pauvres humains « esclaves de la Nature », pour reprendre le mot de Freud.

  • 19 novembre 2009 · 10h45 Myriam Sainson

    En ce 21e siècle, la femme a un pouvoir matriarcal presque au naturel, en portant diverses responsabilités sociales, ce qui peut engendrer ambiguité et confusion pour les êtres chers qu’elle aime. Les enfants ont alors de la difficulté à comprendre la complexité d’un tel rôle et culpabilisent assez facilement. Le malaise s’installe alors dans cette relation mère-enfant qui prône une vie qui se multiplie au risque de perdre l’essentiel… peut-on parler d’imposture, de tromperie, de fausse représentation, il serait difficile d’y répondre… tout au moins, peut-on dire qu’il y a apparence d’imposture.

  • 19 novembre 2009 · 16h25 Philippe Couture

    Lise Cyr écrit: « Est-ce à moi ou à ma fille à qui je pensais en la poussant vers des études supérieures et en l’inscrivant dans toutes sortes d’activités et de voyages dont elle ne se souvient pas ou si peu aujourd’hui? » Étrange quand même de se culpabiliser d’avoir porté attention à son enfant. Mais la question est bel et bien de notre époque. Est-il indigne d’une mère de projeter en son enfant des désirs plus grands que lui ?

  • 20 novembre 2009 · 10h34 Laurence

    En tant que jeune femme de 18 ans, je ne crois pas que nos parents doivent se sentir coupable de faire ce qu’ils croient être bien pour nous. Si ils ont décidé d’avoir des enfants, c’est sur qu’à quelque part ils savaient qu’ils allaient devoir se priver de certaines choses. Ils veulent que leurs enfants puissent profiter de leur vie peut-être plus pleinement qu’eux et c’est pour cela qu’ils veulent qu’on fasse plusieurs activités. Je ne crois pas qu’un enfant puisse vraiment se sentir coupable d’avoir enlevé «un morceau de la vie» de leur parents, car comme je disais plus haut, c’est souvent les parents (dans plusieurs cas) qui décident d’avoir des enfants. Alors c’est un choix que les gens doivent assumer et ils ne devraient pas s’en faire pour l’image que leurs enfants vont avoir d’eux. Après tout, il n,y rien de plus précieux qu’une mère et un père!

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