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L’imposture d’être femme et d’écrire

«Généralement, je préfère lire un livre écrit par un homme qu'un livre écrit par une femme. Je préfère la façon dont les hommes parlent des hommes, je préfère la façon dont les hommes parlent des femmes, j'aime mieux la façon dont les hommes parlent de cul, non vraiment, je préfère

Dès la première scène de L'Imposture, Léo, personnage interprété par Francis Ducharme, lance cette phrase-choc devant l'animateur de télévision qui l'interroge sur le roman écrit par sa mère, et dont il est le narrateur. Par là, Evelyne de la Chenelière aborde l'épineuse question de l'acte créateur au féminin, et l'idée que les œuvres féminines seraient majoritairement dévalorisées à cause d'un préjugé inconscient. Une étude récente de l'auteure et metteure en scène Marie-Eve Gagnon a d'ailleurs pointé cet état de fait (vous pouvez lire ici l'entrevue qu'elle m'avait alors accordée).

Qu'en pensez-vous? Sommes-nous inconsciemment habités d'un préjugé défavorable envers les œuvres d'artistes féminines? La condition féminine et l'histoire de la cause des femmes déterminent-elles en partie la nature et le contenu des œuvres d'artistes féminines? À qualité égale, accorde-t-on à ces œuvres le même intérêt et la même visibilité qu'à celles des artistes masculins?

Sur la photo: Francis Ducharme (Léo) et Violette Chauveau (Eve). Crédit Yves Renaud