George Sand, Amélie Nothomb et autres Wonder Women

12 mars 2008 17h00 · Tristan Malavoy-Racine

J'adore ce genre de petits bouquins. On y trouve du tout et du n'importe quoi, un peu de pertinent et beaucoup d'inutile. Dans la Petite encyclopédie de culture générale insolite, qui vient de paraître chez City, on apprend par exemple que si William Marston a créé Wonder Woman, en 1940, c'est par souci féministe! Il trouvait en effet qu'entre Batman, Superman et Guy l'Éclair, il y avait bien peu de femmes dans l'univers de la BD, et surtout aucune dans les beaux rôles…

Plus loin, on apprend comment décoder les missives adressées par George Sand à son amant Alfred de Musset. Un exemple?

Je suis très émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleur preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme et libre. Pensez que la solitude où j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi, en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour ou je veux me
mettre.

À relire maintenant en n'en lisant qu'une ligne sur deux. Beaucoup moins chaste, vous verrez…

Dans cette rigolote petite encyclopédie, on décrit également la graphorrhée, ce "besoin pathologique d'écrire, tous les jours, à tout moment et partout." On énumère ensuite plusieurs exemples, dont celui d'Henri Troyat, auteur de plus de cent livres, ou encore d'Amélie Nothomb, la Wonder Woman belge, qui ne rate pas une rentrée romanesque depuis 1992. On aurait pu ajouter Joyce Carol Oates, surnommée le "word processor", et pourquoi pas Jean-Christophe Rufin, qui publie depuis quelques années à un rythme effréné, et dont je viens de commencer le petit dernier, Un Léopard sur le garrot, récit autobiographique retraçant le parcours d'un médecin de l'humanitaire. On en reparle.

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