Pourquoi tenir à un blogue

31 janvier 2012 23h13 · Venise Landry

Ou pourquoi tenir un blogue. C’est sûr qu’il faut y tenir solidement pour y consacrer tant d’énergie, tant de temps et d’argent. Bais oui, parce que le temps, c’est de l’argent ! Entéka, c’est ce que ma mère m’a toujours dit.

Je suis impressionnée par ce qui se passe dans la communauté du blogue @Voir. Clic, Clic, Clic … je lis et visite mon voisinage et réalise que des personnes, comme Josée Legault, pour la nommer, prennent le temps et la peine de répondre aux commentaires. Mais comment fait-elle !? Avec la fréquence et la longueur de ses billets ! Ouf…. Elle doit être fermement convaincue de son apport à la communauté. C’est ce que j’en conclus.

C’est facile de le déduire, puisqu’il m’arrive chose semblable au Passe-Mot. À chaque fois que je retourne à ma balance peser le pour et le contre, il m’arrive un paquet de reconnaissance bien ficelé. Et je continue. Un auteur qui me remercie, dont je sens la reconnaissance sincère, par exemple. Un lecteur content de ma recommandation qui recommande à son tour, et imaginez si ce lecteur est également un blogueur ! Les livres se suggèrent de blogue en blogue, les recommandations se multiplient,  un club de lecture tentaculaire. Comme il y a peu de lecteurs au Québec, chacun est précieux. Un roman de plus qui se vend a son importance.

Certains doutent que nous sommes à l’ère de la communication, moi, je n’en doute plus. Tu lances une info sur la toile et voilà qu’elle se multiplie comme les petits pains sur une certaine montagne. La vitesse de transmission se classe dans la quantité de la communication, pas la qualité, diraient certains. La qualité y est aussi, si on s’y arrête deux secondes. Sur la quantité, on risque encore plus de trouver la qualité. Même principe que le magasinage !

En considérant également que l’on reçoit plus de réactions à ce que nous émettons, on s’offre la chance, qu’on saisit ou non, d’améliorer la qualité de nos messages. Le jour où l’on est mal compris par une dizaine de personnes, qui nous l’écrivent parce qu’ils en ont la chance, on se pose des questions, si l’on n’est pas juché haut sur son piédestal. Dans la normalité, la quantité donne une chance à la qualité de naître.

Un blogueur n’écrit plus seul, une multitude de miroirs le reflètent, réfléchissent ses écrits. Je pense aux journalistes, le blogue est une bouche pyramidale. Toutefois, celui qui m’intéresse particulièrement est l’écrivain. L’auteur est de moins en moins un être solitaire derrière sa table, cloîtré entre les murs épais de sa pièce de travail. L’auteur est sur facebook, et tient assez souvent un blogue avant même de sortir son premier roman. J’ai eu la folie de calculer sur facebook combien j’ai de relations (dites « ami ») qui écrivent et sont édités : 124. C’est une proximité propice à l’échange.

Je commente des voisins, des amis, des relations, des étrangers qui, parfois, ne le sont plus après. Et, chose précieuse, par les blogues, les auteurs ont accès à l’opinion de leurs lecteurs.

Un ami tient un blogue – c’est d’ailleurs moi qui l’ai incité à le faire – il y engloutit ses loisirs en se demandant s’il n’est pas tombé sur la tête. Dernièrement, il a rédigé une longue, très longue critique sur l’album d’un auteur et dessinateur réputé, Delaf. Ce dernier est allé discuter avec mon ami sur son blogue La Lucarne à Luneau. À la fin de leur échange, l’auteur lui a dit que sa critique précédente les avaient fait réfléchir, la coauteure, Maryse Dubuc et lui. Le blogueur, PG Luneau a eu comme premier réflexe de ne pas le croire, de penser que l’auteur le disait par flagornerie. Delaf est revenu à la charge et l’a assuré que c’était tout ce qu’il y avait de plus sincère.

Voilà pourquoi, on tient à tenir un blogue. Et, en plus, on est 7 millions, faut se parler.

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 16

  • 1 février 2012 · 00h39 Josée Legault - Voix publique

    Au plaisir de vous lire…

  • 1 février 2012 · 09h03 Suzanne

    Et oui dame Venise, et vous lire au Passe-mot et ici est un plaisir.

  • 1 février 2012 · 11h33 Stéphanie Alcaraz Robinson

    J’adore votre définition de ce qu’est un blogueur! Très bien décrit, bravo. Toujours un plaisir de vous lire, pour reprendre les mots de certains…

  • 1 février 2012 · 11h40 Venise Landry

    C’est un honneur pour moi que vous me lisiez, ceci dit, sans flagornerie ! :-)

  • 1 février 2012 · 11h44 Venise Landry

    Merci de ta fidélité Suzanne, chère comparse qui passe le mot de notre littérature. Je ne le dis pas « Entre les lignes » (ton blogue pour ceux qui l’apprennent) mais directement sur la ligne.

  • 1 février 2012 · 11h46 Venise Landry

    Stéphanie, et moi de même, j’aime vous lire. On fait plus que se voisiner, on échange !

  • 1 février 2012 · 18h25 Suzanne Beaudoin

    Les mots blogue et Venise sont inséparables pour moi.

  • 1 février 2012 · 18h40 Venise Landry

    Et, en plus, Suzanne, tu le démontres en partageant sur facebook ! Que puis-je demander de plus ! Je suis choyée.

  • 1 février 2012 · 20h24 Maxime

    Oh la la. Faut y tenir oui. Faut y tenir aussi pour ne pas le fermer même quand on n’a plus de temps! (soupir) Et toi tu en tiens deux! Chapeau!

  • 1 février 2012 · 23h39 PG Luneau

    Wow! C’est vraiment trop d’honneur! Non seulement tu partages ma petite histoire, mais tu le fais dans un texte vraiment intéressant et merveilleusement bien senti… Merci et bravo, chère amie!!

  • 2 février 2012 · 00h03 Venise Landry

    Maxime : Cela doit être parce que je n’étudie pas à temps complet !

  • 2 février 2012 · 00h04 Venise Landry

    Mais non, cher collègue de blogue, cher fou passionné, ce n’est pas trop d’honneur. Non, vraiment pas trop d’honneur.

  • 2 février 2012 · 13h02 ClaudeL

    Dans l’ordre, sur Internet, j’ai connu les forums, puis les blogues et finalement les réseaux sociaux (Facebook devrais-je préciser parce que je résiste à Twitter). Comme le monde des lecteurs et/ou auteurs québécois est relativement petit comme tu le soulignes, j’aurais cru lire les mêmes personnes, les mêmes textes, les mêmes commentaires dans ces diverses plateformes. Oh! surprise, non. Certains ne sont que sur ton blogue, d’autres commencent à venir ici qui ne sont pas ailleurs et sur Facebook, d’autres nouveaux encore qui se montrent rarement le bout du nez ici ou au Passe-Mot.
    Ce qui me porte à croire qu’il faut multiplier notre présence pour rejoindre le plus de gens. Je trouve dommage que les petites phrases de Facebook prennent tant de place et fassent naître tant de commentaires au détriment des billets plus travaillés, du graphisme plus illustré d’un blogue.
    Tout ça pour dire que je vais continuer à te suivre… où que tu ailles. Longue vie à tes mots généreux au sujet des romans québécois.

  • 2 février 2012 · 13h11 Venise Landry

    Merci, merci ClaudeL ! Oui, c’est vrai ce que tu dis, facebook fractionne les commentaires et il m’arrive d’avoir le goût de les déplacer pour les ajouter au fil du Passe-Mot. Ce sont des envies de petites filles qui déplacent des morceaux de puzzle.

  • 3 février 2012 · 08h22 Danielle

    D’où la puissance des liens qu’il ne faut pas négliger de semer allègrement sur son chemin… Et grand merci Venise d’être si généreusement présente dans nos vies! :)

  • 5 février 2012 · 06h24 helenablue

    Je pense tout comme toi, Venise, et chaque jour qui passe me renfonce dans cette idée de l’utilité d’un blog, pour communiquer, rencontrer, interagir, stimuler et écrire!
    Toujours un grand plaisir de te lire…

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  • Venise Landry
    J'aurais voulu être une artiste ? Euh ... non, journaliste ! Travaille fort pour que l'on consomme à outrance littérature et cinéma de chez nous. Comme une consommatrice avertie en vaut deux, je suis deux et passe le mot de la littérature québécoise depuis 2005 : www.passemot.blogspot.com

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