Trois valeurs qu’on ne voit plus tellement on est habitué de s’y conformer

6 décembre 2011 17h18 · Véronique Voyer

C’était la renaissance du théâtre des femmes hier. Ça s’appelle Le Sauvage théâtre des femmes et des hommes qui sont assez sauvages pour faire une femme d’eux-mêmes.

Pol Pelletier est rentrée avec un grand manteau de fourrure noir bordé d’un collet blanc, c’était beau, c’était doux de loin. Elle avançait à la lueur d’une lanterne tenue bien haut pour voir devant, ça rappelait des souvenirs d’antan. Même qu’elle s’est assise sur une bûche de pin pour nous raconter l’époque où les théâtres habitaient la vieille ville, où les mouettes et les clochards savouraient les grands espaces, sans Imax, sans trappes à touristes, sans divertissement en plastique.

Une époque où les artistes habitaient dans les théâtres (« imaginez-vous! Des crottés qui habitaient six étages rue St-Paul! »), un quartier où les gars de BROUE ont créé leur pièce. Enchaînant l’ouverture d’esprit de Jean-Pierre Ronfard à l’éloquence de la revue Québécoise Deboutte, elle nous a partagé son vécu avant de conclure sur trois choses. Trois bases de notre société capitaliste, patriarcale :

- La Force

- La Raison

- La Performance

À chaque mention d’une de ces valeurs, Pol lève la main droite bien haut. Lorsqu’elle mentionne à quoi devraient servir ses trois valeurs, sa main gauche s’élève haut dessus de sa tête et la droite redescend, puis passe du côté gauche. Via ses mouvements de main, l’image s’éclaircit : les trois valeurs problématiques devraient être un moyen et non une fin. Sa main droite devrait soutenir les idées de la main gauche. Et la main gauche, elle pense quoi?

-L’amour des fragiles

-L’irrationnelle

(Bon, problème technique pour la #3, mon crayon a choisi de mourir à cet instant pendant la conférence et la gravure que j’ai tenté de laisser dans mon carnet est illisible. Je lui demande ce soir)

-La souffrance

Le lien entre les indignés et l’art?

Dostoïevsky le dit : L’art sauvera le monde

Encore faut-il ouvrir les yeux, être sensible à ce que les artistes proposent.

Pour revenir dans le Vieux-Montréal, Huguette Gaulin s’est immolée sur la place Jacques Cartier. La poète de 28 ans a hurlé « détruit la beauté du monde! » juste avant de mourir. Une phrase qui a inspiré bien des chansons, une prise de position qu’on oublie comme Jovette Marchessault, toujours vivante.

6 décembre, on se souvient de la polytechnique.

Et les femmes, au quotidien, est-ce qu’on s’en souvient?

 

Partagez cette page

Classé dans :  Dehors décembre, Divers

L'opinion émise dans ce billet n'engage que son auteur et ne représente pas nécessairement celle du journal Voir.

+ Ajouter le vôtre Commentaires 1

  • 6 décembre 2011 · 23h26 Marilyne

    L’amour/le soin des fragiles et des faibles sertait le complément, l’opposé féminin, de la performance.

    Par ma mémoire, j’essaie de raviver la marque laissée dans votre cahier par le crayon ayant rendu l’âme.

    est-ce bien cela?

Ajouter un commentaire

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

À propos RSS

  • Véronique Voyer
    Blogue de voyage où les portraits d'habitants et les péripéties cocasses l'emportent sur la liste des bonnes adresses à visiter! PS C'est écrit en joual de Twentysomething.

S’abonner au blogue

@verovoyer

+ @verovoyer →

Archives