Pourquoi parler quand la nuit chante?

5 juillet 2010 15h00 · Valérie Mathis

(tiré de la chanson Apprendre à danser du groupe montréalais Chinatown)

 

À Petite-Vallée, au Théâtre de la Vieille Forge, tout le monde se connaît. Paroliers, compositeurs, familles, résidents, organisateurs du festival et journalistes se réunissent autour du feu pour chanter, danser, admirer le lever du Soleil aux petites heures du matin. Le train-train quotidien est à plusieurs heures de route, parfois même d’avion. C’est dans cette rencontre pittoresque que le groupe montréalais Chinatown a emporté ses chansons Jeudi dernier, et cela en laissant derrière la frénésie de la ville.

 

Dans une salle à demi-pleine et peuplée de cheveux gris, la musique de Chinatown a pris une tournure différente. Elle semblait avoir été produite au cours d’un long voyage sur la route, où la notion du temps s’arrête et les émotions défilent à l’improviste les unes après les autres. J’ai été touchée par ce choix minutieux des paroles et cette grande sensibilité qui, dans le contexte du Festival, avait sa raison d’être. C’est donc sans artifice que les membres de Chinatown ont chanté la jeunesse, les amours et Montréal.

 

La soirée s’est terminée sur la grève, autour d’un feu improvisé. Juan Sebastian Larobina y gratouillait quelques chansons d’amours en espagnol, autour de visages fatigués et amusés. « À Petite-Vallée, la chanson est une raison de vivre. C’est incroyable à quel point les gens mettent leur cœur dans ce festival », me déclarait mon voisin d’à côté, un habitué du Festival. L’importance de la chanson dans la communauté de Petite-Vallée et de ses alentours est incontestable.

 

photo Élyse Gamache-Bélisle

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