Vie

Evan Price : Trafic d'influences

Ils sont d’incontournables acteurs du milieu culturel, des affaires, de la restauration ou de la mode. Ils nous parlent de ce qu’ils font, de ce qu’ils sont, mais aussi de ce qu’ils consomment en nous livrant la cartographie de leurs habitudes sous forme de carnet d’adresses.

ATTACHÉ SERRÉ

Evan Price a récemment sablé le champagne, mais l’arrivée de la nouvelle année n’y était pour rien. En novembre dernier, il célébrait le 15e anniversaire de l’Auberge Saint-Antoine, qu’il possède avec son frère Llewellyn, sa soeur Lucy et leur mère Martha. Quinze ans de décisions stratégiques et d’idées audacieuses qui auront fait de cet hôtel du Vieux-Port l’un des plus renommés dans le monde et "le meilleur au Canada", selon le Condé Nast Traveler. Sans compter qu’il se démarque par sa richesse historique, magnifiquement exposée dans l’ouvrage Un passé plus-que-parfait lancé pour l’occasion.

Si on a beaucoup entendu parler de son statut d’hôtel-musée, attribuable à l’intégration d’artéfacts à sa décoration – l’îlot Hunt, où se situe l’établissement, est un site archéologique fertile -, ce n’est pas sur cette particularité qu’Evan Price assoit la réputation de l’Auberge. "Ce qui fait que les gens reviennent et en parlent, c’est le personnel, le service chaleureux, professionnel, pas guindé ni prétentieux", affirme-t-il.

Aucun doute, Evan Price a la bosse de l’hôtellerie. Pourtant, rien ne le prédestinait à exceller dans ce domaine: il détient une formation d’ingénieur forestier – famille oblige – et travaille pour une compagnie de technologie à Québec. Pourquoi cet à-côté? "On est tous venus à l’hôtellerie par des chemins un peu bizarres. Mais comme notre père possédait le Musée du Fort, ça nous a donné une certaine connaissance du milieu touristique à Québec. On voulait avoir un projet en famille, dans la ville, dans le secteur hôtelier."

La ville. Elle aura souvent surgi au cours de l’entretien. M. Price y est visiblement très attaché. L’hiver, les gens, l’histoire le séduisent. Là où le bât blesse, selon lui, c’est du côté des sorties. "Il manque de variété. Québec est toujours un peu prise par son homogénéité. Les clients de l’extérieur nous demandent des trucs qu’on trouve habituellement dans les grandes villes, un bar jazz, par exemple. C’est pas toujours évident. Mais il y a des exceptions. Je suis allé au Cercle récemment, et je me disais "Wow, c’est extraordinaire ce qu’ils font là avec leurs après-brunchs jazz." Ça fait du bien qu’on sorte un peu des créneaux exploités, qu’on arrête de copier ce qui se fait."

Ce léger défaut n’empêche cependant pas Evan Price de quitter son salon. Pour faire quoi? Du sport, d’abord: tennis, ski de fond, canot à glace. Puis, aller au cinéma – bien qu’il "pleure le manque de films en version originale" -, aux concerts des Violons du Roy, aux matchs de football du Rouge et Or et, surtout, au restaurant. "Comme j’ai habité et travaillé à l’étranger, notamment en Amérique du Sud et en Afrique, j’aime amener mes enfants de 11 et 13 ans dans des restos exotiques. Ça me permet de les faire voyager et d’ouvrir leurs horizons."

Auberge Saint-Antoine
8, rue Saint-Antoine, 418 692-2211
www.saint-antoine.com

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Carnet d’adresses

Vos favoris…

Restos: l’Échaudé, Toast!, Chez soi la Chine (de la "vraie" cuisine chinoise), le Thé au Sahara, le Rameau d’olivier, le Garam Massala, le Métropolitain, le Yuzu. Et la "Biquette" du Pizza Mag est ma pizza préférée.

Café: le Krieghoff.

Bar: celui de l’Auberge Saint-Antoine, avec Benoit, le meilleur barman en ville.

Endroits pour faire du sport: au Tennis Montcalm et au milieu du fleuve.

Sorties en famille: pique-niquer sur la pointe est de l’île d’Orléans, regarder des matchs de rugby ou de football sur les Plaines.

Lieu historique: l’anse au Foulon.

Où achetez-vous…

Vos livres? Chez Pantoute, à la Bouquinerie de Cartier (j’aime comment ils disposent les livres) et à la librairie sur Saint-Paul qui tient beaucoup d’ouvrages sur les bateaux.

Votre pain? Chez Paillard.

Vos produits d’épicerie? À l’Épicerie européenne, aux Halles du Petit-Cartier, au Provisions inc., chez Rosette.

Vos pâtisseries? Paillard aussi. Pour le chocolat, que j’aime beaucoup: chez Érico et Eddy Laurent.

Vos vêtements? Ah! là où ma blonde m’amène car je n’aime pas magasiner… (rires) Pour les vêtements de sport, la Vie sportive et Mountain Equipment Co-op. Pour le reste, Holt Renfrew, Simons, Louis Laflamme, Oz.

En vrac

Un endroit où vous vous sentez chez vous: dans les rues du Vieux-Québec.

Un endroit où vous vous sentez dépaysé: sur la Grande Allée aujourd’hui.

Un endroit qui a fermé et dont vous vous ennuyez: le Cinéma Cartier sous son ancienne forme.

Un commerçant que vous trouvez franchement sympathique: la famille de l’épicerie Spence à l’île d’Orléans.