La musicothérapie est apparue en Europe et en Amérique du Nord au sortir de la Deuxième Guerre mondiale lorsque les […]

La musicothérapie est apparue en Europe et en Amérique du Nord au sortir de la Deuxième Guerre mondiale lorsque les premiers essais prouvant l’impact de la musique sur la santé ont été réalisés sur des vétérans de guerre. En se servant de ce pouvoir à bon escient, des professionnels parviennent à prodiguer des soins ciblés à des personnes souffrant de troubles divers. Il n’en demeure pas moins difficile de donner une définition précise et exhaustive de la musicothérapie tant cette technique d’intervention varie en fonction du patient.

L’Association québécoise de musicothérapie (AQM) la définit comme étant un mode d’intervention qui utilise les composantes de la musique (rythme, mélodie, harmonie, etc.) afin d’améliorer ou de maintenir le bien-être psychique et physique de l’individu. Ainsi, le musicothérapeute est un professionnel qui utilise la musique comme outil d’expression et de communication avec ses patients. Nous avons fait appel à l’expertise de musicothérapeutes accréditées afin de mieux comprendre les fondements de cette profession encore méconnue.

Une thérapie personnalisée

"Le musicothérapeute adapte son intervention aux goûts, à la personnalité, à l’âge, à l’environnement ainsi qu’aux besoins de son patient. Son rôle et son mode d’intervention sont donc très variables d’un cas à l’autre", nous explique Sarah Milis, musicothérapeute accréditée et membre de l’AQM qui exerce aussi bien dans un cadre scolaire qu’en milieu hospitalier. Dans le premier cas, Sarah se sert de la musique pour solliciter la motricité d’un groupe d’enfants autistes en leur faisant exécuter des chansons en mouvements. Puis, elle a recours à l’improvisation instrumentale ou vocale afin de stimuler leur attention, leur capacité de concentration et leur expression émotionnelle.

Or, lorsqu’elle intervient à l’hôpital dans le département des soins palliatifs, le rôle de Sarah change du tout au tout: "Ici, mon objectif est d’aider à soulager la douleur et diminuer l’anxiété du patient, de lui changer les idées ou simplement de créer un moment privilégié de partage autour de chansons qu’il aime." La musique peut également se révéler un vecteur de communication: "J’ai l’exemple d’une dame avec laquelle nous avons travaillé sur des compositions de chansons. Cet exercice lui a permis de dire à ses enfants ce qu’elle ne parvenait pas à mettre en mots."

Mais attention, n’est pas musicothérapeute qui veut. Avant de faire appel aux services de l’un d’eux, il est primordial de s’assurer auprès de l’AQM qu’il est un professionnel accrédité par l’Association de musicothérapie du Canada (AMC) et qu’il exerce son métier dans le respect du code d’éthique émis par l’association.

Devenir musicothérapeute

Au Québec, la musicothérapie est née autour des années 60, et même si ses bienfaits sont de plus en plus considérés, les musicothérapeutes se battent pour être officiellement reconnus par l’Office des professions du Québec.

De plus, l’UQAM proposait un baccalauréat en musicothérapie, mais le programme est désormais suspendu. Depuis 2009 cependant, les choses s’améliorent puisque l’Université Concordia offre aux étudiants anglophones et francophones la possibilité de faire un certificat et une maîtrise dans ce domaine. Le prérequis idéal est d’être titulaire d’une mineure en psychologie et d’une majeure (ou d’un baccalauréat) en musique.

Nul besoin d’être un musicien virtuose, mais Guylaine Vaillancourt, professeure adjointe en musicothérapie à Concordia, précise: "Il faut être en mesure de maîtriser le piano, la guitare et la voix." Par ailleurs, une qualification psychologique est un atout puisque certains patients, des enfants aux aînés, souffrent de problèmes de santé mentale, de déficiences intellectuelles ou de problèmes cognitifs, des troubles qui exigent une connaissance ciblée et une capacité d’écoute particulière.

Considérée comme l’une des branches de la thérapie par les arts, la musicothérapie est un secteur porteur. Le salaire horaire d’un professionnel atteint 115$ et selon Guylaine Vaillancourt, "la profession est de plus en plus en demande". Concordia sera d’ailleurs l’hôte du prochain congrès canadien des musicothérapeutes, qui se déroulera du 3 au 5 mai 2012.

Ressources /
Association québécoise de musicothérapie
: 514 264-6335, www.musicotherapieaqm.org

Association de musicothérapie du Canada: 1 800 996-2268, www.musictherapy.ca

Formation /
Department of Creative Arts Therapies, Université Concordia
:

514 848-2424, www.creativeartstherapies.concordia.ca

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