Au Alep, le partage se pratique à longueur d’année. Pas juste aux Fêtes. Et il se décline en petits plats parfumés au fléflé, sumac et cumin, à la mélasse de grenadine et à l’eau de rose.

En août dernier, le vénérable Alep a fait peau neuve. Exit les fausses pierres de cathédrale! Place à un intérieur sobre et élégant, résultat de détails qui comptent: murs de crépi crème, tables à double jupon blanc, fauteuils en velours satiné vert olive. On retiendra surtout les grandes photos noir et blanc, dramatiques et fascinantes, de paysages et monuments d’Alep. À défaut d’aller en Syrie, on s’offrira un voyage gustatif au feutré restaurant Alep.

Le changement s’est appliqué à la déco uniquement. Au menu, on retrouve toujours un alléchant choix de salades, mezze, brochettes, plats de poisson et de viande, dont la qualité des ingrédients et le soin apporté aux assaisonnements sont restés intacts. Pourquoi changer une formule qui a fait ses preuves et qui, de surcroît, compte de nombreux adeptes depuis plus de 35 ans?

Au menu

Une bonne façon d’accomplir un voyage découverte au coeur des spécialités arméno-syriennes, c’est de laisser la chef-propriétaire Jacqueline Frangié tracer un itinéraire-surprise. Tentés par des plats de viande, de poisson ou les deux à la fois? Attirés par les saveurs douces, acidulées, épicées ou par un savant équilibre entre les trois? Peu importe la direction proposée, le chemin emprunté sera dépaysant.

Notre excursion de trois services a débuté par un morceau de loup de mer fondant en bouche, à partager à deux. Tout à fait délicieux, le poisson, cuit avec un confit de fenouil et poivron rouge, était aromatisé aux graines d’angélique, aux saveurs anisées.

Notre deuxième halte a été ponctuée par un mezze, cet assortiment de capiteuses petites entrées moyen-orientales qui nous font découvrir des arômes peu familiers, à partager sans modération. Comme ces crevettes terbialy, enrobées d’une sauce tomate parfumée au fléflé (un piment qui s’apparente à son cousin d’Espelette) et au sumac (une épice pourpre libanaise au goût acidulé). Ou encore ces délicieuses petites saucisses arméniennes, faites d’un mélange de boeuf haché, ail et cumin, que l’on prendra soin de tremper dans un onctueux duo d’hummus et de mouhamara, purée de chapelure grillée, noix de pin et de Grenoble, et mélasse de grenadine.

Le voyage a atteint son point culminant avec le plat d’agneau braisé durant six heures, et les brochettes de filet mignon terbialy (même sauce que les crevettes) servies avec une salade arménienne constituée de petits cubes de concombre, poivron vert et rouge, oignon et persil parfumés au sumac, qui apporte une fraîcheur acidulée en bouche.

Douceurs

Il y a évidemment les baklavas. Mais pour une finale plus déroutante, on se tournera vers les desserts mamounié et hétalié. Le premier est une galette de semoule de blé sucrée (normalement servie au déjeuner), coiffée de fromage ricotta et saupoudrée de cannelle et de pistaches hachées. Le deuxième est un pouding au lait gélifié et aromatisé de sirop de rose. Les palais non habitués à ce genre de desserts pourront les trouver un peu trop parfumés.

Emballant /
La qualité des ingrédients, l’équilibre des saveurs, des textures et des couleurs.

La présence amicale et experte du sommelier, qui nous aide à naviguer dans une généreuse carte des vins, dont la majorité sont des importations privées et dont plusieurs proviennent de l’agriculture bio.

Décevant /
Le service lent. Après une heure et quart d’attente, nous entamions le premier plat. Heureusement que les serveurs, agréables et passionnés, nous aident à combler l’attente. Disons qu’il ne faut pas être pressé.

Combien? /
Le soir, il faut compter environ 80$ pour deux avant taxes, vin et service. Ce qui constitue un excellent rapport qualité-prix.

Quand? /
Du mardi au samedi, le soir seulement. Le midi, il faut passer à côté, au Petit Alep, frérot de l’autre.

Où? /
Alep
199, rue Jean-Talon Est, Montréal
514 270-6396

La route des épices Critique par - 2011-12-15
Cote: 4

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 3

  • 17 décembre 2011 · 20h22 Ccile

    Très surprise par cet éloge car le restaurant nous a beaucoup déçu il a quelques semaines. Plats gras, lourds et beaucoup trop salés. Une amie qui nous accompagnait a même été malade. Et le vin très moyen ne nous a pas consolé… Nous n’y retournerons pas, c’est certain.

  • 23 décembre 2011 · 11h16 Stéphanie Robinson

    C’est ne pas connaître la culture d’Alep que de dire que le service est lent… Certes, il ne faut pas être pressé pour aller à ce restaurant, mais il faut comprendre que ce n’est pas un fast-food. La « lenteur » du service vient du fait que nous ne sommes pas que là pour « manger » mais que c’est une expérience en soi.
    Je n’y suis pas aller depuis qu’ils ont fait peau neuve mais je m’en rappelle comme d’un endroit chaleureux, familial avec cette touche de magie charmante. De fait, c’est là que j’ai célébré presque tous mes anniversaires jusqu’à l’âge de 26 ans! Pas question d’aller ailleurs, même enfant! Tout y est délicieux: les mezze, les plats principaux, l’ambiance, les serveurs… Je conseille à tous de visiter cet endroit au moins une fois: ça vaut le détour, même de Chicoutimi! Bon, peut-être est-ce l’appétit qui parle?

  • 16 septembre 2012 · 12h22 Saint-Pierre

    Nous avons aussi été très déçus de notre soirée chez Alep. Le service était lent. Nous avons attendu beaucoup trop longtemps pour le premier plat qui n’était pourtant que l’assiette végétarienne dont toutes les composantes sont préparées à l’avance. Étonnament on nous a apporté le pita chaud dès notre arrivée, mais comme il n’y avait rien pour l’accompagner…. Longue attente encore avant la 2ième vague, puis avant les desserts.

    Comme c’est le cas de tous ces restos où le partage de petits plats est de mise, le succès de la soirée repose sur l’équilibre de ses choix. Quand on ne connaît pas la maison, on se fie largement aux conseils et à l’aiguillage du personnel. Malheureusement le menu est mal construit, difficile de s’y retrouver, et notre serveuse était avare de conseils. Nous avons donc choisi de partager l’assiette végétarienne en entrée – qui fut excellente – et de prendre des plats principux individuels. Nous avons fait de très mauvais choix par exemple, ces brochettes de boeuf dans la sauce tahini et ces autres dans la sauce au yoghourt. Ces deux plats sont des plats à partager, pas des plats individuels, impossible de manger plus de 3 de ces petites boulettes, noyées dans une sauce trop épaisse, trop de pita, et pourquoi nous a t’elle encouragé à commander du riz en accompagnement?

    Je suis convaincue que l’on peut très bien manger chez Alep ( on mange déjà très bien au petit), et on a vu de beaux plats appétissants chez nos voisins de table, mais menu à corriger et service à revoir.

    Notes positives:: belle carte des vins, excellent sommelier, garçons de table dynamiques et charmants.

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