On est d’abord accueilli par une montagne de courges, des cageots de tomates et un plat de terre cuite rempli […]

On est d’abord accueilli par une montagne de courges, des cageots de tomates et un plat de terre cuite rempli de gousses d’ail fraîches. À croire que le marché Atwater, situé non loin, déborde jusqu’ici! Puis, on découvre David, un monument en tablier, bermuda et baskets, qui veille sur la salle comme une mère poule sur ses poussins. D’entrée de jeu, il déclare mi-figue, mi-raisin qu’il n’est pas doué pour les relations-clients; que, malgré le tablier qu’il porte, c’est son pote Fred qui est aux fourneaux. Le ton est donné. Au Liverpool, on joue la carte du naturel et du convivial. On est entre amis.

L’ESPRIT DES LIEUX

Nouveau restaurant ouvert depuis à peine un mois par les propriétaires du Joe Beef (David McMillan et Frédéric Morin), situé à la porte voisine, le Liverpool House est devenu la nec plus ultra des beautiful people en moyens qui se refilent l’adresse sous le manteau. Pour la petite histoire, Charles McKiernan, surnommé Joe Beef, accueillait marins et débardeurs dans sa taverne du Vieux-Montréal. On parle de la fin du 19e siècle. Son compétiteur de l’époque, Le Liverpool House, attirait pour sa part les capitaines.

Sur la devanture de l’actuel Liverpool, aucune enseigne, hormis un "L" isolé, qu’on ne remarque pas nécessairement au premier coup d’oeil. On se laisse guider par la lueur des lampions, l’éclat des voix et des rires, avec le sentiment qu’il se passe quelque chose d’unique à l’intérieur.

Premier constat: malgré le nom anglais de l’établissement, le menu est d’inspiration italienne. Mets et vins. Une cuisine simple et rustique, qui manque parfois de précision. Mais cela ne nous empêche pas de savourer l’ambiance et le décor qui, eux, sortent vraiment de l’ordinaire. Sur les murs, d’impressionnantes oeuvres d’art, dont une gigantesque peinture de Peter Hoffer, confèrent aux lieux une âme. Sur les tables de bois massif sont déposés des linges à vaisselle qui font office de serviettes. À certains égards, on se croirait en Nouvelle-Angleterre, une impression renforcée par les conversations majoritairement anglophones.

À TABLE!

On nous sert en amuse-bouche une pointe de pizza toute simple, pâte moelleuse et petite sauce tomate, le temps de commander. Une corbeille de pain frais au romarin arrive entre-temps. On apprend que ce pain signature est fait sur mesure par Première Moisson, pour le Liverpool.

Nous débutons par une entrée de caille grillée. Celle-ci arrive en quatre morceaux enfilés sur une brochette de bois. Elle est déposée sur une salade froide de choux de Bruxelles en lamelles et de pommes coupées en julienne avec, au centre, une cuillerée de mostarda (condiment italien à base de fruits). Ce n’est pas l’enchantement attendu: la caille est coriace, et le chou cru ne nous met pas particulièrement en appétit. Nous essayons une autre entrée, le vitello tonato (veau au thon), plat qu’habituellement nous dévorons, tellement nous aimons. Celui du Liverpool a une pointe trop forte d’anchois.

Nous passons vite au plat suivant, des fettucini maison, jambon frais et truffe noire. Le tout est enrobé d’une sauce crème légère et délicieuse. De fines lamelles de truffe donnent au plat tout le panache désiré. Par contre, les pâtes sont tellement collantes qu’elles s’agglutinent en pain. L’autre plat choisi: un foie de veau coiffé d’oignons caramélisés. La pièce de viande est tendre et goûteuse, rien à redire de ce côté-là. Par contre, la polenta qui l’accompagne est d’une décevante fadeur. Il n’y a aucun légume dans l’assiette, car il faut les commander à part (6 $), et le choix se limite à des patates (une sorte de rösti) et des haricots plats.

DESSERTS

Le "bread pouding", fait à partir de panettone et coiffé de ricotta glacée est un délice. Les beignets chauds au chocolat, par contre, manquent de goût. Par chance, une boule de crème glacée au chocolat sauve la mise.

EMBALLANT /

- L’ambiance et la forte personnalité du lieu. Vraiment génial!

- Le service, d’une gentillesse et d’une chaleur non feintes, qui laisse croire que tous les clients sont des amis.

- Le décor chaleureux, mi-rustique, mi-chic, qui rappelle un peu la Nouvelle-Angleterre, et les magnifiques oeuvres d’art qui sont l’âme des lieux.

DÉCEVANT /

- Le choix de vin au verre, qui se résume à trois possibilités, et pas des meilleurs.

- Le peu de légumes d’accompagnement dans les assiettes.

- Les prix pratiqués, très élevés pour une cuisine aussi inégale. Mais le restaurant vient d’ouvrir; on laisse la chance au coureur.

COMBIEN? /

On s’en tire à environ 100 $ à deux, pour une entrée, un plat et un dessert (avant vin, taxes et pourboire).

QUAND? /

Du mardi au samedi, à partir de 19h.

OU? /

Liverpool House

2501, rue Notre-Dame Ouest. Réservations: 514 313-6049

Chez Fred et David Critique par Voir - . Cote: 3

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