À Montréal, (trop) peu de restos latino-américains tentent l’innovation. Heureusement, David Ferguson et la jolie équipe du Jolifou sont là […]

À Montréal, (trop) peu de restos latino-américains tentent l’innovation. Heureusement, David Ferguson et la jolie équipe du Jolifou sont là pour donner un petit coup de jeune à cette cuisine populaire! Ce Ferguson, originaire de l’Ontario et ancien élève de Toqué!, a aussi vécu au Texas. À l’ouverture de son restaurant, l’Ontarien s’est lancé dans une fine cuisine aux arômes latinos mâtinée de techniques françaises. Aujourd’hui, il décide de retourner aux sources avec un menu typiquement roadhouse, inspiré des relais routiers américains. Fini les nappes, place aux tables de bois très bistro. Ici, on cavale sur la frontière américano-mexicaine, dans une ambiance des plus conviviales. Prenez le temps de partager et on the road again!

Au menu

Tout commence avec une panoplie de sauces bien épicées. Car David Ferguson adore les piments. Il les décline avec précision dans ce menu qui n’a qu’un but: vous faire découvrir les subtilités de cette solanacée incroyable. La grande famille des chiles recouvre des centaines de variétés, souvent beaucoup plus savoureuses que relevées.

Le repas débute d’ailleurs ainsi: avec le pain (chaud, dense, délicieux), on vous propose de déguster quelques sauces créations maison: chipotle en ketchup, morita vinaigrée, habañero au tamarin et goyave, et même la "Stupide hotte", une sauce qui exalte la puissance de ce légume exotique. Gardez-les, elles serviront à rehausser les plats qui vont suivre.

Avec l’apéro, tentez la croquette de morue, tendre et maritime, accompagnée de sa mayonnaise pimentée. Ou la croquette d’agneau et son ketchup vert beaucoup plus doux. C’est suave.

On en dirait autant de ce fabuleux ceviche de pétoncles où s’exprime lime, orange, coriandre et noix de coco grillée. Confortablement installé sur un lit de roquette, il est d’une douceur vraiment agréable. De l’autre côté de la table, un pico de gallo et son guacamole très parfumé. Pico de quoi? Littéralement, un "bec de coq", mais rien à voir avec la bête. Il s’agit plutôt d’une salsa de tomates et oignons aux notes fumées, probablement le chipotle. Servie avec quelques croustilles de tortilla encore chaudes, imaginez.

L’assiette de brisket, cette fabuleuse pièce de boeuf qui ne demande qu’à être braisée, est relevée de poblano. Et de très bonnes frites. Tendre et parfumée, elle est parfaite pour le carnivore en vous. L’espadon grillé n’est pas mal non plus, surtout accompagné de "grits" au fromage, cette espèce de polenta (de maïs) en forme de gnocchis en sauce, typique du sud des États-Unis. La salade mesclun qui l’accompagne, par contre, est des plus banales.

Desserts

Après ce festin, on peut juste vous encourager à garder une place pour cette soupe au chocolat où se cache un gâteau style pouding chômeur, surmonté d’un beau morceau de tire-éponge maison. C’est véritablement à se rouler par terre. Dans la neige.

Emballant /
Une cuisine nuevo latino des plus accessibles. Beaucoup (trop?) de propositions à la carte, il a été franchement difficile de choisir. Taco à la joue de veau ou au foie gras? Tartare au cumin? Cassoulet à l’américaine? Trop dur. Le service est informé et adorable. La carte des vins (quelques importations privées), bien intéressante.

Décevant /
Les habitués regretteront peut-être la fine cuisine de l’ancien Jolifou. C’est plus brut, plus rustique, juste moins classe, quoi.

Combien? /
Comptez donc une trentaine de dollars par personne pour découvrir ce joyeux festin.

Quand? /
Du mardi au jeudi de 17 h à 22 h. Vendredi et samedi jusqu’à 23 h. Dimanche: fermeture à 21 h.

Où? /
Le Jolifou
1840, rue Beaubien Est, Montréal
514 722-2175, www.jolifou.com

Virage vers le roadhouse Critique par Voir - . Cote: 4

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