La cuisine italienne, ce n’est pas seulement des pâtes à la sauce Gigi. Parlez-en à Nora Gray!

Nous voici à Griffintown. Rue Saint-Jacques, à quelques pas du Centre Bell. Un coin pas du tout invitant pour les gourmets, sauf pour deux commerces voisins: l’épicerie fine Alexis le gourmand et le restaurant Nora Gray. Dehors, la rue est déserte. Quelques automobilistes tournent en rond, cherchant désespérément une place en cette soirée de hockey. Poussés par le vent plus que frais, nous pénétrons à l’intérieur du restaurant, dans le brouhaha d’une soirée déjà bien amorcée. La lumière, tamisée, laisse entrevoir une foule éclectique et bavarde. Les beaux panneaux de bois, style années 1960, réfléchissent le chahut des conversations. Au bar, ça roule. Tchin! Un cocktail et pop! une bouteille de vin. Voici le menu, prêts à commander? Pas si vite, à quoi ressemble-t-il? Nora Gray présente une carte à l’italienne, orientée vers le sud – mais pas tout le temps -, concoctée avec amour par une certaine Emma Cardarelli. Cette ancienne chef au Liverpool House laisse ici s’exprimer sa vraie nature, celle de sa passion pour des recettes rustiques et généreuses, colorées et authentiques. Voyez plutôt.

Au menu

Tout en sirotant un petit verre de prosecco, nous commençons en dégustant quelques arancinis. En Sicile, ce mot veut littéralement dire «petite orange», car leur forme et leur couleur rappellent celles du joli fruit. Traditionnellement, les arancinis sont confectionnés avec le reste de risotto de la veille. Ce soir, c’est un savoureux risotto aux cèpes qui a été roulé, pané puis frit, servi avec une sauce crémeuse légèrement pimentée. Délicieux.

Dans le sud de l’Italie, le lapin est roi. La cheffe nous a donc préparé un pâté de foie tout doux, à la texture crémeuse, qui s’étale aisément sur un morceau de pain rustique. Il se marie très bien avec une confiture de prunes sucrée et acidulée.

Évidemment, nous sommes venus ici pour manger des pâtes. Vous retrouverez les bons vieux raviolis, mais c’est aussi l’occasion de découvrir les chitarras (des sortes de spaghettis coupés avec un instrument à cordes rappelant celles d’une guitare, chitarra en italien) aux anchois, une recette typiquement sicilienne. Ou encore les cavatellis, de jolies petites pâtes carrées roulées en forme de rondins, du bout des doigts. Elles baignent dans un ravissant braisé de sanglier décoré d’oignons verts. La demi-portion est parfaite pour les petits appétits.

Mais les grands gourmands devront plutôt se tourner vers le pantagruélique cochon de lait aux châtaignes. Un gros morceau d’épaule rôti, avec la patte (!), farci de chair de veau, façon porchetta, flanqué d’une purée de céleri-rave et du jus de viande. Humez-moi ce parfum de sauge… vous la voyez, la belle campagne italienne?

Douceurs

S’il vous reste encore de l’appétit – et il devra vous en rester -, précipitez-vous sur ces deux cannolis farcis de ricotta de chèvre crémeuse et agrémentés de sauce chocolat. Festif. Ou encore, car c’est un classique, sur le semifreddo au chocolat au lait qui, comme son nom l’indique, n’est pas servi glacé, mais très frais. Soyeux.

Emballant /
Bons produits, bonnes cuissons, bons arômes: ce n’est pas si compliqué de faire de la bonne cuisine! La carte des vins est garnie de bons crus à découvrir, hors des sentiers battus.

Décevant /
Le service, pas très à l’aise en français. Le stationnement, les soirs d’événements au Centre Bell: bonne chance.

Combien? /
Préparez une quarantaine de dollars par personne, hors taxes, vin et service.

Quand? /
Du mardi au samedi de 17h30 à 22h30.

Où? /
Nora Gray
1391, rue Saint-Jacques, Montréal. Réservations hautement recommandées: 514 419-6672, noragray.com

La pasta de la Nora Critique par Voir - . Cote: 4

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