On dit souvent que l’observation d’animaux au Québec relève du tour de force. Rien n’est plus faux. La petite excursion guidée qui va suivre devrait suffire à vous en convaincre.

Les phoques du parc du Bic
Je me souviens du conseil qu’un vieux loup de mer adressait aux touristes désirant apercevoir des phoques dans le parc Forillon, en Gaspésie. «Tu te places sur la grève de n’importe quelle petite anse et tu claques des mains. Au bout de quelques minutes, tu verras apparaître les têtes des phoques. C’est curieux, ces bêtes-là». Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce truc complètement loufoque fonctionne une fois sur deux. Et quand les paumes des mains font mal à force d’applaudir à tout rompre, on peut chanter ou siffler.

Les spécialistes des mammifères marins vous le diront: les populations de phoques augmentent en flèche dans le Golfe du Saint-Laurent. Peu d’endroits offrent cependant de meilleures conditions d’observation que le parc du Bic, à une quinzaine de kilomètres de Rimouski. A l’Anse-aux-Pilotes, de juin à octobre, de petits groupes de phoques gris et de phoques communs se prélassent sur des rochers en plein centre de la baie. Et, bien que l’emploi d’un téléobjectif soit fortement conseillé, faire de bonnes photos n’aura jamais été aussi facile.

Parc du Bic: (418) 727-3511

Les fous de bassan de l’île Bonaventure
André Breton, poète et «pape» du surréalisme, revint de son séjour sur l’île Bonaventure, en 1944, avec une bien curieuse légende. L’île aurait été le repaire d’un ogre qui enlevait des jeunes filles dans les villages de la côte. Après avoir dévoré ses proies, la créature faisait sécher sur les falaises ses vêtements immenses, que les gens des environs prenaient pour des voiles de navires.

Cinquante ans plus tard, il n’y a plus trace d’ogre au large de Percé, mais l’île Bonaventure continue d’être «la bien nommée» dont Breton chantait les louanges. D’avril à octobre, une gigantesque colonie de 70 000 fous de bassan vient y nicher, en compagnie de 50 000 mouettes trydactiles, de 50 000 marmettes de Troïl, de quelques milliers de petits pingouins et de 500 couples de guillemots de Troïl. Les chanceux pourront peut-être même y apercevoir quelques macareux… si les renards roux de l’île ont eu la mansuétude d’en gracier quelques-uns.

Centre d’interprétation du parc de l’Ile-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé: (418) 782-2721

Les oiseaux des îles du Saint-Laurent
Si je vous dis «oiseau», «Côte-du-Sud» et «îles du Saint-Laurent», je vous parie que vous allez vous écrier: «oies blanches». Du coup, on oublie trop souvent que des centaines d’autres espèces d’oiseaux fréquentent la région. Par exemple, les îles du Saint-Laurent constituent l’un des lieux de prédilection pour la récolte des plumes d’Eder, un petit trésor dont on se sert pour confectionner les édredons.

La liste des endroits propices à l’observation des oiseaux dans les environs couvrirait des pages entières, aussi me permettrai-je d’en citer deux: l’Ile Verte et l’Ile aux Grues. La première constitue une oasis de paix et de beauté que le «bungalowblitz» n’a pas encore défigurée. On peut notamment y apercevoir l’eider à tête grise, le héron bleu et un oiseau dont le seul nom fait rêver, le picasseau maritime. La seconde offre un parfum d’exotisme sans pareil, à une heure à peine de Québec. Près de 200 espèces d’oiseau, dont le hibou des marais, y attirent un nombre croissant d’ornithologues.

Réserve nationale de la faune de l’île Verte: (418) 898-2757
Ornitour (Ile aux Grues): (418) 241-5368

Les baleines de l’embouchure du Saguenay
Malgré leur popularité grandissante – et les inquiétudes que cela soulève en matière de protection de la faune – les «croisières aux baleines» demeurent l’une des activités les plus spectaculaires qui soient. De la fin juin à la fin octobre, plusieurs espèces de baleines fréquentent les eaux du Saint-Laurent. Pour vos premières excursions, la présence d’un guide expérimenté se révèle fort utile pour identifier les cétacés. Il vous apprendra par exemple que la queue de la baleine noire sort complètement hors de l’eau lorsqu’elle plonge. Que le petit rorqual bondit parfois dans les airs. Que le rorqual commun peut nager à 40 km/h.

On peut désormais prendre le départ à Baie-Sainte-Catherine, Tadoussac, Les Escoumins, Grandes-Bergeronnes ou Rivière-du-Loup. Les fauchés ou ceux qui n’ont guère le pied marin peuvent toutefois se consoler. La présence de fosses à proximité de la côte permet d’apercevoir les cétacés depuis la rive. Au Cap-de-Bon-Désir, à quelques kilomètres des Escoumins, on peut ainsi admirer les baleines qui font surface à quelques dizaines de mètres du rivage. Quant aux bélugas, une espèce menacée que les bateaux d’observation n’ont plus le droit d’approcher, on a de bonnes chances d’en observer depuis le belvédère de Baie-de-Sainte-Marguerite, sur la rive nord du Saguenay, entre Tadoussac et Sainte-Rose-du-Nord.
Centre d’interprétation des mammifères marins (Tadoussac): (418) 235-4701

Les caribous du mont Albert et du mont Jacques-Cartier
Deux heures de marche. Deux heures d’ascension pour changer de climat et de pays. Sur les sommets du parc de la Gaspésie, le panorama rappelle aux amoureux du Grand Nord la désolation des vallées de la Georges ou de la Koroc. Est-ce le vent furibond ou bien l’étonnement qui coupe le souffle? Difficile de croire que Sainte-Anne-des-Monts et les battures du fleuve ne sont qu’à une cinquantaine de kilomètres. Ici, les arbres ont disparu. Les plaques de neige persistent souvent jusqu’en août. Et, avec un peu de chance, des caribous se baladent sous votre nez…

Il y a quelques années, on s’inquiétait du grand nombre de veaux victimes des ours noirs, des coyotes et même des aigles dorsés. Depuis ce temps, les secteurs fréquentés par les caribous ne sont accessibles qu’à partir du 24 juin, afin de permettre aux nouveaux-nés de reprendre des forces. Depuis, les choses semblent rentrer dans l’ordre et le troupeau compte aujourd’hui environ 200 têtes.

Parc de la Gaspésie: (418) 763-7811

Le zoo de Saint-Félicien
D’accord, une visite au zoo n’a rien de très sportif. Mais si la guigne s’acharne sur vous et que les animaux sauvages vous fuient comme la peste dès que vous armez votre appareil photo, voici peut-être la solution. A Saint-Félicien, on observe les animaux en liberté depuis un petit train grillagé et la nature reprend parfois ses droits de façon spectaculaire. Il y a quelques années, je me souviens d’avoir vu une mère ours égorger un cerf de Virginie sous les yeux horrifiés de l’assistance.

Si vous êtes sur les lieux au mois d’août, allez jeter un coup d’oil sur le bassin de la rivière aux Saumons, au milieu du zoo. En remontant le cours d’eau pour aller frayer, les ouananiches y font escale en quantité considérable. On les aperçoit bailler de fatigue au fond du bassin. Hélas, la pêche y est évidemment interdite…

Zoo de Saint-Félicien: 1-800-667-5687

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