Sans contredit, la grande force de la région de Duplessis, c’est l’omniprésence de sa généreuse nature. S’y retrouver en petit groupe d’amis pêcheurs, loin des tracas urbains? Le rêve.

Lorsqu’une pourvoirie donne comme adresse 50°16’56.37 N/62°53’40.00, c’est du sérieux. Certains parlent de se perdre dans la nature. Pourtant, on s’y retrouve bien plus qu’on s’y perd.

L’homme d’affaires Charles Huot, originaire de la région des Laurentides, s’est porté acquéreur des droits d’exploitation de ce paradis de la pêche (abrité à l’intérieur de la Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan) en 2007. Aucune route ne mène à la pourvoirie La Corneille, et c’est très bien ainsi. Accessible uniquement par bateau ou par la voie des airs pour les mieux nantis, le site est ainsi préservé d’un fort achalandage. Mais on ne parle pas ici d’une expédition nautique puisque la pourvoirie se situe à moins d’un kilomètre de la route 138 (kilomètre 1278, à 60 km à l’est de Havre-Saint-Pierre). Quelques minutes suffisent donc pour atteindre l’île sur laquelle se trouvent la dizaine de maisonnettes qui composent le hameau privé.

Sur place, trois chalets accueillent deux invités chacun pour un maximum de six personnes à la fois. Comme service personnalisé, on ne fait pas mieux. Ces petits chalets ont récemment été classés quatre étoiles grâce aux soins qu’on leur a apportés. Comme équipement de base, on profite d’une salle de bain complète, de savon écologique, d’un poêle à bois, de deux lits douillets avec oreillers et couettes en plumes d’oie et… ah oui, détail important, de l’électricité produite à partir de moyens alternatifs (panneaux solaires et éolienne).

Un bâtiment indépendant fait office de salon de détente avec foyer en pierre, livres, jeux, revues, jumelles, etc., tandis que la cuisine et la salle à manger occupent le pavillon central. Oubliez les sandwichs sans croûte: on y sert des repas haut de gamme où trônent les produits vedettes des quatre coins de la province, du genre homard de l’île d’Anticosti, carré d’agneau des Cantons-de-l’Est, veau de Charlevoix, pétoncles de Havre-Saint-Pierre, boeuf Angus, chicouté, fromage de l’Est québécois, ainsi que divers produits marins récoltés dans les environs (moules, palourdes, oursins…).

Évidemment, vous pourrez également y déguster le fruit de votre pêche. Bien que l’on préconise la remise à l’eau des grands saumons afin de profiter de leur qualité reproductive, il restera amplement de prises pour vous régaler. En plus d’avoir un accès exclusif à plusieurs kilomètres d’une rivière à saumon (pêche à la mouche), le domaine possède deux lacs (Tanguay et Turgeon) où les truites mouchetées, l’omble chevalier (Artic char) et la ouananiche n’attendent que vous.

Comme les chances de trouver un resto dans le coin sont plus que minces, les forfaits offerts par La Corneille incluent absolument tout. Sur demande, l’entreprise peut même vous fournir les vêtements, la canne à moucher et le reste de l’attirail nécessaire à vos ambitions marines. L’idéal pour une première expérience.

Lors de vos longues séances de pêche zen, gardez vos jumelles proches puisqu’il vous sera possible d’observer quelques oiseaux rares tels le macareux, le cormoran, l’arlequin plongeur et l’eider à duvet. Comme la pourvoirie s’étend jusqu’au golfe du Saint-Laurent, vous pourrez même vous y aventurer afin d’observer baleines et loups marins.

www.lacorneille.ca

Vols jusqu’à Havre-Saint-Pierre: www.airliaison.ca et www.pascan.com

Une touche belge

Il faut l’avouer, un nom comme Johan Beetz détonne parmi la toponymie locale. Autrefois, le petit village le plus près de la pourvoirie La Corneille, appelé aujourd’hui Baie-Johan-Beetz, portait le nom autochtone de Piesthebi ("baie sèche" ou "là où l’eau monte"), mais les langues fourchues l’ont trituré au point d’en faire Piastre Baie. Au début du 20e siècle, les habitants de ce village d’une centaine d’habitants (originaires des Îles-de-la-Madeleine) ont renommé l’endroit en l’honneur d’un aristocrate belge qui, semble-t-il, avait mis le village en quarantaine lors de l’épidémie de grippe espagnole (1918-1919), l’épargnant ainsi de ce fléau.

Les étrangers n’y passent pas inaperçus. Vous n’y trouverez sans doute pas de Jean Coutu, mais des amis, ça, pas de problème.

www.baiejohanbeetz.qc.ca

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