Pourquoi j’ai écrit sur le lait?

3 avril 2013 7h08 · Élise Desaulniers

On marchait sur le boulevard St-Laurent, Émilie et moi. C’était l’automne. Le soleil nous chauffait encore le visage et j’avais détaché mon manteau, comme pour attraper chacune des dernières molécules d’été avant de plonger dans l’hiver. Depuis quelques mois,  j’avais découvert les questions d’éthique alimentaires. J’étais devenue végétarienne et les boîtes Amazon s’accumulaient dans mon salon : je lisais tout ce que je pouvais trouver sur le sujet. Émilie aussi était végétarienne. Et même végétalienne. Chez elle, pas de longues lectures. Simplement l’intuition que la souffrance occasionnée aux animaux est injustifiable. Par la force des choses, j’étais devenue l’encyclopédie d’Émilie. Et nos marches sur St-Laurent étaient une façon de lui filer mes connaissances en profitant de ses conseils de végé avertie lorsqu’on rentrait dans une épicerie.

 

Une question d’Émilie, toute banale, allait ébranler un grand pan de mes convictions : « Paraît que les vaches, elles ne produisent pas naturellement du lait. Elles le font parce qu’on les force à le faire. Tu es au courant?» À vrai dire, je n’en avais aucune idée. Soit que je n’avais rien lu sur la question, soit que j’avais écarté de mes lectures tout ce qui touchait le lait, un sujet qui me semblait bien secondaire par rapport au traitement des poules et des cochons. On a commencé à en discuter et il fallait bien se rendre à l’évidence : pourquoi les vaches seraient-elles différentes des autres mammifères?  Pour donner du lait, il fallait qu’elles donnent des veaux. Et que faisait-on des vaches vieillissantes? De la viande? On se questionnait. En même temps que le soleil tombait, mon petit monde de végétarienne s’effondrait. Le lait et la viande étaient-ils vraiment différents?

 

Une vache sacrée

J’ai poursuivi mes lectures. J’ai constaté assez rapidement que, du point de vue de l’éthique animale et environnementale, troquer la viande pour du fromage ne faisait pas vraiment de sens. J’ai aussi vite compris que les belles pubs du lait n’étaient… que des pubs. Au même titre que les pubs de char qui font tout pour nous convaincre d’adopter la traction intégrale, les pubs de lait nous le présentent comme un aliment essentiel. Or, les trois quart de l’humanité n’en boivent pas (ils n’ont pas l’enzyme nécessaire à sa bonne digestion) et ils ne s’en portent pas plus mal.

 

Ce sont ces mythes, les fausses croyances qu’on entretient par rapport au lait que j’ai voulu explorer dans mon dernier livre, Vache à lait. Dans toutes les entrevues que j’ai données à ce sujet, on m’a dit que je m’attaquais à une vache sacrée. Peut-être bien, mais à quoi bon écrire si ce n’est pas pour bousculer les idées reçues. Et pourquoi les produits laitiers seraient-ils plus sacrés que les choux ou les pommes de terre?

 

Vache à lait n’est pas un manuel de propagande anti-lait. Où serait l’intérêt de répondre à la propagande par de la propagande? Je n’ai personnellement rien à gagner à ce que les gens consomment moins de lait. Dans mon livre, j’ai plutôt essayé d’offrir une contre-histoire, de montrer l’envers des mythes véhiculés par l’industrie. Non, le lait n’est pas poison. Mais il n’est pas non plus l’aliment miracle qu’on nous vend. Selon de nombreuses études, sa consommation serait liée à un nombre étonnant de problèmes de santé. Par ailleurs, et malgré les images réconfortantes qui ornent les cartons, la production de lait ne se fait pas sans souffrance : la plupart des vaches passent leur vie attachées sans voir la lumière du soleil et elles sont séparées de leurs veaux à la naissance. Ensuite, après quatre ou cinq ans de service, elles finissent toutes en viande à burger. Quant à l’industrie laitière canadienne, elle émet annuellement plus de CO2 que l’ensemble de l’industrie aérienne ou minière. Voilà beaucoup de conséquences indésirables pour un aliment qui n’est pas essentiel.

 

Écrire un tel livre aurait été un peu vain si je m’étais contentée d’aligner les problèmes sans proposer de solution. C’est pourquoi, à la fin du livre, j’ai demandé à une diététiste de m’aider à faire la liste des alternatives aux produits laitiers. J’espère que le lecteur prendra plaisir à les découvrir. À son rythme. Comme lorsqu’on discute avec une amie en se baladant sur St-Laurent.

 

Quelques extraits:

« Pour qu’une vache donne du lait, cela nécessite au préalable la naissance d’un veau. La gestation dure neuf mois et à l’état naturel, une vache allaite son petit de six à neuf mois avant de retomber enceinte. Mais de nos jours, les vaches laitières continuent de produire du lait alors qu’elles sont en gestation. En fait, les vaches “modernes” sont en lactation trois cent cinq jours par année, soit durant à peu près toute leur grossesse. Quatre-vingts pour cent du lait produit provient de vaches enceintes. Voilà pourquoi il contient une importante concentration d’hormones de grossesse: les oestrogènes et la progestérone » p. 53-54

 

La présence du lait dans les écoles nous semble normale : on a grandi avec elle. Mais quand on y regarde de plus près, il faut se rendre à l’évidence : on est plus au début du siècle dernier alors qu’il fallait engraisser les enfants avec ce qu’on avait sous la main. Or, bien que nos besoins et connaissances ont évolué, les pratiques des producteurs sont restées les mêmes. (…) Pire : on promeut le lait au chocolat [qui contient autant de sucre que les boissons gazeuses]. Il faut vraiment croire aux propriétés miraculeuses du lait pour consommer un aliment qui est une source aussi importante de sucre. p.87-88

 

Maintenant qu’on sait que le lait n’est pas la meilleure source de calcium, il ne reste plus que l’appel à l’habitude, aux émotions et les images léchées pour nous convaincre de boire du lait. p. 93

 

Après tout, la plupart des gens sont d’accord pour dire que le sang ou les organes humains ne devraient pas pouvoir être vendus ni achetés, car ce ne sont pas des marchandises. Je ne sais pas si le lait devrait se classer dans cette catégorie. Mais je sais que faire commerce à partir d’une exploitation massive d’êtres sensibles, conscients et non consentants, ne pourra jamais être une industrie comme les autres » p. 142

Vache à lait : Dix mythes de l’industrie laitière
Élise Desaulniers
(Préface de Normand Baillargeon)
Stanké 2013, 200 p.

On peut courir une chance de gagner une copie de Vache à lait en participant à ce concours organisé par Voir.

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Classé dans :  Gastronomie, Livres, Société

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  • 3 avril 2013 · 07h41 Simon

    Content que tu es écris ce livre, il est parfait! En espérant qu’il soit capable de faire avancer les choses.

  • 3 avril 2013 · 09h16 Florie

    A lire aussi: lait de vache, blancheur trompeuse.

  • 3 avril 2013 · 10h32 jocelyne

    en 1980,deja je m informais sur le sujet et je suis devenue vegetarienne.il y en a eu beaucoup pour tenter de me dissuader,me juger ou me ridiculiser.je savais instinctivement que j avais fais le bon choix.je suis heureuse de constater qu il y a beaucoup plus d informations sur le sujet et que ce livre,avec l extrait que je viens de lire,rejoindra plus de gens,dans leur desir dameliorer leur santé…je considere que l industrie alimentaire est effectivement difficile a deloger par sa propagande mensongere et tous les mecanismes de croyances quils ont inculqués avec le temps a travers la publicité.

  • 3 avril 2013 · 16h14 Olivier Janssen

    Chère Élise,

    Les Européens, les Américains, les Canadiens, les Indiens(Inde), les Tibétains, les Mongols, les Turques, les Peuls boivent du lait ou mangent du fromage ou du yaourt depuis au moins 5 000 ans soit plus du tiers de l’humanité.

    Les Chinois ne boivent pas de lait mais sont les plus grands mangeurs de porcs. Et alors! La nourriture est l’un des facteurs culturels les plus déterminants. Ce n’est la pub des producteurs laitiers qui va y changer quelque chose. Encore moins votre pamphlet snobinard. Choisissez d’autres combats.

    Notez que boire du lait est l’une des mutations humaines les plus intéressantes.

    Une référence amusante
    http://www.slate.fr/story/64281/lait-mutation-histoire-homme-evolution-tolerance-lactose

  • 3 avril 2013 · 16h27 Élise Desaulniers

    L’apparition de la persistance de la lactase est tellement intéressante que j’y ai consacré le premier chapitre de Vache à lait.

    Mais sur l’aspect culturel de notre alimentation, ce vieux texte devrait vous intéresser : http://penseravantdouvrirlabouche.com/2012/11/06/cest-dans-notre-cultur/

  • 3 avril 2013 · 20h29 Jean-Pierre Bouvrette

    je jouais au tennis 3 fois sem en dec 2012 je pensais arreter de jouer
    car j’avais trop mal a mes articulations arriere des genoux poignets
    cuisses j’ai découvert le livre de mde Lagacée vaincre mon mal par l’allimentatiom
    j’ai arreter tout les produits laitier et apres 3 sem mes maux ont disparus je joue
    au tennis 4 fois sem sans douleurs vraiment trop simple pour le croire

    • 9 avril 2014 · 10h13 Jérôme

      Tout à fait, trop simple pour le croire. Corrélation n’est pas toujours causalité… De plus, le rapport entre le lait et les problèmes d’articulation reste à définir.
      Mais si c’est ok pour toi tant mieux… Seulement je serai curieux de savoir si tes problèmes revenaient en réintroduisant le lait dans ton alimentation…

  • 4 avril 2013 · 13h42 Veggi Nours

    Salut,
    Bon livre que j’ai hâte de lire.
    C’est clair : Lait / viande même combat
    http://veggie-biquette.info/index.php/vegetarisme/7-le-lait-bon-pour-la-sante

  • 6 avril 2013 · 19h20 Frédéric Verville

    « Quant à l’industrie laitière canadienne, elle émet annuellement plus de CO2 que l’ensemble de l’industrie aérienne ou minière. »

    Mme Désaulniers, je n’ai pas lu votre livre, je le ferrai peut-être un jour, mais en lisant votre article, j’ai été quelque peu déçu d’y trouver l’argument des GES. J’espère que les GES ne constituent pas l’un de vos principaux arguments, car il n’en est pas vraiment un, surtout lorsque comparé à l’industrie minière ou au transport aérien.

    Lorsqu’on parle de GES, l’important n’est pas de savoir la quantité produite, mais sa provenance. La vache pourrait être la plus grande émettrice de GES au monde que ce ne serait pas très grave puisque, heureusement, elle ne mange pas de pétrole. La vache émet des GES issus de son alimentation, et le carbone issu de son alimentation provient de l’atmosphère, car il a été fixé par les plantes. On parle donc d’un cycle « fermé », la vache produit beaucoup de GES, oui, mais ces GES ne sont pas nouveaux dans l’atmosphère, ils y étaient déjà. Au contraire, non seulement le transport aérien utilise du carbone qui était séquestré depuis très longtemps dans le sous-sol de la terre (donc, un ajout de C dans l’atmosphère), mais en plus celui-ci est relâché en très haute altitude, ce qui lui donne un potentiel de réchauffement encore plus important en proportion (on parle d’un effet environ 2,7x plus grand). Pour ce qui est de l’industrie minière, c’est une comparaison douteuse qui tente sans doute d’éveiller chez vos lecteurs certains sentiments. L’industrie minière (outre les sables bitumineux) n’a jamais été reconnue comme étant une grande productrice de GES, on se préoccupe davantage de la production d’autres composés chimiques (arsenic, etc.) et son importance n’est pas du tout comparable à celle de l’industrie laitière au Canada.

    Je terminerai en disant que l’industrie laitière est possiblement l’un des secteurs de productions agricoles les moins polluants. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la base de l’alimentation des vaches, ce sont les « foins ». Les prairies, d’où proviennent les foins, sont une excellente façon de séquestrer le carbone dans les sols tout en augmentant leur qualité, et la production de foins nécessitent très peu de travaux aux champs. Inutile de labourer chaque année, inutile de sarcler, on n’y applique pratiquement aucun pesticides et la fertilisation se fait, en très grande majorité, à l’aide de fumiers produits sur la ferme (toujours la boucle fermée et émission de « nouveaux GES » très faible). Si vous souhaitez vous attaquer à un secteur agricole qui, toutes proportions gardées, produit énormément de GES, attaqué celui de la production de légumes. Les passages aux champs sont très nombreux : travaux de sols, fertilisation (la production d’engrais chimique peut utiliser presque 100 litres de combustibles fossiles par hectare!! C’est plus que ce que va utiliser le tracteur pour tous les travaux), pesticides (parfois des dizaines d’applications, on peut peut-être aussi atteindre le 100 litres pour la production, et je ne parle pas des troubles de santé liés…), etc. Et ce, sans compter la dégradation des sols (perte de structure, érosion, etc.) et la libération du carbone qui y était séquestré étant donné le travail excessif du sol.

    Bref, tout ça pour dire, simplement, l’argument des GES, je crois qu’on peut le laisser de côté… à moins qu’il y ait quelque chose que je n’ai pas compris (évidemment, on ne parle pas de l’élevage et de la déforestation en Amazonie, mais là encore, le problème, ce n’est pas l’élevage, c’est la déforestation). Et pour finir, un sympathique vidéo qui nous démontre bien que, dans la vie, rien n’est tout noir ou tout blanc.

    http://www.ted.com/talks/allan_savory_how_to_green_the_world_s_deserts_and_reverse_climate_change.html

    Au plaisir.

    • 6 avril 2013 · 22h19 Élise Desaulniers

      Cher monsieur,

      L’argument du bilan carbone de la production laitière n’est pas central à mon argument mais si la question vous intéresse, je vous invite à jeter un oeil à Vache à lait pour l’ensemble des références. Je ne suis pas une spécialiste de la question et je suis évidemment ouverte à discuter de l’interprétation des données que j’ai utilisées. En voici quelques unes :
      Pour la FAO, « Considering just global milk production, processing and transportation and excluding meat production, the sector contributes 2.7 percent of global anthropogenic GHG emissions. » http://www.fao.org/news/story/en/item/41348/icode/
      Pour ce que je crois être bonne synthèse des émissions de CO2 par type de production (animale et végétale), je vous invite à consulter http://static.ewg.org/reports/2011/meateaters/pdf/report_ewg_meat_eaters_guide_to_health_and_climate_2011.pdf. La problématique du fromage est bien expliquée ici http://www.motherjones.com/blue-marble/2011/08/your-cheese-killing-planet (les vaches ne se nourrissent pas que de « foin des prairies » mais aussi de maïs, de soya d’avoine, de luzerne dont la production nécessite engrais et pesticides).
      Sur la quantité de C02 émise par l’industrie laitière canadienne, la référence est ici :http://lcacenter.org/lcaxi/final/426.pdf
      Je vous invite également à lire cette étude qui conclut que « Shifting less than one day per week’s worth of calories from red meat and dairy products to chicken, fish, eggs, or a vegetable-based diet achieves more GHG reduction than buying all locally sourced food » http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/es702969f et cette toute nouvelle étude qui compare les effets sur l’environnement et la santé de différents régimes pour conclure « …such recommendations should encourage reduced consumption of all meat and dairy products and substitution with fruit, vegetables and cereals. » http://www.nature.com/ejcn/journal/v66/n6/full/ejcn201234a.html

      Finalement, je serais curieuse de lire vos sources quant à la production de légumes qui, selon vous « produit énormément de GES ».

      Au plaisir,

      ÉD

  • 7 avril 2013 · 00h01 Frédéric Verville

    Vos références ne mentent pas, mais comme je le disais, l’important n’est pas de savoir combien est produit, mais d’où cela provient. Il faut voir plus loin que les simples émissions et analyser le cycle complet du système car non, les vaches ne se nourrissent pas de pétrole… Et malheureusement, beaucoup d’études ne vont pas très loin dans leur analyse du système complet et se contentent de données très superficielles…

    « Finalement, je serais curieuse de lire vos sources quant à la production de légumes qui, selon vous « produit énormément de GES » »

    Avec plaisir. Vous n’avez qu’à consulter les données du projet PLANETE. Il s’agit d’une équipe de recherche de la Chambre d’agriculture de Bretagne qui se spécialise dans les analyses de cycles de vie complet des produits agricoles. Vous trouverez sans doute une tonne d’informations très intéressantes sur leur site, mais je vous souligne rapidement trois passages en particulier :

    (teqCO2 = tonne equivalent CO2)

    - Provenant de la section « Production -Bovins lait strict- »:

    « Les émissions moyennes de GES des exploitations « bovin lait strict » s’élèvent à 5,5 teqCO2/ha »

    - Provenant de la section « Production -Bovins lait et Cultures- »:

    Les exploitations «bovins lait cultures» émettent en moyenne 5,30 teqCO2/ha »

    - Provenant de la section « Production -Légumes- »:

    « Les émissions des GES des exploitations se situent entre 5,9 et 990 teqCO2/ha légumes »

    Voilà.

    http://www.solagro.org/site/424.html

    Ah, j’ajouterais: « En moyenne, les 3500 exploitations étudiées consomment 23GJ/ha de SAU (660 EQF/ha) et émettent 4,6teqCO2/ha de SAU chaque année. »

    J’espère que vous serez d’accord avec moi que 5,9 à 990 t/ha, c’est nettement plus que 5,5 t/ha et nettement au-dessus de la moyenne de 4,6 t/ha…

    Au plaisir.

    • 7 avril 2013 · 07h28 Élise Desaulniers

      J’essaie de mettre en perspective vos données avec celles que j’ai et il manque un détail : la quantité de CO2 émise pour une quantité donnée de nourriture (au bout du compte, c’est la meilleure façon de comparer). On a ça ici : http://static.ewg.org/reports/2011/meateaters/pdf/report_ewg_meat_eaters_guide_to_health_and_climate_2011.pdf (p. 6) mais je ne retrouve pas dans vos rapports que je n’ai malheureusement pas lus au complet. Quand vient le temps de choisir comment se nourrir (parce que c’est de ça dont il est question ici), ça me semble être l’élément important en prendre en compte.

      Finalement, les études que j’ai citées me semblent utiliser des méthodologies similaires aux vôtres pour mesurer le cycle de vie.

    • 7 avril 2013 · 15h43 Frédéric Verville

      Les données sont présentes.

      Dans les sections « lait », vous trouvez les teqCO2 pour 1000 l. de lait, et dans les sections viandes, les teqCO2/tvv (tonne de viande vive).

      Je vais mettre en comparaison des données provenant de votre étude avec celles provenant de la mienne (les chiffres sont en kgeqCO2/kg viande) :

      Par exemple, avec les chiffres provenant du projet PLANETE, on obtient 1,3 pour le poulet, 2,7 pour le porc et 14,2 pour le boeuf. De votre côté, c’est 6,9, 12,1 et 27… le seul endroit où semble se rejoindre nos études, c’est au niveau du lait, qui tourne autour de 1,5 à 2 dans les deux cas.

      Pour les légumes, à partir de mes recherches, si on utilise les chiffres où un seul produit est calculé (salade, poireau) on obtient 12,5 pour la salade (377 teqCO2 pour un rendement moyen de 30 t/ha) et 12,4 pour le poireau (248 teqCO2 pour un rendement moyen de 20 t/ha). En comparaison, dans votre étude, on parle de 2 pour le brocoli et 1,1 pour la tomate, sans oublier 2,9 pour la patate, dont la grande majorité proviendrait de sa cuisson (??)… très étonnant venant d’une culture qui consomme autant de fertilisant et plus de pesticides que le maïs de façon générale, et qui est généralement fertilisée à l’aide d’engrais chimique plutôt qu’à l’aide de fumier. Et si on voulait réellement comparer kilo pour kilo, il faudrait le faire sur la base de matière sèche, car les légumes contiennent beaucoup plus d’eau par kilo que le fromage ou la viande, par exemple… ceci aurait pour effet de faire augmenter encore davantage la production de GES par kgMS de légumes produits.

      Finalement, après avoir repassé votre étude en diagonale, certains points me laisse perplexe. D’abord, on y note que:

      « The lifecycle assessments are based on conventional rather than pasture-based or organic systems of food production. We focused on conventionally produced, grain-fed meat because that is mostly what Americans eat. Also, we were unable to identify definitive studies and widely accepted methodologies assessing green-house gas emissions from pasture-raised, organic or other meat production systems that make use of more environmentally sound management practices (such as cover cropping and intensive grazing). »

      Malheureusement (ou heureusement), en production laitière, le « conventionnel » américain n’a rien à voir avec les méthodes de productions québécoises et même canadiennes. Au Québec, la taille moyenne des fermes laitières est d’environ 55 têtes (70 au Canada), alors qu’on parle de 140 têtes aux États-Unis. Au Québec, la plus grande ferme laitère compte 1100 têtes, c’est la ferme Landrynoise, alors qu’aux États-Unis, on retrouve des fermes de 30 000 têtes. Et au Québec, les fermes laitières et les vaches sont majoritairement « grass-fed » et non « grain-fed ». Très difficile, donc, de comparer et d’extrapoler…

      Je n’ai également trouvé aucune méthodologie pour les calculs des légumes, malgré que j’ai aussi consulté le document de 63 pages « Lyfecycle assesments: Methodology and results ». La méthodologie pour les produits animaux est quand même bien détaillée, c’est dommage que ce ne soit pas la même chose pour les produits végétaux, ça rend la comparaison difficile… surtout à l’égard des chiffres qui sont obtenues dans l’étude que je présente.

      Bref, très difficile de tirer des conclusions de tout ça…

    • 7 avril 2013 · 15h55 Élise Desaulniers

      Je suis assez bien placée pour savoir que les fermes laitières canadiennes sont différentes des fermes américaines. Par contre, au niveau de l’alimentation, je n’ai jamais rien vu qui me laissait croire qu’il y avait des différences notables. Si c’est le cas, j’aimerais bien en tenir compte. Vos références ?

      Sinon, l’exercice de comparer les émissions de CO2 des tomate avec le fromage me semble un peu futile. Certaines cultures végétales sont manifestement peu efficaces. En revanche, comparer les protéines entre elles est utile. Et peu importe les limites des différentes méthodes de calcul, à peu près toutes les études montrent qu’une alimentation à base de protéines végétales produit moins de CO2 qu’une alimentation à base de protéines végétales. On peut donc en tirer des conclusions assez générales en espérant qu’un jour, nous aurons des données plus précises nous permettant d’optimiser notre alimentation.

    • 7 avril 2013 · 16h20 Frédéric Verville

      Hmm, j’avoue avoir de la difficulté à vous suivre. Ce qui est futile maintenant était « l’élément important en prendre en compte » dans votre commentaire précédent… enfin.

      Et je suis totalement d’accord avec vous au sujet des protéines végétales en général, si on compare la viande avec les céréales ou les légumineuses, qui ne nécessitent très peu ou pas du tout de fertilisation et de pesticides. La comparaison que j’utilise depuis le début, par contre, est celle du lait (votre livre) et des légumes. Dans ce cas-ci, les chiffres le démontrent, la distinction est beaucoup moins évidente…

      Mais bon, je comprends à votre réponse que le tour a été fait, et je ne suis pas en désaccord avec l’idée, je suis heureux de vous avoir fait part de mes commentaires.

      Au plaisir.

  • 8 avril 2013 · 14h16 Éric Ménard

    M. Verville, je dois avouer que je ne vois pas du tout la pertinence de comparer l’impact des produits laitiers aux impacts des légumes. Je n’ai vu nulle part qu’il était recommandé ou même suggéré de remplacer les produits laitiers par des légumes, ni l’inverse… C’est d’ailleurs pourquoi Mme Desaulniers vous rappelait que la pertinence se trouve plutôt dans la comparaison protéines végétales VS protéines animales, soit des produits qui peuvent se substituer dans l’alimentation et ainsi contribuer à réduire les impacts environnementaux, les impacts sur la santé, les conséquences éthiques, etc.

  • 8 avril 2013 · 15h44 Frédéric Verville

    L’objectif principal n’était pas de comparer mais seulement de dire que l’argument des GES ne tient pas la route par rapport à la production laitière, tout en rappelant qu’il n’y a pas que la production de protéines animales qui est polluante. La comparaison est venue lorsque Mme Désaulniers m’a demandé des références sur ce que j’affirmais, puis des comparaisons Kg pour Kg. Je n’ai fait que répondre aux questions, questions qui sont par la suite devenues futiles, on se demande pourquoi…

    Je n’y connais rien en santé et il y a, à mon avis, des préoccupations éthiques bien plus importantes que celles du bien-être des vaches laitières (qui sont d’ailleurs, de loin, les animaux les mieux traités en agriculture). C’est pourquoi je me contentais de commenter le faux argument des GES…

  • 8 avril 2013 · 15h58 Élise Desaulniers

    Avant d’affirmer que les vaches sont « de loin, les animaux les mieux traités en agriculture », je vous invite à jeter un oeil à Vache à lait (ou à n’importe quel essai en éthique animale).
    Je ne suis pas abolitionniste et pourtant, je me range derrière Francione lorsqu’il explique que le lait semble pire que la viande en terme de souffrance animale:

    « Those products do result in animal deaths and tremendous animal suffering. Animals used to produce dairy and eggs generally live longer than “meat” animals, are arguably treated worse, and end up at the same slaughterhouse after which we consume their bodies anyway. There is probably more suffering in a glass of milk than in a pound of steak »
    http://cup.columbia.edu/static/interview-gary-francione

    Quant à la futilité des comparaisons, vous aurez compris que lorsque je parlais de « comparer la quantité de CO2 émise pour une quantité donnée de nourriture », je souhaitais qu’on compare des aliments aux qualités nutritives comparables. Comparer du tofu avec du steak est intéressant, comparer du lait avec des tomates l’est beaucoup moins.

    • 8 avril 2013 · 16h33 Frédéric Verville

      Mme Désaulniers,

      je suis plutôt du genre à me baser sur ce que je vois pour me faire une idée des situations. J’ai visité plusieurs poulaillers, porcheries, fermes bovines et fermes laitières industrielles, et nulle part ailleurs que dans les fermes laitières (sauf pour les bovins aux pâturages, peut-être), je n’ai vu de tapis orthopédiques de 5 centimètres d’épais partout sur les planchers pour éviter de se blesser les sabots, de brosses mécanisées pour que les animaux puissent se faire masser le dos, de l’air frais et de la lumière du jour à tout moment, des poils brossés et tondus, des animaux propres et les fumiers récoltés constamment pour éviter les infections aux pis. Mieux, dans les fermes de grandes tailles, les vaches sont désormais en stabulation libre et elles se rendent elles-mêmes, de leur plein gré, se faire traire au robot de traite 2 à 3 fois par jour. L’expérience ne doit pas être si désagréable? Mis à part de bruler les cornes (ce qui peut, par contre, éviter des blessures graves par la suite), les vaches laitières sont en général très bien traitées (il y a toujours des exceptions, mais rien de systématiques comme dans les autres secteurs).

      On pourrait parler des poulets, qui se font couper le bec à la naissance, qui vivent dans des cages qui leur laissent environ l’espace d’une feuille de papier pour se « déplacer », qui ne voient jamais la lumière du jour et qui ne ressentent jamais la brise dans leurs plumes, qui respirent l’ammoniac 24h sur 24.

      Ou encore parler des cochons, qui se font couper les dents, les testicules et la queue à la naissance, sans analgésique, qui vivent dans de cages bondées où ils essaient de s’entre-dévorer, ou encore mieux, pour les truies en maternité, qui sont tout simplement incapables de se retourner à 180 degré et qui se font plaquer au sol pendant des jours par des barreaux de fer lorsqu’elles sont sur le point de mettre bas. Et toujours la même chose pour ce qui est du soleil, du vent et de l’ammoniac… tout ça sur un plancher de latte discontinue.

      Qu’est-ce que je n’ai pas vu que M. Francione pourrait m’expliquer? Ou vous, qu’avez-vous vu, qui vous permette de dire que les vaches sont les plus mal traitées?

  • 8 avril 2013 · 17h01 Élise Desaulniers

    Je ne résumerai pas un livre en un paragraphe mais deux sources intéressante si la question du bien-être des vaches vous intéresse : ici http://utiliterre.ca/equipements/le-bien-etre-des-vaches-laitieres/ et et là : http://www.humanesociety.org/assets/pdfs/farm/hsus-the-welfare-of-cows-in-the-dairy-industry.pdf mais pour une analyse approfondie et des données québécoises, je vous renvoie à Vache à lait (de même qu’à mon premier livre si les questions d’éthique animale dans une perspective plus large vous intéressent).

    • 8 avril 2013 · 17h21 Frédéric Verville

      Vos références ne répondent pas à ma question (ou enfin, n’appuient pas votre négation de mon affirmation). Je n’affirme pas que le bien-être animal est parfait dans l’industrie laitière, je dis qu’il est mieux que dans les autres productions. Quand j’entre dans une étable, je n’ai pas envie de pleurer comme quand j’entre dans un poulailler ou une porcherie (et ce n’est pas dû à l’ammoniac), je me sens même plutôt bien. Je suis plus révolté par la façon dont on traite certains de nos ainés, ou encore par le travail des enfants, disons. Comme on dit, chacun ses combats, et c’est très bien comme ça. À moins de vouloir me démontrer que j’ai tort lorsque je dis que les vaches sont les mieux traitées, ce à quoi je suis très ouvert, inutile de poursuivre sur l’éthique dans l’industrie laitière, comme je l’ai dis plus haut, ce n’est pas dans mes intérêts profonds, je laisse ça à d’autres.

      P.S. Il ne faut pas toujours associer blessures/maladies et bien-être à 100%. Certains problèmes de santé sont liés à une mauvaise sélection des animaux, ou enfin sur de mauvais critères, surtout chez la race Holstein, qui est effectivement devenue une machine à produire, mais pas à survivre. Certaines races plus rustiques comme la Jersey ou la Canadienne auraient sans doute moins de problèmes pour des conditions semblables (non je n’ai pas de chiffres, je suppose).

  • 8 avril 2013 · 17h49 Éric Ménard

    M. Verville, si vous voulez réellement avoir les réponses à vos doutes et objections, et non seulement critiquer en fonction de vos impressions et observations personnelles, je vous conseille de lire d’abord les deux ouvrages de Mme Desaulniers, vous verrez que vous avez sûrement plus à apprendre qu’elle sur la souffrance des animaux; ensuite vous pourrez venir questionner en connaissance de cause. ;)

    • 8 avril 2013 · 18h11 Frédéric Verville

      M. Ménard, je suis un consommateur comme les autres, « je ne veux pas le savoir, je veux le voir ». Il semble que ce soit suffisant pour faire des choix « informés » quand vient le temps d’accepter le discours. Ce n’est pas suffisant quand vient le temps de le remettre en cause?

      Mais bon, peut-être devrais-je uniquement me fier aux documentaires orientés plutôt qu’à mes observations personnelles (moi qui ait la chance d’en avoir l’occasion), après tout, ils sont sans doute beaucoup plus objectifs que moi…

      http://voir.ca/elise-desaulniers/2013/01/22/on-ne-veut-pas-le-savoir-on-veut-le-voir/

      ;)

  • 28 avril 2013 · 15h09 François Doyon

    La conclusion de l’ouvrage de madame Desaulniers suggère qu’il serait bon d’adopter un régime végétalien. Il faut savoir que cela comporte des risques pour la santé.

    http://vitamimpenderevero.wordpress.com/2013/04/28/la-promotion-du-vegetalisme-une-dangereuse-imposture-intellectuelle/

    • 29 avril 2013 · 15h16 Éric Ménard

      Oui M. Doyon, comme tout régime alimentaire mal « géré » comporte des risques de carences et donc des risques pour la santé. Par contre, un régime végétalien bien incorporé, équilibré et complété au besoin par des suppléments permet non seulement d’éviter les carences, mais en plus de réduire considérablement les risques de troubles de santé reliés à la consommation de produits d’origine animale.

  • 29 avril 2013 · 18h22 François Doyon

    Les végétaliens disent qu’avec des suppléments, ils évitent les carences. Cela prouve une chose: ceux qui affirment que le végétalisme est plus naturel ne disent pas la vérité.

    • 8 juillet 2013 · 11h39 papang masqué

      Quantité de végétaliens ne prennent aucun suppléments et se portent très bien ;) D’ailleurs, plein de non-végétaliens prennent aussi des suppléments, vitamines, etc. n’est-ce pas ? Est-ce que ça prouve quelque chose sur leur régime ?

  • 29 avril 2013 · 18h58 Éric Ménard

    Vous seriez sûrement surpris du nombre d’omnivores qui prennent des suppléments ou qui en auraient besoin. C’est peut-être juste que les végétaliens sont plus au courant de ce qu’ils consomment et de ce dont ils ont besoin, alors que les omnivores ont beaucoup plus tendance à seulement faire confiance aveuglément que leur alimentation est complète.

  • 29 avril 2013 · 18h59 Éric Ménard

    Et M. Doyon, si vous lisiez Vache à lait, vous verriez qu’il n’y a pas grand-chose de naturel à consommer des produits laitiers, alors prière de ne pas utiliser cet argument contre le végétalisme.

  • 5 mai 2013 · 08h54 Castonguay

    En fait de conasse,tu es de première classe car écrire des sujets comme dénigrer l industrie du lait et bien je t invite à passer une journée sur ma ferme et tu verras qui est le mieux traiter,moi où la vache. J ai été maître éleveur au Canada et je peu te dire que si je serais une vache et bien c est chez moi que je voudrais vivre. Un jour pas si lointain il n y aura plus d agriculteur et ce jour la il n y aura plus rien a manger et ce jour la toi et tes semblables vous mangerai votre propre marde

    • 31 mai 2013 · 11h05 papang masqué

      Les insultes et les fautes d’orthographe aident vraiment à rendre votre commentaire convaincant. Je comprends la colère provoquée par la perspective de voir votre activité professionnelle menacée par de tels constats, mais une fois que vous serez calmé, posez-vous la question suivante: vos profits personnels sont-ils plus importants que l’environnement, l’éthique et la santé publique ? Vos vaches sont « bien traitées », certes, on va vous croire jusqu’à un certain point (me semble que leurs veaux leur sont quand même retirés et qu’on les envoie à l’abattoir à la fin de leur « carrière » n’est-ce pas?). Cela vous empêche-t-il de réfléchir aux conditions et aux impacts de l’industrie dans son ensemble ? Est-ce si inconcevable que cela pour vous de remettre en question ne serait-ce qu’un tant soit peu votre industrie et votre mode de vie ? Serait-ce la pire chose au monde que de devoir diversifier votre activité et de l’adapter à de nouvelles valeurs/priorités/logiques de marché ?
      Je suis fascinée par l’agressivité et la mauvaise foi de certains des commentaires ici. On peut être en désaccord avec Mme Desaulniers, mais on ne peut nier qu’elle s’exprime avec respect et honnêteté, et que sa démarche ne vise à défendre aucun intérêt personnel ou corporatif mais bien à chercher de meilleures conditions de vie pour l’humanité, la planète et ses autres habitants. Alors pourquoi tant de rage ? Parce que vous vous sentez menacé dans votre mode de vie, votre confort, vos intérêts ou votre narcissisme ? C’est humain (et cela m’est aussi arrivé par le passé). Mais se pourrir mutuellement la vie, détruire l’environnement et mener des civilisations entières à la catastrophe par crispation égoïste sur ses petites positions personnelles obtues, ça aussi c’est très humain. Je vous lis et j’ai très peur. Restez au moins polis. Et bravo à Mme Desaulniers pour supporter stoïquement et intelligemment les injures gratuites dont elle est victime.

    • 21 octobre 2013 · 09h54 jude

      j’ai grandi sur des fermes laitières et je trayais 72 vaches par jour (c’est pas mal mieux au BC en plus).TOUTES les vaches et leur veaux mâles sont abattus et je ne rentrerai pas dans les autres détails perverses!! c’est PAS ça être bien traité! cessez de raconter des conneries et réveillez vous à la réalité!!

  • 31 mai 2013 · 11h07 papang masqué

    Les insultes et les fautes d’orthographe aident vraiment à rendre votre commentaire convaincant. Je comprends la colère provoquée par la perspective de voir votre activité professionnelle menacée par de tels constats, mais une fois que vous serez calmé, posez-vous la question suivante: vos profits personnels sont-ils plus importants que l’environnement, l’éthique et la santé publique ? Vos vaches sont « bien traitées », certes, on va vous croire jusqu’à un certain point (me semble que leurs veaux leur sont quand même retirés et qu’on les envoie à l’abattoir à la fin de leur « carrière » n’est-ce pas?). Cela vous empêche-t-il de réfléchir aux conditions et aux impacts de l’industrie dans son ensemble ? Est-ce si inconcevable que cela pour vous de remettre en question ne serait-ce qu’un tant soit peu votre industrie et votre mode de vie ? Serait-ce la pire chose au monde que de devoir diversifier votre activité et de l’adapter à de nouvelles valeurs/priorités/logiques de marché ?
    Je suis fascinée par l’agressivité et la mauvaise foi de certains des commentaires ici. On peut être en désaccord avec Mme Desaulniers, mais on ne peut nier qu’elle s’exprime avec respect et honnêteté, et que sa démarche ne vise à défendre aucun intérêt personnel ou corporatif mais bien à chercher de meilleures conditions de vie pour l’humanité, la planète et ses autres habitants. Alors pourquoi tant de rage ? Parce que vous vous sentez menacé dans votre mode de vie, votre confort, vos intérêts ou votre narcissisme ? C’est humain (et cela m’est aussi arrivé par le passé). Mais se pourrir mutuellement la vie, détruire l’environnement et mener des civilisations entières à la catastrophe par crispation égoïste sur ses petites positions personnelles obtues, ça aussi c’est très humain. Je vous lis et j’ai très peur. Restez au moins polis. Et bravo à Mme Desaulniers de supporter toutes ces injures avec stoïcisme et intelligence.

  • 8 juillet 2013 · 10h47 François Doyon

    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1735

    « Une vaste méta-analyse sélectionnant 139 publications, réalisée en 2000 (Heaney, 2000), conclut à l’effet bénéfique des produits laitiers sur la masse osseuse. En 2005, en revanche, et de manière étonnante, alors même que la bibliographie est devenue plus riche, une autre méta-analyse ne retient que 37 publications, pour conclure à l’inefficacité (Lanou, 2005). Elle est réalisée sous l’égide du PRCM1, principalement constitué de non-médecins ou de personnes dépourvues d’attaches universitaires ou hospitalières. Elle porte essentiellement sur les enfants et les adolescents. Elle est évidement contredite par d’autres travaux (Kalkwarf, 2003 ; Chevalley, 2005 ; Matkovic, 2005). Une troisième étude (Weinsier, 2000) est aussi fréquemment mise en avant par les détracteurs du lait, mais dans ce cas il s’agit d’un véritable détournement de résultats. En effet, bien que ne retenant que 57 publications, elle conclut à l’absence d’effet pour 52 % d’entre elles, de résultats favorables pour 42 % et finalement défavorables à hauteur seulement de 5 %. Ce chiffre de 5 % est retenu par nombre de détracteurs du lait, pour être qualifié de représentatif de la majorité des études. »

    • 8 juillet 2013 · 11h36 papang masqué

      Je vous conseille d’écouter le podcast de cet excellent débat radiophonique réunissant divers spécialistes. http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-le-lait?page=1
      Le message essentiel que j’en ai retenu est que, dans le domaine de l’alimentation, il faut se garder d’émettre des vérités universelles et de se fier à toutes les études (en particulier si elles sont financées par des lobbies).
      Plusieurs aliments, comme le lait de vache ou le soja et ses dérivés, conviennent très bien à certaines personnes mais pas à d’autres (en fonction de l’ethnie, du patrimoie génétique, etc.). D’où la nécessité de considérer plusieurs facteurs (l’éthique doit en faire partie selon moi), d’écouter son corps et de bien se connaître pour prendre des décisions rationnelles par rapport à notre alimentation, au lieu de nous laisser dicter des dogmes par autrui. Le lait est un poison pour moi et ma famille, d’origine asiatique, en revanche nous digérons parfaitement le soja et en bénéficions. Je ne laisserai personne me convaincre de consommer des produits laitiers ou de leurs bénéfices universels. Mais je ne forcerai pas non plus mon conjoint québécois à manger du tofu si ça ne lui réussit pas ;) (il privilégie néanmoins le lait d’amande et se porte comme un charme ;) )

    • 8 juillet 2013 · 12h01 François Doyon

      On ne parle pas d’une simple étude qui ferait mon affaire, mais d’une méta-analyse de 139 publications…

  • 8 juillet 2013 · 12h21 papang masqué

    Pour travailler dans le domaine de la recherche, « méta-analyse » est un terme impressionnant mais au final c’est le travail de recension et d’analyse d’une seule et même personne, qui date d’une dizaine d’années, si je me fie à votre lien : le nombre d’articles recensés ne suffit pas à lui seul à valider chacun de ces articles individuellement.

    Cependant, je ne dis pas que ces articles ont tout faux nécessairement, ni que les études contraires ont nécessairement raison. Tout ce que je dis, c’est qu’il faut rester nuancé: le lait est mauvais pour de nombreuses personnes, il est probable qu’il soit bon pour d’autres (si on ne parle que de santé et pas de considérations éthiques). On trouvera toujours toutes les études du monde et leur contraire. Mais elles ne remplaceront pas le bon sens élémentaire et la connaissance de soi et de son environnement.
    En gros: que ceux qui veulent continuer à boire du lait en boivent si ça leur chante (toujours d’un point de vue de la santé seulement), mais qu’ils n’essaient pas de convaincre les autres qu’il est bon d’en consommer, car chacun est le mieux placé pour juger de sa propre alimentation. Je sais pertinemment que le lait est mauvais pour moi et aucune étude n’y changera quoi que ce soit.
    On m’a forcée, ainsi que plusieurs membres de ma famille, à boire du lait et manger des yaourts pendant des années, car les messages de santé publique affirmaient que c’était indispensable et bon pour la santé, alors que ça nous rendait manifestement malades. Les dogmes et la propagande n’ont pas leur place en santé et en alimentation (si tant est qu’ils aient leur place quelque part).

    • 8 juillet 2013 · 12h31 François Doyon

      On peut reprendre tout ce que vous dites et l’appliquer à ceux qui veulent convaincre ceux pour qui le lait est bon de ne pas en boire.

  • 8 juillet 2013 · 13h01 papang masqué

    Pas vraiment, puisque si vous lisez bien mes commentaires précédents, j’ai écrit que le lait, comme d’autres produits, pouvait convenir à certaines personnes et pas à d’autres, et qu’il est très probable qu’il soit bon pour certains.

    Je ne cherche donc pas à convaincre qui que ce soit d’adopter un style de vie que je juge bénéfique à mon niveau. Mes commentaires n’ont vraiment pas pour but de polémiquer mais d’exposer mon point de vue de la façon la plus constructive possible -ce qui n’est pas toujours une science exacte ;) Le sens de mon propos était essentiellement de critiquer les dogmes alimentaires et de défendre l’idée qu’on ne doit pas imposer la consommation d’un produit à toute une population en se basant sur une pseudo-scientifictié (dérive dangereuse actuellement à l’oeuvre dans notre société).

    La différence entre ceux qui consomment des produits laitiers et les autres, c’est que les premiers sont actuellement inscrits dans la norme sociale: on nous a convaincus depuis longtemps que le lait était bon, nécessaire, on nous serine le message à coups de campagnes de santé publique, de recommandations ministérielles, de prescriptions médicales, de distribution dans les écoles, etc. Les buveurs de lait n’ont donc pas besoin de défendre leur point de vue ou leur « droit », personne ne les en empêche et ils ont les pouvoirs publics de leur côté.
    En revanche, le grand nombre de personnes pour qui le lait est néfaste (asiatiques mais aussi méditerranéennes, amérindiennes et j’en passe) n’a jamais vraiment eu voix au chapitre et s’est un peu fait gaver de lait jusqu’à présent sans broncher.
    C’est pour cela qu’on assiste à présent à des critiques envers cette industrie, c’est une prise de conscience qui me semble tout à fait normale et souhaitable. Dénoncer les aspects néfastes de l’industrie laitière permet de rétablir l’équilibre. Heureusement que nous pouvons défendre notre point de vue, ne pensez-vous pas ?

    L’autre différence, c’est que vous êtes toujours libre de continuer à boire du lait même si des gens, quelque part sur la planète, ont un avis différent du vôtre.

    En revanche, l’idée que le lait est bon pour tous et que ceux qui refusent d’en boire ont tort a des conséquences directes et dangereuses sur la vie de tous ces gens (je peux vous citer plein d’exemples, dont celui de ma grand-mère à qui le médecin prescrivait du lait fortifié à boire quotidiennement car les lobbies avaient bien fait leur travail, sans se demander si cela ne lui faisait pas plus de mal que de bien, ce qui était malheureusement le cas).

    Je sais que le lait est mauvais pour moi sur le plan de la santé, à l’instar de nombreuses personnes, et je pense que l’industrie laitière actuelle est condamnable sur le plan éthique (droits des travailleurs et des animaux) ainsi que néfaste sur le plan environnemental.

    Mais je ne pense pas pour autant que boire du lait soit une mauvaise chose pour tout le monde et dans l’absolu, et ne reprocherai évidemment jamais à personne d’en boire. Si une partie de la population en bénéficie ou l’apprécie, il y a très certainement un moyen de continuer à produire du lait (à plus petite échelle, logiquement, pour s’adapter aux besoins réels) de façon plus respectueuse de la terre et de tous ses habitants. Serait-il possible de chercher ces solutions ensemble, plutôt que de s’affronter en s’évertuant à imposer nos principes et nos intérêts aux autres ?

    Nous sommes tous différents. Celait pourrait être une richesse au lieu d’une source de conflits.

  • 8 décembre 2013 · 03h50 salaun

    le lait est la source de toute vie.
    Le lait de femme contient 2 fois plus de cholestérol que le lait de vache, et pourtant l’allaitement est considéré comme un bienfait naturel.

    • 10 décembre 2013 · 18h28 Éric Ménard

      Oui, mais est-ce que vous consommez du lait de femme (ou des produits laitiers humains) sur une base régulière pendant toute votre vie, ou vous en avez consommé seulement pendant quelques mois après votre naissance?

      Je dis ça comme ça, mais je ne crois pas que personne ne recommande la consommation de produits laitiers humains au-delà des x premiers mois après la naissance, quoiqu’on puisse supposer que la femme laitière québécoise serait sûrement mieux traitée que la vache québécoise…

  • 7 avril 2014 · 21h58 Sylvie

    Révélation choc: une vache doit avoir eu un veau pour donner du lait….Pitié, ne me dites pas que les gens sont déconnectés de l’agriculture à ce point là. En fait, je crois qu’il sont peut-être tout simplement déconnecté de la nature. Il veulent un mode de vie naturel mais choisisse de vivre en ville. Ils militent pour protéger l’environnement mais préfère habiter un endroit ou il n’y en a plus, ou la société de consommation règne en maître.
    Je n’ai pas lu le livre, j’ai lu quelque article, quelques commentaires, assez pour me décourager.
    Je m’intéresse beaucoup au confort animal, plus précisément celui des vaches laitières. Peut-être que je ne devrais pas, car cet intérêt m’a transformé en sadique agricultrice bien que je n’était pas issu de ce milieu. Je viens de dire que je suis productrice laitière, vous comprendrez donc qu’aucun de mes arguments ne peut être valable. C’est pourquoi je ne perdrai pas mon temps à faire valoir mon point de vue.
    Nous avons une ferme d’une trentaine de vaches laitières. Elles passent l’été au pâturage. Ce n’est pas une grosse ferme, on vit bien mais on arrive pas à se donner le salaire minimum. Mais j’adore quand même mon travail car il me permet d’avoir un mode de vie sain et d’être près des animaux.
    En fait, je ne sais pas pourquoi je laisse ce commentaire…juste triste d’avoir l’impression de me faire cracher dessus encore au nom de je ne sais quelle théorie sur la nutrition, je ne sais quelle révolution des moeurs, je ne sait quelle principe éthique.

    • 8 avril 2014 · 21h47 Éric Ménard

      Sylvie, si vous preniez le temps de lire le livre, ou du moins quelques passages du blogue d’Elise Desaulniers sur le même sujet, vous sauriez au nom de quels principes la production laitière est ici dénoncée. ;) Vous n’en seriez peut-être pas moins triste, mais au moins vous auriez les informations pour comprendre.

    • 9 avril 2014 · 10h29 Sylvie

      Je connais les principes au nom desquels la production laitière est dénoncé. Ne me prenez pas pour une imbécile, et je comprend très bien. Mon point de vue la-dessus est seulement différent du vôtre.

  • 9 avril 2014 · 10h24 Jérôme

    Je cite un passage de lla conclusion de cet article de l’AFIS « ….Chaque classe d’aliments possède sa spécificité et apporte préférentiellement un ou plusieurs nutriments, aucune ne doit être négligée. Il est beaucoup plus dangereux pour la santé de supprimer les produits laitiers que d’en consommer…. »

    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1735

    • 9 avril 2014 · 20h15 Élise Desaulniers

      Avez-vous au moins lu l’article que vous commentez ? J’écris « Non, le lait n’est pas poison. Mais il n’est pas non plus l’aliment miracle qu’on nous vend. Selon de nombreuses études, sa consommation serait liée à un nombre étonnant de problèmes de santé. » Et vous aurez compris que la seule thèse que je défends, c’est qu’il n’est ni normal, ni naturel ni nécessaire de boire du lait. Du coup, l’exploitation des vaches n’est pas justifiée

  • 11 avril 2014 · 07h24 nadrin

    Pour correctement parler de bien être,dans le cas d’animaux de ferme,on peut comparer entre ce qui se fait avec les humains et les animaux.
    Il s’agit de,(le plus respectueusement possible), faire produire quelque chose à un animal, dans un contexte particulier de confinement, avec pour finalité une fin de vie prématurée au 1/3 de l’espérance de vie, dans des conditions « naturelles ».
    Sans oublier le déclenchement de la poussée de lait maternel propre aux mammifères,lorsqu’ils sont en phase de reproduction et l’inévitable aboutissement ou rejet, que constitue la venue au monde du veau.
    Que fait-on de cet amas de chair expulsé du ventre de la mère,au bout de la gestation nécessaire à la montée du lait?
    On tente de le valoriser dans un temps le plus bref possible, afin que le coût de la nourriture de substitution,n’empiète pas sur le rendement.
    On choisit la solution la plus optimale, en poids de corps, afin de faire le max de blé.
    C’est très jeune que la rentabilité est la moins mauvaise.
    La filière de la pédophilie alimentaire est en marche et les cartes des restaurant gastronomiques se transforment en propositions les plus alléchantes, les unes que les autres : veaux, porcelets, agneaux, poussins, marcassins qui font saliver rien qu’à la lecture des intitulés.
    Consommer de jeunes vies est excitant et les restaurateurs savent comment déclencher l’envie.
    Donc on zigouille,très près de la venue au monde et on tente de valoriser en proposant de la tendresse moins rougeonnante que dans le cas d’adulte.
    Le culte de la blancheur du bambin animal oriente sa très brève découverte du monde,dans les cellules confortables placées à quelques mètres des grilles où les mères sont nourries.
    La proximité entretient l’espoir et le tableau ressemble à une grande crèche de noël où les figurines sont multipliées par le nombre de « têtes » de bétail.
    « Entre le boeuf et l’âne gris, dort, dort, le petit fils, mille anges divins etc etc. »…
    Que c’est beau.
    Vu comme cela,le boiteux,boueux, qui « soigne » les animaux, aux commandes de son bull articulé,ressemble à un forçat, condamné à perpétuité,au service de créatures confortablement installées sur un matelas de luxe,pendant que leurs bambins batifollent dans leur mètre carré de plaisir.

    Mais au moins, le forçat a gagné la perpétuité,par choix personnel.
    Alors qu’il ne vienne pas se plaindre des conditions de travail qu’il a choisies.
    D’autant plus que ce sont les chevaux vapeur qui travaillent le plus.
    Je connais tellement bien ce monde que fort naïvement,j’ai fréquenté durant 20 ans, du matin au soir et du soi au matin.

    Les autres ont étés condamnés par l’espèce dominante de la planète bleue,à mort et aux travaux forcés, jusqu’à celle-ci.
    Ceux qui naissent, entretemps, pour que tourne le manège, valent moins que l’embryon congelé de l’espèce qui sait.
    « Parce que je suis le fruit d’une intention et vous tous, êtes à mon service ».
    Foi de ce vieux bouquin poussièreux écrit sous l’emprise du gêne de l’égocentrisme si chèrement ancré en l’espèce qui s’exprime et donne des leçons de morales.
    Je terminerai par un exemple simple de ce que peut être un lien affectif et des choix et conclusions qui peuvent en découler.
    Contexte, somme toute banal:
    J’ai un contact profond et complexe avec divers animaux dont le m’occupe.
    Certains m’accompagnent 24 h sur 24, tant j’ai à apprendre et prendre d’eux et donner.
    Quelqu’un me demande si je devais choisir entre la mort d’un de mes compagnon,ou la mort d’un inconnu à 124 km de chez moi, qui je déciderais de garder.
    Réponse, sans hésitations : fleur, neige, chipie et bandit.
    Mais si cette personne habitait à 10 km de toi ?
    Réponse : idem.
    A 100 mètres de toi ?
    Réponse : idem.
    Et si c’était un enfant à 56 mètres de chez toi ?
    Réponse : idem.
    Et ainsi de suite jusqu’à arriver au moment où je vais décréter que la question est absurde car elle me force à faire un choix auquel s’opposent deux liens affectifs qui se ressemblent en force et puissance.
    Je pense que beaucoup de personnes dans mon cas auraient les mêmes réponses.
    Donc parler de classer une espèce devant une autre,pour n’importe quelle raison que ce soit, n’a pas réellement de sens en regard de liens affectifs que l’on se crée.
    C’est ça la valeur de toute chose,bien plus que l’estimation religieuse qui définit le coût d’un être.

    • 11 avril 2014 · 11h07 Sylvie

      Le boiteux, boueux dont vous parler ne se plaint pas toujours de son sort. Il souhaiterais simplement pouvoir continuer à faire un travail en lequel il croit. Si vous seriez près à sacrifier la vie d’un enfants pour que votre chien (ou autre espèce animal) survive, c’est votre choix. Seulement, je ne crois pas qu’il serait partagé par la majorité de la population. Je considère que le portrait que vous faites de l’agriculteur est dégradant et manque de respect. (Je prend une douche toute les jours et je n’ai aucun problème de démarche). Vous faites peut-être preuve de spécisme vous aussi…mais dans le sens contraire, à préférer les animaux aux humains. Si le monde agricole ne vous a rien apporter, et bien passer à autre chose et laisser le en paix. Il serait possible que pour d’autre, ce monde donne un sens à leur vie qu’il n’aurait jamais espéré trouver. Je respecte les choix de vie des gens, qu’il soit alimentaire ou philosophique. Mais je réclame le droit de ne pas les partager et d’être aussi respecté.

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  • Élise Desaulniers
    Ex-marketeuse devenue blogueuse, conférencière et auteure (Je mange avec ma tête, Vache à lait). Je m'intéresse à l'éthique, à la psycho, à la socio et à tous les sujets qui exigent des notes de bas de page.

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