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4 découvertes déli-délicieuses un peu hors contexte

2 novembre 2014 · Divers · Joseph Elfassi
4 découvertes déli-délicieuses un peu hors contexte

Vous devrez me pardonner, chers consommateurs virtuels d’informations quotidiennes dont la durée de vie est plus courte que celle d’une fille appréciant le sexe dans un film d’horreur des années 90. J’ai récemment fait des découvertes de tous genres, qui échappent un peu à la promotion ponctuelle de billets reliés à la déouverte de l’actualité, et je prends ce petit moment d’un dimanche glorieusement ensoleillé et froid pour partager ces découvertes et, par le fait même, remercier ces gens qui ont, volontairement ou non, placé des diamants réels sur mon parcours virtuel. 1. Littérature:  The Dice Man, de Luke Rhinehart. Le plaisir que j’ai à lire ce livre est incroyable. Il est rapidement en train de faire sa place dans les potentiels huit derniers livres dans ma liste des dix meilleurs que je n’ai jamais lus, après 1984 et Cent Ans de Solitude (ces deux-là seront difficiles à déloger). Effectivement, Dice Man se bat avec L’Énigme du Retour de Dany Laferrière, American Pastoral de Philip Roth, Lolita de Nabokov, City d’Alessandro Barrico et The Satanic Verses de Salman Rushdie. Mais de [...]

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Sophie Durocher m’a fait réfléchir

28 octobre 2014 · Société · Joseph Elfassi
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Il est plutôt rare qu’une idée de Sophie Durocher m’inspire une réflexion poussée, au delà de l’indignation ponctuelle justifiée par le rapport stupéfiant entre sa visibilité considérable et les failles toutes aussi considérables dans sa logique que je vois dans la plupart de ses arguments (une version antérieure de ce texte contenait une formulation différente que j’ai jugé inutilement agressive). Mais tout récemment, elle a exprimé une petite réserve quant aux nouvelles publicités du Guide Resto Voir dans lesquelles on met en scène un juif, un catholique et un musulman, chacun visiblement religieux et pratiquant, autour de la même table et du même guide de la restauration. En pleine période d’attaque à St-Jean et à Ottawa, disait-elle, il est peu probable, illusoire même, de voir un juif, un catholique et un musulman autour d’une même bonne table. Outre la réaction virtuelle immédiate que ça m’a inspiré (un souper pseudo-corpo avec deux collaborateurs de différentes plateformes du VOIR chez un client du VOIR), j’ai réalisé que ce genre de pensée était symptomatique d’un mal plus large qui dépasse de loin les seules limitations culturelles de Sophie Durocher. Dernière parenthèse avant d’entrer dans le vif du sujet, je le jure: [...]

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Le narcissisme occidental survit à tout

26 octobre 2014 · Société · Joseph Elfassi
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Le narcissisme occidental survit à tout

Je trouve ça particulièrement sidérant à quel point la nouvelle factuelle d’une attaque terroriste au Parlement soit devenue si vite une affaire de perception de soi nord-américaine. Le moment de l’annonce, toutes les pensées appréhendaient immédiatement un responsable musulman, certains que ce seul fait pourrait donner davantage de propulsion à un malaise occidental avec le monde arabe qui ne perd pas vraiment de vitesse. Certes, la réaction est facile à anticiper. Compréhensible, aussi. On se fait nourrir beaucoup d’information inquiétante, ce n’est pas une simple nouvelle, un geste de violence absurde, c’est peut-être une attaque existentielle qui, si elle s’en prend au plus grand symbole de l’autorité canadienne, pourrait trouver sa prochaine cible dans n’importe quel élément canadien, ou québécois, comme on l’a bien vu. Bref, l’inquiétude, ça se comprend. Ce qui me fascine, par exemple, c’est que les médias, et il y a rien de nouveau dans cette analyse j’imagine, s’intéressent davantage à adresser ces craintes, leurs sens, à se poser la question si telle pensée est raciste, intolérante, ou tout simplement issue du gros bon sens. Les questions se posent, et au final, ce qu’on fait, à part un portrait rapide d’une entité hostile dont le fonctionnement et [...]

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Ce billet de blogue ne parle pas du nouveau visage de Renée Zellweger

21 octobre 2014 · Humeur, Société · Joseph Elfassi
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Cet après-midi, tandis que se déferlait le torrent de commentaires à l’égard du nouveau visage méconnaissable de Renée Zellweger, j’ai senti un besoin de riposter à certaines blogueuses féministes qui affirmaient qu’on n’avait pas le droit de commenter sur sa nouvelle apparence (je simplifie à outrance). Le problème n’est pas son visage, c’est nous, disait-on dans un article. J’ai voulu écrire un article, expliquant pourquoi je pensais que le visage de Zellweger faisait partie du domaine public. Qu’on avait, somme toute, un droit de regard. Mais je suis tombé sur un obstacle bien particulier au troisième ou quatrième paragraphe: ma propre pensée. En développant mon idée, j’ai réalisé que le Joseph qui était en train d’écrire le quatrième paragraphe n’était pas en accord avec le Joseph qui avait écrit le premier. J’ai bien des défauts que je ne nommerai pas ici par pudeur, mais je maintiens une certaine fierté quant à une potentielle rigueur intellectuelle. J’ai envie d’avoir de la suite dans mes idées. Et la suite de mes idées, si on suivait disons certains principes de logique, d’éthique et de compassion qui me sont chers, faisait en sorte que ma conclusion différait drastiquement de ma thèse. Elle rejoignait, [...]

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Répondre au questionnaire identitaire de Mani Soleymanlou

3 octobre 2014 · Humeur, Scène, Société · Joseph Elfassi

Mon collègue Philippe Couture a répondu au questionnaire identitaire de Mani Soleymanlou. Le tout se fait dans un contexte théâtral intéressant que je vous laisserai lire dans le cadre de son billet de blogue. Étant moins mordu de théâtre, je laisse l’autorité locale sur la chose vous en parler. Entre temps, je fais appel à mon nombrilisme et je réponds à cet intéressant questionnaire de Mani Soleymanlou. Quel est votre prénom ou votre surnom ? ­     Joseph. Je n’ai jamais vraiment eu de surnom, sinon un « Jojo » affûblé par ma mère et une collègue en journalisme, jadis. Comment définissez-vous «l’identité» ? Ce mot a-t-il un sens pour vous?  Je vois l’identité comme un terme initialement personnel qui peut être monopolisé par des instances généralement malveillantes qui se cacheront sous le couvert du bien collectif. L’identité, c’est le résultat mouvant et flexible de multiples appartenances et de différents gestes qui finissent par nous forger. Il a un sens pour moi, ce mot, dans le sens que j’ai la profonde impression que l’identité est un buffet à volonté et non pas un plat qui nous est servi quand on naît. Il y a un effet paradoxal intéressant, où, pour moi, quand je [...]

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Contact

26 septembre 2014 · Humeur · Joseph Elfassi

Le concept même de la voiture m’a toujours frappé. Plus que mon seul corps, c’est ma peur qui embarque à coup sur au coté passager, tandis que nous nous promenons tous dans ces véhicules. Ce qui me frappe, dans la voiture, c’est la condition nécessaire à son utilisation optimale: un contact minime, sinon absolument inexistant, avec tout élément extérieur à la voiture. C’est peut-être issu de là, ma maladresse légendaire avec les autres. Légendaire. J’exagère. Mais bien réelle. Qu’est-ce que ça dit sur nous quand un des objets les plus convoités de notre époque, qui représente quasiment à lui seul le progrès et l’accomplissement en Amérique du Nord, vit sereinement uniquement lorsqu’il est en dehors de tout contact avec les autres? Que dire de quartiers et de villes apparus pendant les périodes fastes d’une société désormais en déclin qui laissent des immenses espaces aux voitures, mais si peu aux simples piétons? Existons-nous mieux en parallèle? J’ai toujours vu Montréal comme des solitudes parallèles, qui co-existent, une toile éternellement renouvelée de rencontres nocturnes et passagères: des petits accidents de voiture, certains qu’on regarde pendant des années en contemplant l’horreur du contact, d’autres qui nous laissent des petites égratignures, qu’on ne veut [...]

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Quelques réflexions inutiles sur la mort au cinéma

7 septembre 2014 · Cinéma, Humeur · Joseph Elfassi
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Quelques réflexions inutiles sur la mort au cinéma

Contrairement à l’auditeur préalablement informé, le chef de la sécurité de l’hôtel de Las Vegas est absolument inconscient de sa mort imminente, tandis qu’il parle à un assassin en quête de sang prétendant être un agent du FBI. Cette scène de Smokin’ Aces est d’une terrifiante ironie. Devant l’imposteur mortel, le chef de la sécurité (interprété par Matthew Fox, aka Jack dans Lost) explique tout ce qu’il faut pour que ce mercenaire se rende à sa cible, allant même jusqu’à raconter l’étendue de sa surveillance de l’hôtel, grâce à ces caméras qui lui permettent de tout voir, en tout temps. Tout, sauf la mort, devant ses yeux. Il est tristement trop tard lorsqu’il commence à se rendre compte que tout ne tourne pas rond, puisque Acosta (Nestor Carbonell) le poignarde chirurgicalement, plongeant immédiatement sa victime dans un état de semi-conscience éclairée; conscient de sa mort imminente, mais comme empoisonné par un venin paralysant, la victime, morte en réalité depuis plusieurs minutes, se fait guider vers la pénombre par son bourreau. Il se laisse aller vers le sol, tandis qu’Acosta le somme de fermer les yeux. « Ne laisse pas ce visage être la dernière chose que tu [...]

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Nos politiciens: quelles autorités morales?

25 août 2014 · Humeur, Livres, Société · Joseph Elfassi
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J’ai été impressionné la semaine dernière par les réactions vives inspirées par la citation du ministre Yves Bolduc, affirmant que nos enfants ne mourraient pas d’absence de davantage de livres dans leurs écoles. Une autre citation de Denis Lebel à propos de la nature malveillante des bénéficiaires de l’assurance-emploi a généré moins de frustration générale mais a contribué à une semaine de vacuité morale en provenance de nos élites politiques. Ce qui m’étonne le plus, c’est qu’on continue de voir les politiciens comme des potentielles autorités morales, dont les paroles pourraient nous enrichir spirituellement ou nous rassembler autour d’idées positives et motrices de changement. Combien de fois devra-t-on être dégoûté de l’ignorance crasse de nos politiciens professionnels, de leur absence de culture et de finesse, de leur manque de compassion, de leur incapacité à comprendre clairement des enjeux, avant de comprendre que le rapport ne devrait plus être un de dialogue composé de mots et d’idées intéressantes, mais bien d’un pur rapport de force basé sur l’équilibre constant entre leur pouvoir politique et notre volonté collective de poser des gestes de pression via la mobilisation, les lobbys, les boycotts et les grèves? Notre société est composée d’être brillants [...]

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Robin Williams: hommage à un homme qui a illuminé mon enfance.

13 août 2014 · Cinéma · Joseph Elfassi

Le grand commis aux lunettes, maigre et élancé, se promenait parmi les rangées du magasin de location de dvds mourant avec l’aise d’un chef d’orchestre répétant une millième fois un air banal. Je n’ai pas mis les pieds dans un tel endroit depuis près d’une décennie, et pourtant me voilà, avec d’autres clients hagards, des vautours cinématographiques voulant ajouter quelques jolies pièces à une collection déjà désuète. Habilement, le commis dirigeait les clients, répondait à leurs questions d’anciens habitués retournant une dernière fois dans un bateau coulant abandonné par tout potentiel capitaine mais encore occupé par un matelot lucide devant le naufrage. Les visages de célébrités qui ont meublé ma jeunesse déferlaient dans les rangées, me rappelant visuellement la chronologie de leur carrière: d’extra à acteur de soutien à vedette internationale à ange déchu d’un Hollywood cruel. Arnold le surhomme monstrueux et injuste. Tom Cruise en sauveur incompris et intense. Et Robin Williams. Les visages déferlent, et celui-ci restera gravé longtemps dans la mémoire collective: un bijou rare d’humour, d’intensité, d’absence totale de peur du ridicule. Pourquoi on l’aime, ce Robin Williams? Parce que l’élément le plus instable dans Flubber, ce n’est pas Flubber. Parce que ce qu’il y a [...]

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Tant qu’à y être, achètes-en 5.

13 août 2014 · Livres · Joseph Elfassi
Tant qu’à y être, achètes-en 5.

Je suis peut-être irrationnellement irrité par la récente initiative « Achète un livre québécois » probablement à cause de son caractère un peu trop humble. J’aime lire, donc quand je transpose la nature de l’initiative à d’autres phénomènes culturels, ça me semble absurde: La journée pour aller voir un show d’humour québécois. Le jour de l’écoute d’une chanson québécoise. Film québécois: la journée. Le dernier semble plutôt tristement approprié, en fait. Mais bon, plutôt que de continuer d’expliquer pourquoi la formulation spécifique de cette journée m’a embêté (c’était hier, le temps passe si vite), moi je vous dis, tant qu’à être dans une librairie qui présente des livres québécois, voici 5 suggestions à ajouter à votre panier.   1. L’Énigme du retour. Ce livre apparaît dans trop de mes palmarès personnels. Meilleur livre de Dany Laferrière à mon avis, un des 5 meilleurs lus de ma vie, il s’agit pour moi de la meilleure lecture québécoise dans mon expérience littéraire personnelle. Quelques années avant son entrée à l’Académie, Dany Laferrière est déjà au sommet de sa forme, racontant dans ce récit la mort d’un père à qui il n’a parlé qu’à travers une [...]

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