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Marc Beaupré, Yourcenar et Pierre Foglia: ma quête vers 500.

28 février 2015 · Divers, Livres, Société · Joseph Elfassi
Marc Beaupré, Yourcenar et Pierre Foglia: ma quête vers 500.

J’ai versé une larme, littéralement, en lisant cette dernière chronique officielle de Pierre Foglia. Il y a de ces hasards. Malgré les quelques dérives notables d’un chroniqueur hors-pair (et quand je dis « dérive » je veux dire le maintien d’une distance considérable entre ses principes et les miens), Foglia reste évidemment une référence littéraire et journalistique pour moi. Imbécile ignare à l’université, je le lisais avec une certaine vénération, contemplant de loin le métier de chroniqueur, quelque chose qui se méritait après des dures années de travail journalistique pur, selon mes profs pertinents d’un programme qui l’était plus ou moins. La vie fait de ces hasards. Il y a quelques mois, j’ai demandé à dix personnalités médiatiques ou littéraires locales de me recommander un livre chacun, et ce, dans le cadre d’une quête bien personnelle. Je compte tous les livres que je lis. J’ai la liste. Et en m’approchant de 500, je voulais que les dix derniers soient relayés sur ce blogue, avant la publication pompeuse et inutile de ma liste, sorte de montage photoshop de tous mes selfies au gym, mais version intello, mettons. J’ai reçu des réponses, [...]

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Je radote. Je vieillis, c’est pour ça.

23 février 2015 · Humeur · Joseph Elfassi
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Les lieux de transition sont habités par une douce ironie. Les stations de métros, comme les terminus d’autobus ou bien les aéroports, représentent parfaitement la notion même du mouvement, de la route vers l’Autre (ou le travail, pour le premier), bref, d’un déplacement qui brise la sédentarité de ses utilisateurs occasionnels ou récurrents. Cette ironie se perçoit rapidement pour quiconque manque un train, reste longtemps à attendre un compagnon tardif, ou se voit obliger de passer des heures de terminal à terminal dans la froideur sécuritaire des aéroports modernes: c’est la redondance. Dans le rythme effréné de notre échappatoire individuel, on fait exprès de croiser un minimum de regards. Les quelques informations qu’on croise sont pratiques (le chemin vers notre destination brouillant le reste), commerciales (pub sur pub sur pub) ou personnelles (quelques graffitis peu emballants ici et là), mais en général, on est habité par une force unidirectionnelle qui cherche le moyen le plus certain et rapide vers notre destination. Mais c’est quand on reste, qu’on la perçoit, cette ironie: ces symboles de la route, du changement et du déplacement sont des petits enfers redondants, chacune de ses expressions sonores ou visuelles le rappel tranquille et fataliste d’une redondante [...]

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Échapper au centre

15 février 2015 · Divers · Joseph Elfassi
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Ces temps-ci je me demande si on peut échapper à la culture. Je ne parle évidemment pas de celle qui, lorsque transformée en industrie, nous recrache des morceaux d’arts standardisés selon différents modèles et différentes plateformes. Je parle de celle qui domine, celle qui intéresse les anthropologues rigoureux qui se rendent loin dans des tribus africaines pour en déceler les us et les coutumes, les tabous, les traditions. J’ai l’impression qu’un libre penseur, une sorte d’étiquette à laquelle j’aspire en réalisant que c’est contradictoire d’aspirer à une étiquette et se considérer libre penseur, ne peut être libre que lorsqu’il est excentré. Lorsqu’il n’a plus rapport avec un centre idéologique, un quartier général philosophique, la zone gravitationnelle forte qui modèle les débats et les discours populaires. À la Saint-Valentin, j’étais pris d’une conscience aigüe de mon identité. Si je me considère enrichi par mes origines marocaines, américaines, françaises et canadiennes, et si je m’enorgueillis grâce à mes expériences de vie à Rouyn-Noranda et à Toronto, cela ne fait pas de moi un apatride. Mon identité, je peux en être enrichi, mais j’ai l’impression de pas pouvoir en être affranchi. Je fais partie de mille géolocalisations, Facebook étant un de ces pays [...]

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Dieu, le houblon et l’erreur

30 janvier 2015 · Humeur, Société · Joseph Elfassi

Les festivités officielles de fin d’année nous forcent collectivement vers une surconsommation quasi forcée, où les excès de zèle sont non seulement permis, ils sont encouragés: les soirées arrosées, les cadeaux coûteux, les rencontres familiales, les chocolats chauds…pendant la période la plus difficile de l’année d’un point de vue psychologique, on fait le plein de tout, des hamsters géants profitant de cette rare pause professionnelle pour essayer d’absorber avec un maximum de joie de vivre ces petits plaisirs qui nous sont privés à l’année longue. Et après les plaisirs viennent inévitablement les sevrages. Ce moment de folle inconscience de soi a amaigri votre compte en banque, élargi la taille de vos pantalons, affaibli votre rigueur académique? Il faudra inévitablement sentir une certaine culpabilité, et il faudra lier à cette culpabilité des résolutions irrationnelles qui trouvent leur raisonnement dans l’application rigoureuse de nouveaux comportements qu’il faudra suivre à la lettre sinon…sinon quoi? Donc on se donne des défis qui durent des mois, puisque avec le temps nous réalisons que nous sommes trop faibles ou trop humains pour des résolutions annuelles qui ne sont, au fond, qu’un pacte sadique que nous signons avec nous-même, tandis que personne ne regarde vraiment votre ligne, [...]

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Une plume de plus pour quelques coups de fouets de moins

22 janvier 2015 · Société · Joseph Elfassi
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On ne me fouettera jamais pour avoir écrit ce texte. Raif Badawi, lui, a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans prison pour avoir blogué. Les suites habituelles d’un billet de blogue Les conséquences potentielles de mes textes sont somme toute relativement prévisibles. Si Raif Badawi peut anticiper mille coups de fouet, je peux espérer mille likes, tout au plus. Je peux imaginer que certains contacts sur Facebook vont le partager, quelques abonnés Twitter également. Si le texte est particulièrement inspiré, il me vaudra peut-être une félicitation en privé d’un lecteur enthousiaste, ce qui me surprend et m’émerveille toujours. S’il est particulièrement pertinent, il sera peut-être mentionné ici ou là à la radio. Un ami Facebook pourrait m’en parler dans deux mois tandis qu’on se rencontre en personne accidentellement dans un bar ou dans la rue. Si je devais en anticiper les réactions négatives, je pourrai m’imaginer des partages publics d’indignation, des discussions en groupe privés, des répliques acerbes suite à une lecture insatisfaisante. Si mon texte est excessivement incendiaire, décousu ou injurieux, il pourrait me valoir des poursuites, des mises en demeure, un renvoi, une ostracisation de mon propre réseau médiatique de lecteurs et lectrices. Si [...]

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À qui servira la haine?

14 janvier 2015 · Humeur, Société · Joseph Elfassi
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C’est la haine qui a poussé aux massacres sordides à Paris en ce début d’année. Et la réaction que ce geste horrible inspire en premier lieu puise inévitablement dans les mêmes sources intarissables de la haine à l’origine de l’acte. En ce sens, la réaction violente qu’elle inspire en nous, qui nous associons inévitablement aux victimes, est compréhensible, naturelle, la conséquence inévitable d’une agression si existentielle. Le confort rassurant et communautaire de cette haine, cependant, est un pur piège, qu’on se tend soi-même. Il faut savoir qu’il existe un écart énorme entre ceux qui ressentent la haine, spectateurs impuissants d’une danse macabre continue entre des élites violentes, et ceux qui l’exploiteront sans scrupules ou gêne aucune. Il ne faut que puiser dans les dernières décennies, de celles qui ont suivi le 11 septembre, ou de celles qui les ont précédé, pour comprendre que la haine collective ressentie à l’égard de l’autre (ici, évidemment, des musulmans) ne profitera pas aux citoyens craintifs à la recherche de vengeance ou de solutions radicales pour éradiquer un problème aussi difficile à comprendre qu’à régler. Mais en assumant pleinement notre haine, en la rendant décomplexée et assumée, on donne le pouvoir à des gens aux [...]

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Le temps passe

5 janvier 2015 · Humeur · Joseph Elfassi
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Stephen Colbert a tiré sa révérence de façon plutôt épique lors du dernier épisode de The Colbert Report. Passé un peu inaperçu, on assistait également à la fin de l’émission nocturne de Craig Ferguson. Localement, Denis Talbot a animé le dernier épisode de M. Net en parfait gentleman. Et beaucoup plus près de mon coeur, l’ami et collègue André Péloquin annonçait son départ du VOIR, voguant vers d’autres cieux professionels. Le temps passe. J’embarquais pour la enième fois dans un autobus Maheux bondé en direction de Rouyn-Noranda, bout de pays dans lequel j’ai vécu pendant cinq ans, y découvrant des amis, des amours et des peines qui m’étaient préalablement privées en tant que petit garçon qui, tranquillement, devenait grand. Ma première copine sérieuse m’a marqué, une décennie plus tôt, en expliquant qu’elle enlevait toujours ses souliers quand les roues du grand bus commençaient à tourner, se rapprochant de la métropole québécoise ou bien de la capitale nationale du cuivre. C’est une tradition que j’ai adopté, mais quand cette même femme m’a retrouvé samedi matin au terminus, mes pieds ne s’étaient jamais libérés de leurs bottes protectrices. C’était peut-être le froid de ce grand bus. C’était peut-être parce qu’il était constamment [...]

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7 expériences culturelles pour clore 2014

28 décembre 2014 · Arts visuels, Cinéma, Création, Musique, Scène, Société · Joseph Elfassi
7 expériences culturelles pour clore 2014

Si la démocratisation des moyens de production artistiques et créatifs, jumelé à l’accès massif à Internet, a contribué à une explosion culturelle, on a aussi assisté à une uniformisation de notre consommation culturelle. Exit les lecteurs CD, les DVD, les magazines et les livres, tout se consomme plutôt facilement sur une tablette, un téléphone ou un ordinateur, bref, un écran plat. Les concerts font encore exception à cette règle, tout comme les salles de cinéma (si on y va) mais règle générale, notre consommation culturelle est aplatie. C’est pour ça que j’ai vraiment aimé aller au musée. Certes, l’exposition au Musée des Beaux-Arts de Montréal, de Van Gogh à Kandinsky, s’est avérée traditionnelle et conservatrice, mais ça reste une consommation active de culture. C’est tout le corps qui décide de se placer devant une œuvre et de la contempler. 1. Musée d’art contemporain En ce sens, j’ai vraiment apprécié la Biennale au Musée d’art contemporain. Différents artistes de différents pays qui exposent des toiles, parfois cachées par des rideaux [...]

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Mais quel génocide, Claude Péloquin?

9 décembre 2014 · Divers, Société · Joseph Elfassi
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Je suis régulièrement estomaqué par l’argumentaire identitaire qui souhaite limiter l’immigration. On ne parle jamais vraiment de racisme, de cette peur intrinsèque et naturelle qui habite l’être humain et qui le pousse à la crainte de l’Autre. Intuitivement, historiquement, on sait qu’il est plutôt mal vu de pointer l’autre du doigt, celui dont la couleur nous effraie, celui dont la langue nous est étrangère, celui dont les coutumes varient terriblement des nôtres (et nous dé-centrent de l’expérience humaine), et de dire que c’est sa différence ethnique, religieuse ou culturelle qui nous irrite. C’est mal vu. Le Québec meurt, selon le dude qui a dit « Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves? » Enfin, c’est mal vu, mais certains le font plus explicitement, comme le poète Claude Péloquin à l’émission Plus on est de fous, plus on lit, testant les capacités de l’animatrice Marie-Louise Arseneault qui a, avouons-le, brillamment relevé le défi du malaise radiophonique imposé par notre poète national. L’argument généralement utilisé, c’est la menace du nombre. C’est toujours une question d’invasion tranquille. Péloquin fait même une référence au génocide amérindien, comme si l’arrivée massive de musulmans d’Afrique du Nord, dans une politique contrôlée par l’État, pouvait réellement [...]

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Ce Show ne sera pas renouvelé non plus

28 novembre 2014 · Création, Humeur, Société · Joseph Elfassi
Ce Show ne sera pas renouvelé non plus

Tandis qu’on apprend la triste nouvelle de la fin de M. Net à Musique Plus, suivi de l’annonce de la fin de l’émission Haut-Parleurs à la même station, une troisième mauvaise nouvelle se présente pour la station de télé installée sur Sainte-Catherine: l’émission Ce Show, animée par Mike Ward, ne sera pas renouvelée. L’émission était animée par Mike Ward, laissant la place, après ses chroniques personnelles, à des vidéos de jeunes créateurs de la relève: Catherine Éthier y proposait les conseils de vie les plus loufoques pour survivre à la modernité, Les Pic-Bois renouvelaient quotidiennement le rapport à l’absurde et Bande-Pensante (le monstre tordu sorti de l’esprit brillant de Julien Bernatchez) y présentait les délices récurrents d’un cauchemar qui sent le cheez-whiz et l’appartement moisi. En plus des chronqiues de la relève créative, Ce Show présentait également des performances musicales, ayant vu passer sur la scène du plateau des grands noms tels que Mononc Serge, Voivod et Loco Locass, pour ne nommer que ceux-ci. On pouvait aussi voir, d’un autre, les performances en direct de groupes comme Gazoline et GrimSkunk. Bien triste journée pour la télévision locale [...]

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