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Climat: l’urgence d’agir

22 avril 2014 · Société · Joseph Elfassi
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Tout d’abord, pour qu’un quelconque représentant du peuple, décideur ou élite politique puisse attire mon attention et être considéré crédible, il faut que celui ou celle-ci considère comme première priorité l’urgence de réagir rapidement à la situation environnementale qu’on pourrait qualifier, selon un consensus scientifique mondial, de catastrophique. Cette urgence est particulièrement flagrante lorsqu’on réalise la lenteur de la réaction humaine générale concernant des évidences qu’on pourrait qualifier de crasses. Prenons la situation des femmes dans le monde : il  aura fallu plusieurs millénaires (des millénaires) de coexistence pour que, dans certains endroits bien spécifiques et bien rares du globe, la femme soit considérée comme l’égale de l’homme, via des combats lents, douloureux, dans lesquels des femmes brillantes ont dû passer des vies entières à convaincre des hommes imbéciles mais puissants ou satisfaits de leur situation qu’elles étaient leur égale. On retrouve une situation similaire avec les Noirs, par exemple, où, aux États-Unis, cela a pris plusieurs siècles avant que les Noirs aient pu convaincre leurs concitoyens qu’ils n’avaient pas vraiment le droit de les traiter comme des bibelots ou des charriots ou un balai. Si je me permets cette parenthèse d’inégalités sociales c’est pour montrer que le temps de réaction [...]

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La mort d’un géant

17 avril 2014 · Divers · Joseph Elfassi

Je ne suis pas un expert de cet homme à qui je voudrais écrire cette lettre même si je ne crois pas en la vie après la mort. J’ai du montage à faire, des rendez-vous, et c’est après tout un étranger: un vieil homme, assez vieux pour qu’on s’attende qu’il meure bientôt. Un prix Nobel de littérature, comme il y en a quelques uns. Je vais être franc: je n’ai lu que deux livres de sa bibliographie imposante, soit l’inévitable Cent ans de solitude et L’amour au temps du choléra. Si ce dernier était fabuleux et riche, et qu’il expliquait avec merveille la chronologie injuste et arbitraire du vieillissement naturel des couples amoureux, c’est surtout son premier qui m’a absolument bouleversé. Il m’est impossible de dresser une liste de mes livres préférés sans mentionner Gabriel Garcia Marquez et son imposant « Cent ans de solitude », qui raconte les cent ans d’une ville sud-américaine fictive, dans laquelle sied une énorme famille dans une maison presque vivante. Vous connaissez le terme, réalisme magique, eh bien, on peut l’attribuer à certains auteurs mais c’est cet homme qui a mis ce terme sur la mappe. C’est la force imaginative de ce seul esprit qui a [...]

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La Première ministre et les Premières Nations

8 avril 2014 · Divers · Joseph Elfassi
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Bien que mes réticences à l’égard des récentes initiatives du PQ soient nettes et évidentes (je fais référence ici surtout à la charte et à la présence de PKP à l’Assemblée Nationale, en gros), je dois avouer avoir trouvé le spectacle de la passation des pouvoirs assez obscène hier lorsque les trois prétendants au trône de Marois se sont présentés devant les militants du parti. L’empressement explicite et évident de Lisée, Drainville et Péladeau de s’afficher comme le potentiel successeur de Marois ne rend pas hommage à ce que l’on doit tous considérer comme une femme d’État d’une rare importance dans l’Histoire du Québec. Je dis ceci avec les bémols qu’imposent des décisions récentes avec lesquelles j’ai un profond désaccord. Mais on ne peut pas nier l’importance de cette chef qui a littéralement changé la donne pour les femmes au Québec, servi la cause souverainiste pendant des années et nettement amélioré le sort de nombreux québécois pendant les trente années d’une présence politique à peu près sans égal au Québec. Bien que les scores fussent terribles, Pauline Marois méritait un hommage qu’elle n’a jamais reçu sur scène. Elle méritait qu’on la traite avec le respect et la révérence qu’on réserve [...]

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Quelques reflexions tardives sur l’abstentionnisme

7 avril 2014 · Divers · Joseph Elfassi
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S’il vous plaît, interprétez ce qui suit comme une petite reflexion sur une pensée politique taboue plutôt que d’un prosélytisme idéologique. Je n’essaie aucunement d’inciter qui que ce soit à voter ou non. Je cherche tout simplement à trouver les failles potentielles dans un discours critique à l’égard de l’abstentionnisme. Dans la rhétorique qui mène à l’humiliation potentielle de l’abstentionniste (ce que j’appelle le slot-shaming), l’électeur expliquera à l’abstentionniste que son abstention ne présente pas de solution au problème politique actuel qui est assez difficile à nier. Ce faisant, l’électeur avoue explicitement participer pleinement au problème actuel, faute d’avoir trouvé de solution. Génial. Dans la rhétorique électoraliste, on érigera comme profession de foi que le vote d’un électeur progressiste habitant dans un château-fort libéral ou péquiste comptera quand même. Cette prédiction est davantage basée sur une profession de foi que sur l’illustration technique d’une route tangible qui mène de l’urne aux résultats concrets à court, moyen ou long terme sur le paysage politique québécois. Ainsi, il faut plutôt faire confiance aveuglément aux conséquences positives du vote, en faisant abstraction assez rigoureuse des éléments contredisant cette affirmation. Voter, c’est un peu comme prier. Pourquoi ne pas le faire, au cas où? [...]

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La cassette de Couillard et l’étroitesse des médias

5 avril 2014 · Divers · Joseph Elfassi
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Je revenais du spectacle épique qui clouait supposément l’existence médiatique de Gab Roy. Décidant de me protéger de la pluie qui s’abattait sur une Saint-Laurent martelée par les talons de propriétaires de jupes écourtées, j’ai pris un taxi. Expérience banale s’il en est, le radio présentait des nouvelles politiques, et un extrait de Philippe Couillard nous rappelait, une millième fois, que sa priorité était l’économie et la création d’emplois. En soi ce sont des priorités nobles, avec lesquelles personne ne peut exprimer un désaccord de principe. Ce qui me frappe, c’est le mépris pour le journalisme et l’abus explicite de pouvoir qui vient de cette utilisation éhontée de la cassette. En gros, cela veut dire qu’en général, si vous parlez à Philippe Couillard, il vous expliquera l’importance des emplois (et le danger potentiel d’un référundum), même si vous lui avez posé une question sur l’environnement, la culture, nos rapports avec la superpuissance américaine ou le partenaire canadien. Philippe Couillard ne vous parlera que d’économie, en sachant très bien que si vous lui parlez, par souci d’équité et de prétendue neutralité journalistique, vous allez être obligés de le citer. Et si vous devez le citer, vous allez devoir puiser dans ce [...]

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Le vrai et le vieux

19 mars 2014 · Humeur, Société · Joseph Elfassi
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La rhétorique du “vrai” est particulièrement méprisante. Calqué sur le modèle TVA, le Parti Libéral du Québec a comme slogan « Ensemble, on s’occupe des vraies affaires », et on y entend, de manière implicite, qu’on parle avec « des vrais gens », comme s’il existait quelque part des gens pas vrais, des gens artificiels, des robots redondants sans idée propre qui ne manifestent jamais une initiative originale et qui mentent sur une base régulière devant camérs et audiences…en tous cas. Ce que je trouve méprisant, c’est qu’on ne me considère pas comme un vrai interlocuteur. Le vrai interlocuteur, semble-t-il, doit être celui qui regarde docilement LCN en se fâchant sur commande lors de la messe de Martineau. Ça, c’est une vraie personne, à qui on peut parler des vraies affaires, sans jamais effleurer la vérité, ceci dit. Mais moi par exemple, et mes amis, et la plupart de mes connaissances, et mon réseau, cette communauté de gens désillusionnés par une politique partisane, opportuniste et méprisante, nous ne sommes pas vrais. Nos aspirations, nos impôts, nos achats, nos besoins, nos problèmes, nos manques, ils ne sont pas vrais. Ils n’ont jamais besoin d’être adressés. Ne nous reconnaissant pas dans le « vrai » monde représenté par [...]

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Ma déception politique

27 février 2014 · Humeur, Société · Joseph Elfassi
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Ceci n’est pas une menace de quitter le Québec. Ceci n’est pas un règlement de compte public par rapport à un parti ou des opposants idéologiques sur des réseaux sociaux. Ceci est un billet trop long que personne ne lira au complet mais que je devais écrire. Au lieu de m’enliser dans une optique argumentative basée sur le cynisme, l’humour ou l’agressivité, j’ai plutôt opté d’y aller vers un premier degré honnête : dans la certitude de la défaite, à quoi sert un bouclier? Tout d’abord, je dois avouer que, tout jeune, devenir majeur signifiait pour moi non pas la possibilité de boire (déjà possible depuis longtemps), ni de conduire (je n’ai toujours pas de permis), mais de pouvoir voter. Je vote depuis que j’ai dix-huit ans, ayant manqué mon tour seulement aux dernières élections municipales, suite à une certaine confusion administrative reliée à mon retour montréalais. Mais bref, je vote depuis que j’ai dix-huit ans. En plein hiver, j’implorai ma famille à venir voter avec moi, et je finissais par braver la tempête tout seul pour me rendre dans ces gymnases scolaires, affirmant mes plaisirs électoraux sur les réseaux sociaux. J’ai même tenté de culpabiliser mes amis, il y a [...]

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The Disaster Artist: portrait d’un échec

30 octobre 2013 · Divers · Joseph Elfassi
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<em>The Disaster Artist</em>: portrait d’un échec

Tommy Wiseau, au meilleur de sa forme                     Nous sommes tous capables et coupables de médiocrité. Parfois, nous en sommes conscients pendant que nous la produisons : un certain sentiment de devoir nous appelle à compléter l’œuvre qu’on saura médiocre, une certaine gêne nous amènera à tenter de cacher la chose sous le tapis. Ça, c’est si votre nom n’est pas Tommy Wiseau. Tommy Wiseau, c’est le scénariste, réalisateur, producteur et acteur principal du film culte The Room, produit en 2003 avec des moyens mystérieusement faramineux (6 millions de dollars pour cette production indépendante). Initialement présenté comme un drame américain, cette histoire farfelue présente un homme supposément parfait et généreux se faisant trahir par sa fiancée et son meilleur ami. Mais la maladresse de l’ensemble de l’œuvre l’a transformée en comédie classique et indéfinissable, et le principal intéressé a su adapter le marketing par la suite pour profiter de la risée générale qu’inspirait son bébé monstrueux. Dix ans après la sortie de ce film, un des proches collaborateurs [...]

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Mise en scène messiannique

7 octobre 2013 · Humeur, Société · Joseph Elfassi

Le tout s’est joué un peu comme un film hollywoodien, enfin, comme une histoire souffrant d’une mise en scène parfois douteuse. Comme certains détesteront un film de Michael Bay avant sa sortie, la Charte des valeurs québécoises ne révélait pas beaucoup de mystère. Sur le fond, ses détracteurs et ses défenseurs étaient déjà armés : il suffisait de recycler sa chronique en ajoutant des références aux pauvres effets visuels des personnages secondaires (extraterrestres sans visages portant kippas, kirpans et voiles) et remettre en question la présence d’un personnage qui, encore une fois, devenait l’agneau sacrificiel de nos principes personnels : Jésus. En soi, le dévoilement de la Charte n’avait pas d’intention légale à proprement parler. Il suffisait tout simplement d’une mise en scène filmée respectant les codes de communications gouvernementales. Nous reprenons le pouvoir d’une province que nous sommes en train de perdre aux étrangers intégristes qui menacent même notre destin national. La souveraineté de notre province comme fin souhaitée. Des codes vestimentaires stricts comme moyens loufoques d’accéder à cette souveraineté. Pour revenir à Jésus, ce qui est étrange, c’est qu’il s’est intégré dans nos discours politiques et médiatiques un peu à la façon des Américains : on le nomme, [...]

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Les défenseurs de la Charte

11 septembre 2013 · Humeur · Joseph Elfassi
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Les défenseurs intellectuels de la Charte se rangeront assurément vers des nobles notions Républicaines, forçant tous les individus employés du gouvernement à être égaux, c’est à dire neutres et invisibles, devant le symbole de l’État. La défense intellectuelle de la Charte se base sur quelques présupposés. Le premier, plus grotesque, semble être une foi aveugle en les agents de l’État, en les instigateurs de la Charte: ceux-ci seraient mus, comme eux, comme les multiples xenéphobes appelant à l’extradition des étrangers, par un désir de cohérence envers des principes établis après la Révolution Tranquille. Le Parti Québécéois, selon les défenseurs intellectuels de la Charte, n’est pas ahistorique, il faut respecter la complexité de cette Histoire. Mais, pourtant, il serait en dehors de l’actualité et du calcul politique. S’il s’agit d’un simple calcul électoral pour mousser une base d’électeurs nationalistes déçus par le bilan du Parti, ce n’est pas si grave, car la fin justifie les moyens, apparemment. Évidemment, le calcul politique n’est jamais mentionné, la mauvaise foi non plus, la possibilité d’intolérance est inacceptable: la seule motivation derrière ce projet serait la fondation d’une république cohérente avec des principes laïques établis au Québec dans les années 60, mal nécessaire [...]

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