Mozart's Sister : Seule au monde
Musique

Mozart’s Sister : Seule au monde

Forte du succès d’estime qu’elle a obtenu à l’international avec ses deux EP, la chanteuse et musicienne montréalaise Mozart’s Sister présente Being, un premier album créé chez elle, uniquement à l’aide du logiciel Ableton et d’une carte de son bon marché.

D’emblée, Caila Thompson-Hannant refuse les étiquettes, particulièrement celles vouées à restreindre sa musique à ce genre fourre-tout qu’est l’électro. Pour pallier ce problème stylistique, elle a créé sa propre catégorie: la «dirt pop». «C’est une pop sauvage livrée telle quelle, sans polissage», explique-t-elle. «Le plus important, c’est de surprendre l’auditeur en surpassant ses attentes.»

Paru en mai dernier, le premier extrait Enjoy s’avère un habile mélange d’influences, entre house, soul et pop, porté par le groove saisissant de la voix de Caila. «Pour la création de l’album, je me suis mise à explorer une grande variété d’univers sonores en écoutant énormément de musique pop  beaucoup de Daft Punk et de SBTRKT, notamment. Mon but, c’était d’analyser et de trouver la façon dont tous ces musiciens arrivaient à créer leurs sons. À un moment donné, c’est carrément devenu une obsession», confie l’auteure-compositrice-interprète, signée sur l’étiquette indépendante michiganaise Asthmatic Kitty Records.

Ce travail de recherche approfondie lui aura permis d’enregistrer un album, somme toute assez intimiste, considérant qu’il a été entièrement composé, arrangé et réalisé par elle, à l’aide d’un matériel d’enregistrement assez restreint. «C’est tout ce que j’avais les moyens d’acheter», avoue-t-elle, citant au passage son idéologie do-it-yourself. «Ça m’a tout de même permis d’avoir le contrôle total sur le processus créatif. En général, ça me frustre de devoir travailler avec d’autres gens qui manipulent l’ordinateur ou la console à ma place. Ça devient une sorte d’expression secondaire ou, plutôt, une forme de création indirecte, ce qui ne m’intéresse vraiment pas. Je veux être en mesure de toucher à tous les détails qui mènent au produit final.»

Pas comme Grimes

Ainsi, les comparaisons avec la chanteuse électro Grimes, auparavant installée à Montréal et également adepte du do-it-yourself, ont fusé de toutes parts lorsque le premier EP, Dear Fear, est paru en 2011 et que Caila s’est fait remarquer par bon nombre de journalistes américains au CMJ Music Marathon l’année d’après. «Je n’ai pas du tout l’impression de sonner comme elle, mais je comprends les gens qui nous comparent parce que nous faisons de la musique au même moment et dans le même milieu», précise-t-elle. «La musique de Grimes est lyrique, intense, tandis que la mienne est plus dynamique, entraînante. Je la respecte beaucoup, mais je ne prends aucune inspiration d’elle.»

De là, l’idée de revendiquer une unité, une singularité, quitte à refuser catégoriquement de faire partie d’une scène électro montréalaise. «Mon but, c’est de rejoindre le maximum de gens avec ma musique, pas de faire partie d’une scène en particulier et de m’y confiner», tranche-t-elle, sans détour.  

Et la scène dirt pop, elle, prendra-t-elle de l’expansion dans les prochaines années? «Pour l’instant, c’est juste un tag sur SoundCloud, donc je ne pense pas», répond Caila, en riant. «Mais bon, sentez-vous bien à l’aise de vous joindre à moi.»

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Being en vente dès maintenant; le 20 novembre au Cercle

facebook.com/mozartsssister