Will Driving West: Vol indépendant
Musique

Will Driving West: Vol indépendant

Après une négociation infructueuse avec un label canadien, le groupe folk montréalais Will Driving West prend les choses en main et affirme plus que jamais son désir d’indépendance, en proposant la réédition physique de son troisième album autofinancé Fly.

Fort d’un succès d’estime au Québec et, tranquillement mais sûrement, au Canada, Will Driving West avait crié victoire un peu trop vite peu après la sortie de son deuxième album Castles en juin 2012. «Y’a un label de Vancouver qui nous avait approchés pour sortir le prochain. Au début, on était très enthousiastes. On se disait « Wow! Ça y est. We made it! »», se rappelle sans amertume David Ratté, auteur, compositeur et chanteur principal du groupe. «En fait, c’est l’équipe marketing qui nous aimait moins… On a attendu six mois pour finalement se faire dire qu’ils ne voulaient plus le sortir. Ça a fait mal, on se contera pas de menteries.»

«On a eu quelques jours de peine et de déception», admet, tout sourire, Andréa Bélanger, multi-instrumentiste et comparse de vie de David.

Sans autre boulot pour arrondir leurs fins de mois, les cinq membres ne pouvaient pas se permettre d’attendre qu’un autre label se manifeste. Ils mettent alors tout en place pour que ce troisième album (Fly) paraisse le plus vite possible, au détriment d’une stratégie marketing précise. «L’argent qu’on aurait pu mettre en promo, on l’a mis en loyer pis en bouffe», confie David Ratté, ex-Man an Ocean. «C’est un peu ça, le prix à payer pour vivre de notre musique. C’est vraiment hot, mais en même temps, ça contribue sûrement au fait qu’on soit restés plus underground jusque-là.»

Half Moon Run comme modèle

Pièce mémorable de l’album, Grow évoque d’ailleurs le cheminement tortueux ou, du moins, pas toujours évident de Will Driving West. «Ça parle d’un band qui essaie de décoller et qui voit tous les autres réussir autour de lui», explique le chanteur, sincère. «Au début de notre band, on avait rempli la Sala Rossa et, juste en face, à la Casa Del Popolo, y’avait un show de Half Moon Run devant à peu près 50 personnes. Deux mois après, ça a explosé. Eux, ils étaient partout et, nous, on jouait encore à la Sala. J’suis pas quelqu’un de compétitif, donc je garde ça smooth. «Jealousy is a sneaky enemy», comme je dis dans la chanson.»

C’est dans l’optique d’obtenir un rayonnement plus considérable partout au Canada et de donner un second souffle à Fly que le groupe en propose, maintenant, une réédition physique, rendue possible grâce à une campagne de financement Indiegogo. Avec un objectif atteint de 5500$, le groupe est plus qu’enthousiaste. «Ça a marché au boutte!», affirme le chanteur. «On a vendu des shows maison et même des shows Skype. On appelait le monde, on leur faisait 7-8 tounes, c’était vraiment cool.»

Pour la suite des choses, Will Driving West désire sortir de sa province natale et voyager avec sa musique. «On n’est jamais sortis du Québec, donc la première étape, ça serait de se rendre à Toronto puisqu’il y a de la demande là-bas», prévoit, à court terme, David Ratté. «On ne veut pas non plus trop penser à l’international. Pour l’instant, on y pense en rêve.»

Fly, disponible le 17 février // Spectacle de lancement gratuit le 18 mars à la Sala Rossa à Montréal

Autres dates de spectacles et infos: willdrivingwest.com