LÉCHÉ TIMBRÉ

19 janvier 2006 1h00 · Joël Martel

Les missives de Steven Renald, un épistolier hors du commun, ne cessent jamais leur voyage. Elles vont, reviennent, errent peut-être entre les deux. Même avec une halte à Tryptik, s'adressant à de nouveaux destinataires, elles ne cessent leur périple que pour nous laisser voyager à notre tour. Pas à pas, nous découvrons des enveloppes qui portent les traces de leurs aventures; plaquées du sceau de la poste, oblitérées ou sales, pliées ou racornies, elles arborent leur vécu sans vergogne, même avec un semblant de fierté, comme un chenapan montre volontiers une cicatrice, preuve de ses exploits d'aventurier.

Le facteur en a eu plein les bras de l'œuvre de Renald. Parmi 100 enveloppes postées, 59 ont porté fruit, autant de destinataires ayant accepté de correspondre à l'artiste, de perdre pied à sa suite, laissant libre cours à leur expressivité, se mettant à nu, s'exposant, affranchis, sur une nouvelle enveloppe… Certaines réponses reposent au pied du mur, d'autres flottent, titillant la main du passant cherchant à vivre un nouveau voyage.

L'absence de retour étant aussi une réponse, les correspondances perdues ne sont pas oubliées. Leur fantôme laisse sa trace parmi les autres, créant une brèche dans l'œuvre, ouverte par pudeur.

Post-scriptum: Se déchausser, c'est un peu se mettre à nu, jusqu'au 3 février.

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  • Joël Martel
    Ayant découvert très jeune que je n'avais aucune capacité en matière de prestidigitation, j'ai décidé d'écrire.

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