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Le théâtre nu

Je me suis senti particulièrement privilégié, ce soir. Parce que j'ai pu voir le théâtre dans ce qu'il a de plus nu, de plus vulnérable. Lorsque la scéno n'est pas encore figée. Que les projecteurs ne sont pas encore installés, et que leur lumière n'est pas encore mesurée. Que la sono est encore à construire.  Et que le jeu doit encore être maîtrisé, que c'est un jeu dont les règles méritent encore d'être éclaircies.

J'ai vu des comédiens se frapper aux écueils d'un texte-animal-fou qui reste à apprivoiser, secoués par sa croupe déchaînée et ses sabots bondissants. J'ai senti leur désir, indicible mais incarné, prêt à surgir dans le plaisir qui foudroie lorsque les spectateurs sont là pour accueillir l'effort, pour entendre, pour écouter.

Je me suis senti privilégié en profanant l'heure sacrée de la répétition. Et le plus beau là-dedans, c'est que vous pourriez le faire aussi, profiter de cette chance rare. Nous étions trois à le faire, ce soir, et nous avons pu partager avec les comédiens ce qui subsistait de notre expérience. Vous pourriez le faire aussi. Il suffit de vous présenter à la salle Murdock pendant les heures de pratique du Théâtre 100 masques.

Voyez l'horaire de la troupe ici.