Blogue de Élise Desaulniers Élise Desaulniers RSS
Ex-marketeuse devenue blogueuse, conférencière et auteure (Je mange avec ma tête, Vache à lait). Je m'intéresse à l'éthique, à la psycho, à la socio et à tous les sujets qui exigent des notes de bas de page.
On marchait sur le boulevard St-Laurent, Émilie et moi. C’était l’automne. Le soleil nous chauffait encore le visage et j’avais détaché mon manteau, comme pour attraper chacune des dernières molécules d’été avant de plonger dans l’hiver. Depuis quelques mois, j’avais découvert les questions d’éthique alimentaires. J’étais devenue végétarienne et les boîtes Amazon s’accumulaient dans mon salon : je lisais tout ce que je pouvais trouver sur le sujet. Émilie aussi était végétarienne. Et même végétalienne. Chez elle, pas de longues lectures. Simplement l’intuition que la souffrance occasionnée aux animaux est injustifiable. Par la force des choses, j’étais devenue l’encyclopédie d’Émilie. Et nos marches sur St-Laurent étaient une façon de lui filer mes connaissances en profitant de ses conseils de végé avertie lorsqu’on rentrait dans une épicerie. Une question d’Émilie, toute banale, allait ébranler un grand pan de mes convictions : « Paraît que les vaches, elles ne produisent pas naturellement du lait. Elles le font parce qu’on les force à le faire. Tu es au courant?» À vrai dire, je n’en avais aucune idée. Soit que je n’avais rien lu sur la question, soit que j’avais écarté de mes lectures tout [...]
Réfléchir, ça tient les neurones au chaud. Au cours des prochaines semaines, des dizaines de cours et de conférences gratuites sont offerts aux quatre coins de la ville et sont accessibles à tous. L’université gratuite existe déjà ! L’Upop : les cours du soir les plus courus en villes Imaginez une université où l’échange entre les profs et les étudiants est au cœur de l’enseignement. Où les chaises de plastique font place à des tabourets de bar qu’on agence comme on le souhaite, où la bière coule à flots. Une université où on est pas évalué, où on apprend par plaisir, en ayant du plaisir. Et surtout, une université complètement gratuite. Cette université existe déjà. C’est l’Upop, l’Université populaire de Montréal qui ouvre cette semaine sa 6e session. Au menu, des cours ancrés dans l’actualité mais qui permettent aussi de s’élever au-dessus des débats stériles. On y parlera de corruption, de finance contre les peuples, de l’exploitation des océans, des politiques queer, de lindy hoop et même sur de psychologie morale. Tous les cours sont décrits sur le site de l’Upop. Aucune inscription préalable n’est nécessaire et l’entrée est évidemment gratuite. Le premier cours de la session aura lieu lundi le 11 février à 19h Aux derniers [...]
Sami restera dans son pays
28 janvier 2013 · Société · Élise DesaulniersSigner une pétition, Liker une cause sur Facebook, partager une nouvelle choquante sur son Twitter, se déplacer pour montrer son appui à quelqu’un, ça donne quelque chose ? Il semblerait que dans le cas de Sami Sheikh, ce jeune montréalais de dans Parc-Extension menacé d’expulsion vers le Pakistan dont on parlait ici en décembre, oui. Sami Vient d’apprendre qu’il pourra rester au Canada. Citoyenneté et Immigration Canada a informé Sami par écrit, à la fin de la semaine dernière, que sa nouvelle demande de résidence au Canada pour motifs humanitaires était acceptée. Il a reçu l’approbation de principe pour la résidence permanente. « Je veux remercier tous les intervenants pour leur action. C’est grâce à leur appui que j’ai reçu une réponse positive », a déclaré Sami au cours d’une rencontre cette fin de semaine. Sami a souligné la mobilisation impressionnante de ses concitoyens et des organisations qui se sont unis pour demander qu’il demeure dans le milieu qui l’a vu grandir depuis son arrivée ici, alors qu’il était enfant. Tout en se réjouissant de cette issue, Sami et son groupe d’appui soulignent que tous les jours, plusieurs autres personnes de Montréal et [...]
On ne veut pas le savoir, on veut le voir.
22 janvier 2013 · Gastronomie, Société · Élise DesaulniersEntrevue avec Twyla François de Mercy for animals Canada Le mois dernier, CTV a diffusé des images exclusives tournées dans une ferme porcine du Manitoba. Des images qui ont fait le tour du pays et en ont choqué plusieurs : des porcs qui saignent de leurs plaies béantes à l’intérieur de cages métalliques, des truies enceintes affichant des ventres distendus et rougeâtres et des porcelets projetés au sol par des membres du personnel. Entendre que les animaux destinés à nos assiettes sont élevés dans des conditions misérables et que la réalité est loin des images bucoliques imprimées sur les emballages de viande est une chose. Mais souvent, il faut le voir pour le croire. Alors qu’il est assez difficile de visiter des élevages et des abattoirs, nombreux sont ceux qui disent avoir modifié leurs habitudes de vie après avoir vu des vidéos d’élevage sur Internet. Les images suscitent des émotions, incitent à l’action. Mais vous êtes-vous déjà demandé d’où venaient ces images ? Elles proviennent le plus souvent d’agents doubles munis de caméras cachées. Le travail de ces « espions » m’a toujours fascinée. J’ai en tête l’image de Tom Cruise dans Mission Impossible et je ne peux m’empêcher [...]
Mark Lynas a longtemps pensé comme la plupart d’entre nous. Depuis les années 90, il s’est battu contre les OGM. Il a répété inlassablement que la psychopathie des multinationale du transgénique mettait en péril la santé des humains et celle de la planète. Mais Lynas vient de retourner sa chemise. Jeudi le 3 janvier, à l’occasion de l’Oxford Farming Conference, il a affirmé qu’au sujet des OGM, il était dans l’erreur la plus totale. Son message est clair et direct : «Je voudrais commencer par présenter mes excuses. J’aimerais qu’on sache, ici et maintenant, que je m’excuse d’avoir passé tant d’années à déchiqueter des semences OGM. Je suis aussi désolé d’avoir contribué à la naissance du mouvement anti-OGM, au cours des années 1990, et d’avoir ainsi concouru à diaboliser une option technologique de première importance et potentiellement très utile pour l’environnement. En tant qu’écologiste, persuadé que toute personne sur cette planète a le droit de choisir l’alimentation saine et nutritive qui lui convient, je n’aurais pas pu opter pour une trajectoire plus contre-productive. Et c’est ce que je regrette aujourd’hui, absolument. Bien sûr, vous devez vous demander ce qui m’est arrivé entre 1995 et aujourd’hui pour que [...]
Si vous avez suivi la discussion sur Twitter qui a accompagnait la diffusion de La face cachée de la viande hier soir sur TVA, vous n’avez pas eu de mal à remplir la carte du bingo de l’argumentation omnivore. Physiquement les humains sont des prédateurs, mais nous ne chassons pas pour manger #FCDLV — Daniel Paquette (@MrD_P) December 10, 2012 J’pense pas que les hommes auraient construit grand chose au pic et à la pelle s’ils avaient été #végétariens Des vraies #protéines#FCDLV — Lady Luga (@Lady_Luga) December 10, 2012 Dire que la plupart des scandalisés de #FCDLV ont probablement des animaux qui viennent d’un petshop, un coat de cuir et des Uggs en suède. — Petite Marie (@Talamarie) December 10, 2012 Pourquoi on essaie de m’imposer le végétarisme ce soir?Manger des graines si vous voulez, mais callissez moi patience. Un carnivore! #FCDLV — Dave Vallee (@Davevallee) December 10, 2012 Ce n’est pas pour rien que j’ai des canines. #JustSaying #FCDLV — Marie(@TatoueImy) December 10, 2012 [...]
PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE
Si les consommateurs demandent à une entreprise de vendre son âme, doit-elle le faire ? À cette question, les dirigeant de Commensal ont répondu oui. La première chaîne de restaurants végétariens du Québec a annoncé hier qu’elle offrirait dorénavant du poulet, des crevettes et du crabe. L’argument ? Une majorité des consommateurs l’a demandé. Et c’est la mode du flexitarisme. Les consommateurs avaient-ils vraiment besoin du Commensal pour découvrir le poulet industriel ? Les carnivores convaincus vont-ils vraiment aller au Commensal pour « finalement » se laisser tenter par un plat de tofu ? En offrant du crabe, des crevettes et du poulet (en plus des oeufs et des produits laitiers déjà dans ses comptoirs), le Commensal contribue-t-il vraiment à la réduction de leur consommation où il ne le fait que la banaliser en rappelant qu’un repas sans viande, ça se fait pas ? Qui gagne là-dedans ? La santé des consommateurs ? L’environnement ? Les animaux ? Ou les poches des restaurateurs qui pensent élargir leur clientèle ? En tout cas, à moyen terme, certainement pas la chaîne qui vient de vendre son âme. Je reprends ici un billet écrit hier soir dans la colère et publié sur mon blogue [...]
Est-ce que ce que je mange ne regarde que moi? Peut-être pas quand on voit toutes les ressources qui seraient préservées si on adoptait une alimentation végétalienne. Est-ce qu’on consomme notre juste part ? J’en parle justement ici. La recherche est de Culinaryschools.org Traduction : Code Planète.
Il y a quelques années, un ami m’a mise en garde. J’étais en voie devenir une « madame aux chats du Plateau ». Ce genre de fille qui semblent avoir plus d’affection pour les félins que les humains et qui vont mourir célibataire dans leur 4 ½ rempli de poil. Heureusement, j’ai depuis intégré un peu de peau à ma vie poilue, mais je demeure l’amie des chats. Bien que je sois l’amie des chats, je suis surtout l’amie de mes chats. Je ne me suis jamais vraiment intéressée au sort des autres, à l’espèce. Il y a suffisamment de « vraies » madames aux chats pour ça. C’est plutôt les animaux d’élevage qui ont retenu mon attention, ceux qu’on ne voit pas et qu’on mange dans l’indifférence.
Une partie de mon cheptel
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