Ariane Moffatt
a toujours été attirée par la musique électro. Elle y plonge ici à pieds joints, laissant derrière elle l’éclectisme et le son plus organique de Tous les sens. Si les claviers analogiques et les rythmes synthétiques dominent cet album bilingue aux formes hypnotiques, Moffatt y conserve sa sensibilité pop et risque ainsi de convertir ses fans à une musique électro plus pointue, tout en séduisant de nouveaux adeptes au Québec. En ce sens, MA est une réussite, mais un doute persiste quant à son potentiel à l’international. Le succès d’un disque indé anglophone passe souvent par sa personnalité, par une réalisation qui le distingue. Or, à l’exception de Sourire sincère, la facture de MA semble un peu trop prudente pour s’imposer.







J’avais vu Ariane Moffatt à Osheaga en 2010. Je me demandais ce qu’elle faisait là dans un festival rock ! Mais comme j’étais sur place, c’était l’occasion de voir par moi-même pourquoi certains l’aiment tant. Eh bien, j’ai compris. Au début, je n’ai pas embarqué. Mais une fois qu’Ariane a eu expédié ses succès, que je n’aime pas car pas très rock en effet, elle est entrée dans une partie plus électro de son show. Et là c’était vraiment un show! Un très très bon show! Elle semblait avoir un plaisir fou à jouer, à aller d’un instrument à l’autre, surtout à tapocher sur son clavier. Elle m’a alors semblé pleine de vie, attachante aussi avec un grand grand sourire plein de fougue, moins madame que dans ses chansons plus connues. C’étai comme si elle avait commencé par jouer ses succès pour s’en débarrasser et ensuite pouvoir jouer ce qu’elle aime. J’ai sans doute un peu tort, mais c’est l’impression que m’avait laissée le show. J’irai sûrement en voir un autre. Si le nouvel album est de cet acabit, j’en serai très heureux.