Le batteur Robbie Kuster, le guitariste Olivier Langevin et le claviériste François Lafontaine sont plus que des virtuoses. Les trois musiciens vivent carrément à travers leur instrument. Chaque note est incarnée, dictée par une émotion qui influence le mouvement corporel et forcément le son. La bassiste et chanteuse Marie-Pierre Arthur avoue s’être fait un fun noir en enregistrant Aux alentours avec le trio. Ça s’entend. Peu importe la nature des thèmes abordés, une sérénité se dégage de l’album. Les quatre mousquetaires se lancent la balle, multiplient les clins d’oeil au rock des années 70 et misent davantage sur la justesse de leurs interventions que sur leur fréquence. De quoi donner des ailes au folk-pop d’Arthur.

4.5
7 cotes
Marie-Pierre Arthur
Aux alentours
(Bonsound/Simone)
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« En toute assurance »
Après son excellent début de carrière solo dont son album éponyme a fait preuve, Marie-Pierre Arthur nous revient enfin avec son deuxième album, Aux alentours, disque qui risque de la propulser encore plus loin, surtout avec l’assurance phénoménale dont la douce fait preuve.
Elle a longtemps assuré les arrières de grands artistes et encore aujourd’hui, elle n’hésite pas une seconde quand on lui propose de se joindre à une fête ou une tournée, ayant récemment collaboré sans hésiter à Ariane Moffatt en trio ou à la tournée des francos, notamment. Par contre, après un bon bout de chemin, puisant ses inspirations et ses influences partout (et ça se fait grandement sentir dans sa musique), la belle a l’assurance qu’il faut pour laisser dégager en elle une attitude et un savoir faire lui permettant de sacrifier tous les horizons pour atteindre l’infini. La fragilité qui se dégageait de son audacieux premier disque a laissé sa place à une femme forte qui, non seulement par sa voix, mais la richesse de sa musique, démontre rapidement et foncièrement que de la maturité, elle en a acquis beaucoup et ce, en peu de temps.
De ce fait, retranchant près de 20 minutes à la durée de son premier opus (qui en avait perdu plusieurs à force d’explorer avec courage tant d’horizons avant de déclarer en une longue pièce fleuve de près de dix minutes « Pas le courage » en toute ironie), ne s’en tenant qu’à un très efficace 35 minutes rondement mené, elle nous propulse effectivement aux alentours de ce qu’elle maîtrisait le mieux, histoire de revenir trois ans plus tard plus forte que jamais.
De la première écoute, le son est plus défini, la voix aussi et même les textes ont transformés quelques douces lamentations en sages affirmations, se rangeant judicieusement beaucoup plus du côté de « Droit devant » que de « Pourquoi ».
Mieux, on voit ici en elle une personnalité qui lui est bien plus propre. Alors qu’au premier disque il était impossible de se dégager de ses racines les plus près, toujours un peu Moffat-iesque ou Karkwa-esque, n’hésitant pas à piger dans un cover de Daniel Lavoie ou une collaboration Cormier-Rivard, voilà qu’ici, toujours épaulée de Gaële avec qui elle signe la totalité des textes, à l’exception de la détonnante « Chanson pour Dan », co-écrite avec Jim Corcoran, d’où elle en tire d’ailleurs le très beau titre de son disque, elle se permet des libertés totalement gagnantes. Bien sûr, de son folk-rock-pop singulier, on trouve des similitudes avec bien des trucs qu’on a entendu précédemment et ailleurs, mais à défaut de l’électrisante pièce d’ouverture « Fil de soie » qui rappelle « Sun it Rises » des Fleet Foxes, c’est beaucoup plus difficile d’en dégager une ressemblance que d’avouer que tout ceci c’est bel et bien du pur Arthur.
Conservant la construction: pièces plus punchées au départ et plus adoucies en fin de parcours, on se laisse dériver avec bonheur, inscrivant ce nouveau disque, tout comme son précédent, parmi ceux qui accompagneront le mieux les meilleurs road-trip qu’on puisse s’imaginer. Planante à plus d’un moment et même surprenante puisqu’elle en a dedans, on chantonne sans hésiter à l’unisson sur la brillante, contagieuse et libératrice « All right », tout comme sur « Chacun pour toi », alors qu’on se laisse prendre sur « Emmène-moi » ou même la très accrocheuse « Pour une fois », pour ne nommer que ceux-là.
Ainsi, entre le pour et le contre, on adorera le fait que l’artiste se sera concentré sur un petit nombre de pièce pour les peaufiner dans la minutie la plus désireuse, mais on regrettera également que tout ce soin manquera un peu d’audace comme elle en avait fait preuve lors de son premier disque. On aurait aimé une pièce fleuve, un cover inattendu ou une chanson entièrement déroutante pour rappeler que rien n’est similaire et que les limites ici n’existent pas.
Attendant impatiemment la suite puisqu’on a désormais la confirmation que Marie-Pierre Arthur est savamment capable d’offrir toujours mieux à chaque fois, on savourera alors cet album d’une extraordinaire puissance et efficacité, qui roulera en boucle dans ses premiers miles et ne cessera de revenir à la charge tout au courant de l’année tant le bonheur et le bien-être qu’il nous procurera à chaque écoute se montrera grand. Comme quoi, après avoir captivé notre attention, voilà qu’ici elle nous propose précisément de la suivre, les quatres horizons des alentours étant situés, ne nous laissant plus que dans l’attente, indubitablement certains d’être prêts à la suivre n’importe où qu’elle aille à l’avenir, convaincus d’en sortir aussi satisfaits qu’au point où l’on s’en trouve ici.