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Cofondateur de TSPC. Coauteur de Mirador. Cogéniteur de quatre enfants. Visiblement incapable de faire quoi que ce soit par moi-même. Retrouvez-moi sur Twitter @danielthibault

Ç’aurait pu être pire (sic!)

8 avril 2014 · Société · Daniel Thibault
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Libéral majoritaire? Tapez-moi sur la tête, mais ce n’est pas le pire des scénarios qui s’est produit hier soir. J’espérais un gouvernement minoritaire. La commission Charbonneau nous permettra de lever le voile sur le financement des partis provinciaux; l’idéal aurait été de voter ensuite en toute connaissance de cause. Mais l’empressement du PQ nous aura privé de cette option, pavant la voie à cette majorité nauséabonde. Il y avait donc un pire scénario? Oui: un gouvernement péquiste majoritaire. Pourquoi? Car le virage identitaire du PQ était nocif. Manoeuvre de diversion électorale, il sciait les jambes à deux projets pourtant cher aux péquistes: l’intégrité et la souveraineté. À peine un an après le traumatisme du Printemps érable, nous pouvions au moins espérer être rassemblés autour d’une cause commune: la fin de la corruption. Mais le PQ en a décidé autrement, en posant le débat à propos de la laïcité sur des bases identitaires. Résultat: les haches sont ressorties, et le Québec s’est encore une fois entredéchiré. L’épouvantail a occulté la vraie question urgente: l’éthique de notre gouvernement. Les supporteurs de la charte disaient qu’il fallait se tenir debout. Oui, mais voilà, nous étions à quatre pattes à côté du vrai problème. [...]

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La liberté, qu’ossa donne?

6 avril 2014 · Société · Daniel Thibault
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Je n’ai pas peur d’un référendum. Je veux un pays. Mais je veux un Québec différent du Canada. La langue, c’est beaucoup, mais ce n’est pas tout. Quel est la différence entre l’Espagne et le Mexique? Entre la France et le Gabon? Entre les États-Unis et l’Australie? Ce n’est pas la langue. Ce sont les valeurs. Et, surtout, les institutions qui les protègent. La liberté politique est un bel idéal, mais sans projet qui le sous-tend, il ne mobilise pas. Pas assez, en tout cas. Ces élections viennent encore de le démontrer. Il faut réfléchir au pays qu’on veut se donner, aux institutions qui le constitueront, aux valeurs qu’elles protégeront. Il faut proposer à la population un projet concret, emballant, viable. Il faut que ce projet mobilise, excite, intéresse. Moi, je veux un pays accueillant, solidaire, tolérant, cultivé, laïc, curieux, respectueux de l’environnement. Je veux un Québec différent du Canada de Harper. Vous?

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L’Assemblée nationale est une chambre de commerce

26 mars 2014 · Société · Daniel Thibault
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Alors, le chat sort du sac: l’UPAC a le PQ dans sa mire; des actions policières auraient été planifiées à l’égard du parti de Pauline. J’entends ici la meute des militants péquistes crier «Gesca». Répondons simplement que Kathleen Lévesque est une excellente journaliste qui démêle les fils de la corruption depuis des années, d’abord au Devoir, ensuite à la Presse. Elle a mis les libéraux dans l’eau chaude plus souvent qu’à son tour. Plus largement, les théories de la conspiration voulant que la Presse n’écorche jamais les libéraux et le Journal de Montréal les péquistes relèvent du même processus mental qui nie le programme Apollo. Il y a bien sûr une ligne éditoriale dans un journal. Le titreur est davantage responsable de biais idéologique d’une nouvelle que le journaliste. Bref, la nouvelle est là et confirme de toute façon ce que disait le rapport Moisan: le PQ est loin d’être blanc comme neige. Si on joue à qui est le plus corrompu, oui, le PLQ gagne. La culture affairiste du PLQ, sa seule raison d’exister, invitait à la collusion, invitait au graissage de pattes. De plus, neuf années de pouvoir entraînent un dangereux sentiment d’impunité: moins on se fait prendre, [...]

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Parcours d’un nationaliste mou (4)

25 mars 2014 · Société · Daniel Thibault

Pour certains, la liberté politique est un projet viable, mais pas une fin en soi. Tous ces nationalistes mous sont-ils des traîtres chez nous? Réflexions sous forme autobiographique. J’ai lu mon premier journal en 1986 à 19 ans. Ma blonde du moment restait à Québec. Pendant qu’elle bossait sur ses travaux d’université, j’ai attrapé un exemplaire du Soleil du samedi dans un dépanneur. Ayant été dressé à lire un livre d’une couverture à l’autre, je l’ai traîné avec moi pendant 3 jours jusqu’à ce que je l’ai tout lu. Je dois l’avouer, j’ai éprouvé peu après une secrète admiration pour Lysianne Gagnon en apprenant dans une de ses chroniques qu’elle lisait chaque jour tous les quotidiens québécois. Mais où trouvait-elle le temps, nom de nom? Je me disais qu’elle devait être si brillante. J’avais tant à apprendre… J’ai fini par comprendre qu’on pouvait lire dans un journal seulement ce qui nous intéressait. J’ai même appris qu’on pouvait y lire ce qu’on y voulait, surtout lors de la publication d’un sondage pendant une campagne électorale. Parti de la Côte-Nord, j’habitais maintenant à Montréal et un nouveau monde s’ouvrait à moi, entre autres une radio avec plus de trois postes. Je me [...]

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Déterminée comme une girouette

25 mars 2014 · Société · Daniel Thibault
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Depuis deux ans, Pauline fait tout et son contraire. Elle joue de la casserole et courtise PKP. Elle se prononce contre et pour le pétrole. Elle nomme des environnementalistes à des postes clés pour les brider ensuite. Elle promet un pays et le repousse aux calendes grecques. Son nous est inclusif, mais pas sur les heures de travail. Elle avance et recule, tourne à droite, tourne à gauche. On dirait une girouette chambranlante huilée au Jig-A-Loo dans un ouragan. Qui est Pauline Marois? Que défend le PQ? Avoir un message clair et s’y tenir, c’est la première loi en relation publique. Déterminée, vous dites? Déterminée à plaire à tout le monde, ce n’est malheureusement pas un programme politique.

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Parcours d’un nationaliste mou (3)

24 mars 2014 · Société · Daniel Thibault

Pour certains, la liberté politique est un projet viable, mais pas une fin en soi. Tous ces nationalistes mous sont-ils des traîtres chez nous? Réflexions sous forme autobiographique. «Ti-Poil, y est jamais content.» C’est par ces mots qu’on me résuma la frustration de René Lévesque au lendemain de la nuit des Longs Couteaux en 1981, lorsque l’acte constitutionnel fut accepté dans son dos grâce aux tractations de l’homme qui allait devenir plus tard un aéroport: Pierre Elliott Trudeau. La phrase avait été prononcée par mon ami Claude, 14 ans, mais il la tenait de son père, le très coloré Ti-Paul. Il faut dire que la ferveur nationaliste de Ti-Paul était suspecte. La preuve: il détestait copieusement le Canadien de Montréal, et ce, avant même l’arrivée des Nordiques. Encourager pendant des années les Bruins de Boston en hurlant «Tue-lé! Tue-lé!» avait visiblement fini par lui rogner la fibre identitaire. Les enjeux de cette évidente trahison du clan fédéral m’échappaient complètement, encore une fois. Je ne devais pas être le seul. Maintenant que je comprends de quoi il en retourne, je suis étonné que les Québécois n’aient pas séparé leur pays physiquement avec une pelle en espérant qu’il dérive le plus loin [...]

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Parcours d’un nationaliste mou (2)

20 mars 2014 · Société · Daniel Thibault

Pour certains, la liberté politique est un projet viable, mais pas une fin en soi. Tous ces nationalistes mous sont-ils des traîtres chez nous? Réflexions sous forme autobiographique. Le 20 mai 1980, la voix cassée par l’émotion, René Lévesque concédait la victoire au camp du Non. Dans les estrades, un père, son jeune fils dans les bras, pleurait à chaudes larmes le pays perdu. Je me suis longtemps moqué intérieurement de cette image. Oui, nettement, je manquais d’empathie; ça m’est venu sur le tard, avec les enfants et le visionnement de films de filles. Mais surtout, je ne comprenais fichtrement pas comment une bonne nouvelle pouvait attrister quelqu’un. Parce que du haut de mes 12 ans, j’avais finalement décidé que le Québec devait demeurer dans le Canada. Et, je vous jure, je ne soupçonnais même pas l’existence des Rocheuses. La première position politique claire que j’ai soutenue, c’est le pacifisme. Pourquoi? Je n’en suis pas bien sûr. Je me souviens des images de la Deuxième Guerre mondiale, omniprésentes dans les années 70, comme si le monde exorcisait encore l’horreur survenue 30 années plus tôt. Un documentaire sur l’Holocauste visionné en histoire m’avait d’ailleurs profondément choqué. Des tapis faits avec des [...]

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Parcours d’un nationaliste mou (1)

18 mars 2014 · Société · Daniel Thibault
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Pour certains, la liberté politique est un projet viable, mais pas une fin en soi. Tous ces nationalistes mous sont-ils des traîtres chez nous? Réflexions sous forme autobiographique. Je me souviendrai toujours du 15 novembre 1976. D’abord, la veille, c’était ma fête de 9 ans. J’amorçais ma dernière année de vie avant la dizaine avec toute l’innocence de mon immaturité sexuelle. Ce soir-là, la télé était ouverte sur la soirée des élections et un frisson historique allait traverser le Québec avec l’élection de René Lévesque. Du moins, c’est ce que j’ai appris quelques années plus tard, parce que ma soirée fut brusquement interrompue pour cause de rébellion prépubère contre l’autorité parentale qui refusait que je reprenne une nième part de restant de gâteau de fête avant de me coucher. Le joual avait beau être en vogue dans les années 70 et le mot «tabarnak» exhibé par le peuple comme un étendard, j’ai compris assez vite qu’il était trop tôt dans ma vie pour l’employer contre la hiérarchie féodale qui me tenait lieu de famille. Le vol plané dans le lit a fini de me convaincre. Chez nous, la politique était pour ainsi dire inexistante. Pas de journaux dans la maison, [...]

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Question aux ex-carrés rouges pro-charte

20 janvier 2014 · Société · Daniel Thibault
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Il fallait remettre les étudiants à leur place, car ils étaient des barbus violents, des bébé gâtés incapables de reconnaître qu’ils sont privilégiés. Il faut remettre les musulmans à leur place, car ce sont des barbus violents, des bébés gâtés incapables de reconnaître qu’ils sont privilégiés. Certains qui criaient aux préjugés à propos des étudiants sont incapables de reconnaître que les mêmes généralisations abusives sont exprimées à propos des musulmans. Richard Martineau est constant, lui. Mais toi qui portait le carré rouge, toi qui tapais de la casserole dans la rue, comment fais-tu cette acrobatie intellectuelle? Je suis sincèrement curieux.

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Je crois que j’ai compris…

17 janvier 2014 · Société · Daniel Thibault
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À force de débattre à propos de la charte, et je le fais abondamment sur les réseaux sociaux, je crois avoir compris la position de ceux qui la défendent bec et ongles. Cette charte — aussi imparfaite soit elle m’accorde-t-on souvent — s’attaque à un problème important : l’envahissement grandissant de la sphère publique par le fondamentalisme religieux. Ça n’a rien à voir avec la laïcité, qui est la neutralité de l’état face à la religion. Mais convenons pour le moment qu’un débat sur la sémantique du mot laïcité est à côté du sujet. Cette charte veut brider l’expression de l’intégrisme religieux. Comment, dit comme ça, peut-on s’y opposer? La montée du fondamentalisme religieux n’a rien de rassurant, en effet. Ce qui l’exprime par-dessus tout, c’est évidemment le voile musulman, du full face au plus coquet des hijabs. J’ai en mémoire une observation de Marie-Josée Turcotte qui remarquait au défilé des Jeux olympiques de Londres que le voile, désormais omniprésent, était pratiquement absent 20 ans plus tôt. Clairement, la religion musulmane a durci ses pratiques. Si on imposait un tel code vestimentaire à une minorité ethnique, il serait vu pour ce qu’il est : une forme de discrimination. Mais quand les femmes [...]

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