Blogue de Dominic Tardif Du haut de la King RSS

Dominic Tardif vit à Sherbrooke. Il collabore à Voir Estrie et à Voir. Il s'intéresse à la musique et à la littérature.

Pain de ménage et Marc Lévy

11 août 2009 · Divers · Dominic Tardif

Au café-bistro les Trois Grâces d'Eastman, le pain de ménage est tranché épais et les sourires sont larges comme de grosses bananes. Pas de correspondances au programme pour mes voisins de gauche, une bande de trentenaires en vêtements Mountain Equipment Co-op qui, à ce que j'en comprends, se remplissent la panse d'œufs du jour en prévision d'une longue journée de vélo. À ma droite, une dame discute avec Louise Portal, la muse des Correspondances d'Eastman, qui vient quérir son café matinal. L'actrice se dirige vers un des jardins d'écriture du village. «Je vais écrire à mes amis français», raconte-t-elle. Huit cafés et un demi-pain de ménage plus tard, plus de cyclistes à ma gauche, ni d'épistoliers à ma droite. Premier arrêt de la journeé au Club de l'âge d'or d'Eastman où Archambault à installer une mini-librairie dont la moitié de la sélection, sinon plus, provient de la bibliographie de Marc Lévy. Les 7e Correspondances d'Eastman seront Lévy ou ne seront pas. Une amie qui travaille pour l'événement me raconte avoir reçu plusieurs appels transportés au sujet de l'écrivain francophone le plus lu au monde (le plus acheté en tout cas: 17 millions d'exemplaires). «Vais-je pouvoir lui parler personnellement?» (Peut-être, [...]

Lire le billet →

Jeune Chilly Chill et le concert que (presque) personne n’a vu

6 août 2009 · Divers · Dominic Tardif

Personne n'a vu, ni entendu, le concert que Jeune Chilly Chill (Xavier Constant) donnait il y a quelques semaines au Maysen Pub dans le cadre du OFF du Lac. Personne sauf Yann Godbout (l'organisateur du OFF), Heatdub (un rappeur/producteur de Richmond qui officiait en première partie) et son crew, le chauffeur de Jeune Chilly Chill, le personnel du Maysen Pub et moi. Ah oui, il y avait aussi la blonde d'un des membres de la bande de Heatdub dont la présence légitimait borderline la dédicace d'un des emcees: «This one is for the ladies…the lady…» Pouet, pouet, pouet… Rejoint sur scène par son fidèle hype man Maître J, avec qui il forme également NSD (NulSiDécouvert), Jeune Chilly Chill a fait preuve d'un réel dévouement (fallait quand même le faire le show!) Et quand j'écris scène, c'est vraiment pour la forme, parce qu'il n'y a pas, à proprement parler, de scène au Maysen Pub. Qu'un plateau sur lequel la clientèle du bar s'agglutine les soirs achalandés. Un comptoir sépare même les artistes de la foule (lorsqu'il y en a une). Chill et J s'en sont d'ailleurs servis pour bouffonner en s'y accoudant afin de livrer quelques-unes de leurs rimes, comme s'ils étaient débarqués à Sherbrooke simplement pour prendre un verre, pénards. Pause onomastique Discuter avec Jeune Chilly Chill est une curieuse expérience. Il y a d'abord ces [...]

Lire le billet →

FLN: Les ados de Zébulon (bonne route et à bientôt monsieur Hot-Dog)

20 juillet 2009 · Divers · Dominic Tardif

«J'suis contente, ils m'ont donné le CB à soir», se flatte, à l'entrée du parc Jacques-Cartier, une bénévole de la Fête du lac des Nations. «Ouain, mais c'est le dernier soir», de lui répliquer, crâneuse, son amie visiblement moins emballée, jalouse. «Je sais, mais ça veut quand même dire que j'ai bien fait mon travail cette semaine», lui répond du tac au tac la joyeuse jeune femme qui ne se laisse pas démonter. Le bonheur jaillit de petites choses (la première gorgée de bière, le sourire d'un enfant, la responsabilité d'un CB), on le dit beaucoup à Des kiwis et des hommes, trop peu à Voir Estrie. Du haut de la King aura fait sa part. «Fais pas semblant que t'es sourd», crie une mère de sa chaise de parterre, déjà judicieusement postée en vue des feux, à son fils qui s'éloigne de plus en plus de l'emplacement sélectionné. «Pow pow t'es mort!» On joue à la guerre ce soir à la Fête du lac des Nations. «Qu'est-ce que j'ai dit? Reviens icitte, fais pas semblant que t'es sourd!» «Je te le dis que je t'entends pas maman. Pow pow t'es mort!». S'il est aussi bon soldat que menteur, faudrait pas l'envoyer en [...]

Lire le billet →

FLN: Malajube et la mort du Bang Bang

18 juillet 2009 · Divers · Dominic Tardif

Du haut de la King a d'abord été une chronique mensuelle que je tenais dans le journal alternatif Bang Bang. En février dernier, poussé dans ses derniers retranchements par la crise économique (comme si l'uppercut de la crise des médias écrits n'avait pas suffisamment porté), le journal devait renoncer à sa version papier. Quelques-uns des meilleurs journalistes et observateurs de la scène musicale émergente québécoise et internationale (André Péloquin, Simon Jodoin, Stéfane Campbell, Valérie Thérien) gardent la bête en vie, désormais seulement sur la Toile au http://www.bangbangblog.com/. Ma dernière affectation pour Bang Bang se solda donc par un amer et sonique coït interrompu avec Malajube, dont le journal planifiait d'épier les moindres faits et gestes dans le cadre de la tournée-lancement de leur plus récent album, Labyrinthes. Je devais en couvrir les arrêts sherbrookois au Téléphone rouge, les 26 et 27 février dernier. Un papier écrit le lendemain, débordant de sentimentalisme et épiloguant de façon larmoyante sur la mort du Bang Bang, n'aura finalement jamais été publié. Mes archives personnelles en ont d'ailleurs perdu la trace. Du reste, je garde comme unique et vif souvenir de ce concert l'image d'un Julien Mineau (chanteur), le capuchon de son coton ouaté x-small remonté sur la tête dans un Téléphone rouge devenu four à [...]

Lire le billet →

FLN: Pas de vagues pour les Beach Boys à la Taverne Alexandre

17 juillet 2009 · Divers · Dominic Tardif
2

Ça s'esclaffait du rire du pilier de bar (ferme et gras) à la Taverne Alexandre hier soir pendant que s'abattait sur Sherbrooke une tempête de glace digne du film du même nom d'Ang Lee. Les habitués se félicitaient d'avoir choisi la Molson Ex dans une flûte givrée et le tabouret en bois verni plutôt que la Molson Dry dans un verre de plastique et la chaise de parterre. «Surfin' USA» devenait «Surfin' dans la bouette». Ça allait et venait dans la porte avec, comme butin, quelques grêlons dans les mains. Pas trop préoccupé par la Fête du lac à l'eau, Mario, le tavernier le plus carpe diem en ville, ne pensait déjà qu'à la maison au bord de l'eau et au ponton récemment acquis qu'il allait retrouver le week-end venu. «Y'annonce beau!», se répétait-il. Le ponton: une sorte de surf que l'on pratique une fois les enfants grandis, prélude d'une douce retraite à l'horizon, à l'âge où la seule vague que l'on convoite est le sourire de la femme que l'on a la chance de toujours aimer quand on lui offre le premier verre de vin de l'après-midi. Plus à l'Ouest, au parc Jacques-Cartier, les jeunes femmes à la page testaient l'imperméabilité de leurs bottes de pluie à motifs naïfs. Résultat: charmantes les bottes, mais pas efficaces. Certains boomers, plus astucieux, avaient recouvert leurs sièges de bâches. Le terrain, vaseux, [...]

Lire le billet →

FLN: Hommage aux Beach Boys par un vrai et un pas tout à fait vrai Beach Boys

16 juillet 2009 · Divers · Dominic Tardif

Que dirait-on si Beau Dommage se reformait avec, comme seuls membres originaux, Pierre Bertrand et Michel Hinton (le remplaçant de Robert Léger à partir du troisième album). Les mélomanes québécois crieraient sans doute à l'hérésie, Alain de Repentigny dénoncerait la fraude, Sylvain Cormier déchirerait sa chemise sur la place publique (no thanks!) et Nathalie Petrowski se fendrait fort probablement d'un papier fielleux et mesquin dont elle seule a le secret. Il est aussi illégimite de nommer Beach Boys la formation qui montera ce soir sur la grande scène de la Fête du lac des Nations qu'il le serait de nommer Beau Dommage cet improbable et hypothétique alignement. Comptant seulement sur un membre original (Mike Love) et sur celui à qui on avait demandé de remplacer Brian Wilson sur scène dans les années soixantes (Bruce Johnston), cette mouture a toutes les allures d'un hommage aux Beach Boys par un vrai et un pas tout à fait vrai Beach Boys, chose dont la Fête du lac ne s'est pas exactement vanté. Astucieux de leur part de les avoir ressorti du circuit des nostalgic acts et des fêtes foraines américaines. Nonobstant ces réserves, Mike Love est une légende et j'irai jeter un coup d'œil à la foule. Si elle s'avère aussi immense [...]

Lire le billet →

FLN: Misteur Valaire, le choc des cultures

15 juillet 2009 · Divers · Dominic Tardif

D'un côté, le traditionalisme confinant parfois au conservatisme d'un festival grand public comme la Fête du lac des Nations (exemple: l'assommant morceau de Vangelis précédant les feux d'artifice). De l'autre, l'humour absurde, génération Simpsons, limite baveux/narquois, d'une bande de wizz kids comme Misteur Valaire. Une attitude parfois aux frontières de l'arrogance (exemple: Luis et DRouin faussement ébahis d'entendre le directeur technique de la Fête énumérer les matériaux nécessaires à l'aménagement du site lors de la conférence de presse). Le choc des cultures. Pourtant, hier soir, interviewés au Téléjournal-Estrie par Mélissa Fauteux, les boys de Misteur Valaire peinaient à camoufler leur toute chauvine fierté. Et lorsque Luis et Kilojules lançaient leurs poings dans les airs, façon Tommie Smith et John Carlos aux Olympiques de 1968, en disposant leur lourd équipement (Apple Store!) sur la scène avant les feux, départager dérision et surexcitation était devenu franchement impossible Presque émouvante la ferveur paternelle de la présentation de Jean Arel. La voix officielle de la Fête tenait à nous apprendre que Jean-Pierre Beaudoin prédit une carrière internationale à MV et conjurait la foule de les «découvrir». À n'en point douter qu'il s'adressait à la deuxième strate du public assise à l'arrière («J'espère que vous êtes allé pawner vos chaises de parterre», allait leur [...]

Lire le billet →

FLN: Jake and the Leprechauns vs. Too Many Cooks

15 juillet 2009 · Divers · Dominic Tardif

L'hiver dernier, mon collègue (mon patron en fait) Matthieu Petit suggérait sur son blogue que Jake and the Leprechauns pourrait être le meilleur groupe à n'avoir jamais émergé de Sherbrooke. Je répliquais en boutade qu'il faudrait organiser un battle of the band les opposant à deux formations mythiques de l'histoire musicale estrienne, Jim et Bertrand et Too Many Cooks, question d'en avoir le coeur net.   Boutade devenue presque réalité hier soir alors que Richard D'Anjou, ancien chanteur de Too Many Cooks, rejoignait sur scène les Leprechauns afin d'interpréter deux succès de la formation que complétait jadis Dan Georgesco, Rita et Refuse to die. 12h45, dans un bar du centre-ville. À l'aube de l'after-party (couru, de tous les excès, prolongé) auquel Misteur Valaire avait convié ses fans, j'ai trinqué avec Charles-Antoine Gosselin et Maxime Rouleau de Jake and The Leprechauns. Tardif: Comment c'était de jouer avec Richard D'Anjou? Gosselin: «C'était mémorable. Un grand moment pour les Leprechauns.» Alliez-vous voir les Cooks en show dans le temps? «J'étais trop jeune pour ça, mais j'en écoutais beaucoup. J'avais la cassette de Food Fight qui jouait non-stop dans ma Suzuki Swift.» Rouleau: «Moi j'avais une cassette copiée de Food Fight.» Existe-t-il une parenté musicale entre les Leprechauns et les Cooks? Gosselin: «Je dirais plutôt complémentarité musicale. On était très contents [...]

Lire le billet →

FLN: Jake and the Leprechauns et le bébé de la victoire

15 juillet 2009 · Divers · Dominic Tardif

Décidément, ce blogue est mensonger. Je n'ai pas entendu Jake and the Leprechauns hier. Plus frustrant, suis arrivé sur le site de la Fête du lac des Nations juste au moment où Jean Arel (le m.c.) entamait son boniment de fin de spectacle. Suffisait cependant de voir Charles-Antoine Gosselin, chanteur et guitariste de la formation, une pouponne à robe rose (sa filleule) dans les bras comme un trophée, à la manière d'un Lance Armstrong qui aurait remporté le Tour, pour prendre la mesure de la satisfaction du gars. « Un très bon show de Jake », me disait-il un peu plus tard dans la soirée.  Reportage lacunaire: je ne me suis pas enquis de l'avis de la petite fille. Mes notions de base en psychologie enfantine me permettent tout de même d'estimer, à son sourire, qu'elle était bien fière de son parrain.  

Lire le billet →

Ce blogue est mensonger

14 juillet 2009 · Divers · Dominic Tardif

Le nom de ce blogue est mensonger ou il le sera, du moins, pour sa première semaine d'existence. Ce n'est pas du haut de la King que j'observerai la vie culturelle sherbrookoise, mais bien du bord du lac des Nations, pour la Fête du lac en l'occurrence. Vous me connaissez, j'irais bien, par souci d'intégrité, finir mes soirées sous l'ange dans la côte King en écrivant mes billets. Malheureusement, le maire Perrault n'a toujours pas accédé à ma demande d'y installer une prise électrique (pour brancher ma dactylo). Espérons que la fin de son règne amènera son lot de largesses. Bonne soirée. Je m'en vais entendre Jake and the Leprechauns, Ariane Moffatt et Misteur Valaire. (Quoi? Nous ne nous sommes pas présentés? Je suis Dominic Tardif (le f muet ou sonore, m'en fous), pigiste depuis plus ou moins un an au Voir Estrie. Des questions?)

Lire le billet →
Page 9 sur 9123456789

S’abonner au blogue

@dominictardif

+ @dominictardif →

Catégories