Blogue de Dominic Tardif Du haut de la King RSS

Dominic Tardif vit à Sherbrooke. Il collabore à Voir Estrie et à Voir. Il s'intéresse à la musique et à la littérature.

L’écho des locaux: rentrée concerts scène locale

12 janvier 2011 · Divers · Dominic Tardif

La saison débute en cris et en breakdowns avec Reborn to Ashes (photo) le 14 janvier au Bar Le Magog; on retrouvera le groupe ailleurs ce printemps pour le lancement d'un premier album complet. Le troquet de la rue Frontenac (et son petit frère du sous-sol, Le Saloon) demeure le fief de l'émergence et de la marge tous azimuts. Brazen Hell y tient son pow-wow hardcore annuel le 15 janvier. On y renouera aussi avec Les Enfants de Cabot (21 janvier), serrera les tentacules de Psychic Octopus (21 janvier et 5 mars), montera le volume des nouveaux venus Stéréosaure (19 février) et s'étonnera  des opératiques cordes vocales des rares Liva (17 mars). Généralement mal pourvue en hip-hop, l'Estrie accueille à l'occasion de grosses pointures grâce aux efforts de LACTIVISTE, membre de La Famille. Elle ouvrira pour Soprano (de Marseille), le 23 janvier au Granada. The Banjo Consorsium, qui mettait en ligne une nouvelle chanson, Glass, tout juste avant Noël, câlinera ses fans dans la chaleur du Little Black Box (4 février). Leader de b.e.t.a.l.o.v.e.r.s, Charles Lavoie anime les Cabarets acoustiques du Tapageur (prochaine édition, 16 janvier). L'émergence ne se croise pas que dans des lieux sombres et bétonnés. Jaune se fait un point d'honneur d'aller jusqu'au bout du vent, [...]

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Les «fails» de 2010

30 décembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

Troisième journée de la grande liquidation de fin d'année Du haut de la King. Aujourd'hui, quelques «fails» de 2010 en Estrie. ******************************************************************************************************* Kate Ryan à l'émission Sortir (4 mars) La belge chanteuse devait être l'invitée de la semaine de l'émission culturelle de Radio-Canada Estrie, Sortir, alors diffusée depuis l'Antiquarius Café, situé à 4 minutes de marche (8  en talons hauts, peut-être) du Théâtre Granada où celle qui a déterré l'eurodance donnait son concert quelques heures plus tard ce soir-là. Trop loin, trop régional, calcula-t-elle? On ne saura jamais le fond de l'histoire: la dame n'a jamais traversé la rue, forçant la très difficile à détester, ou pétillante, comme le veut désormais la formule consacrée, Anik Moulin à se dépêtrer presque toute seule. Une chance que le toujours très volontaire et intarissable chroniqueur-disquaire Sylvain Lecours était là pour chauffer la chaise de la poseuse de lapins. Il n'est certainement jamais très élégant pour quiconque de ne pas se pointer à un rendez-vous, de jouer la diva, mais quand on s'appelle Kate Ryan – pas Aretha Franklin, même pas Marjo -, vaut mieux ne pas pousser sa luck.  On ne vous reparle même pas du concert qu'elle a offert (parce qu'on l'a déjà suffisamment fait ici).

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5 concerts repêchés (de 2010)

29 décembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

Deuxième journée de le grande liquidation de fin d'année Du haut de la King. Quelques mots en guise de mea culpa au sujet de cinq concerts dont on a négligé de parler sur ce blogue en 2010 et qui aurait mérité plus d'égards. ********************************************************************************************************** Blind Witness et Reborn to Ashes (13 mars aux Marches du palais) La rumeur ne s'était pas rendue jusqu'à nos oreilles et, pourtant, quelque chose trahissait ces obsèques impromptues: promoteur à la mine déconfite, frigos à bières dégarnis, etc. Le dernier concert de l'histoire des Marches du palais (jusqu'à nouvel ordre) n'a toutefois pas souffert, au contraire, de cette atmosphère très fin de siècle. En première partie des apocalyptiques Granbyens Blind Witness (leur album Nightmare on Providence Street, sur étiquette hollywoodienne Mediaskare, est un des plus efficaces défouloirs de 2010), les Sherbrookois Reborn to Ashes montraient l'étendue de leur savoir-faire métalcore. Honnis par les puristes métal et hardcore, les breakdowns, cris primaux et trémolos doucereux canoniques du genre vomissent l'engourdissement de l'opulence suburbaine (le même que dans les films de Larry Clark) avec une vérité qui fédérait, ce soir-là, une foule d'adulescents en liesse. N'eût été des contraintes d'espace et des aléas de l'actualité culturelle, Reborn to ashes se serait sans aucun doute [...]

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Dumas: le nouveau Elvis (Le 5 à 7)

27 décembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

Première journée de la grande liquidation de fin d'année Du haut de la King. Au menu dans les prochains jours: entrevue, palmarès, portrait, rattrapage, etc. Tout doit sortir de nos voûtes, afin de débuter 2011 en neuf. Aujourd'hui, l'homme derrière deux des meilleurs concerts de l'année à Sherbrooke, Dumas. ********************************************************************************************* Dumas bouclait la boucle il y a quelques semaines au Vieux Clocher de l'Université de Sherbrooke en présentant un des derniers concerts de sa tournée Traces. Comme le chanteur en costard m'avait accordé un généreux entretien en janvier dernier, alors qu'il débutait sa chevauchée québécoise au même endroit, je lui ai proposé de dresser un petit bilan informel en après-midi. Rejoignons-le dans sa loge. ********************************************************************************************* DHDLK: La dernière fois qu'on s'est vus, c'était en janvier, tu débutais ta tournée à Sherbrooke. Tu as donné 60-70 shows depuis… Dumas: «On a fait une tournée plus compacte que la précédente. On a franchi le cap des 45 concerts au National, Joce (Jocelyn Tellier, son guitariste) a fait une marque sur le mur de la loge pour chacun d'eux. En février-mars-avril, on faisait trois-quatre shows par semaine. Soixante shows, c'est plus court que Fixer le temps. Je suis content de finir, parce que je veux faire un autre genre de show après les Fêtes, plus acoustique. Un [...]

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L’écho des locaux: Top 5 scène locale 2010

22 décembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

1- Jérôme Dupuis-Cloutier On l'avait entendu en engloutissant une lasagne à La Caravane de North Hatley et avait été envoûté par la beauté baroque de ses chansons, au point de suspecter la cuisinière de sorcellerie. Doutes démentis par le premier album habité de celui qu'on nommait jusque-là Le Citoyen, Gentleman refroidi. Les grands labours, texte du désir fauve de Denis Vanier endimanché dans des habits de banjo et de clarinette basse, aurait probablement fait pester le défunt poète tatoué. Il aurait eu bien tort. 2- Jake and the Leprechauns At Midnight, the Birdsong, ou les tiraillements du passage à l'âge adulte. Un album de propos et de facture matures. 3- b.e.t.a.l.o.v.e.r.s Café, bar, salon, parc, toit, Pop Montréal, etc.: le combo de Charles Lavoie, qui a enfin trouvé un véhicule folk à la mesure de son charisme, s'est fait entendre partout. Le falsetto et le sourire de chérubin du chanteur peuvent déplacer des montagnes. 4- La scène métal sherbrookoise En mars, la journaliste Mélissa Fauteux brossait au Téléjournal un portrait peu réjouissant de la fréquentation des salles grand public en Estrie. Un problème qui ne guette pas les bars Le Magog [...]

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L’écho des locaux: Photoroman

8 décembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

Au commencement était Jenny et les Pin-Ups, initiatique formation pop-punk avec laquelle Stéphanie BB inaugurait sa vie d'égérie de l'underground, et Tony Lofi, de petit baveux à guitare vintage. Vint ensuite Tuxedo Grrrls, sorte de Bloc Party wellingtonien qui, en quelques concerts-événements, allait marquer les piliers du Téléphone rouge avec ses rythmes post-punk et ses refrains furieux avant que son chanteur ne regagne son plat pays. Se joignirent donc à nos deux héros, afin de prendre le relais en habits de Bébés requins, un certain Matthieu Petit (jeune retraité du showbiz), Josie (la dulcinée de Lofi) et Louis-Philippe (le mec de Stéphanie), entre autres. Un 45 tours, un hit CFAK, une session Bande à part et quelques changements de personnel plus tard, les deux couples entichés des sixties ouvrent un Photoroman rempli de vinyles des Cramps et des Lutins, de robes chasubles, de nœuds papillon et de filles qui exigent d'être traitées comme Audrey Hepburn. On reconnaît le mélomane-stratège en Lofi quand il nous explique ce qui a motivé la fin des Bébés requins. «Scinder un groupe de sept personnes pour en former plusieurs petits, c'est mieux pour la scène locale.» Photoroman, comme son nom kitsch permet de le croire, reprendrait [...]

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Steve Hill: quand c’est mon tour, je fais ma patente (Le 5 à 7)

25 novembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

Voici une entrevue réalisée cet été et qui, pour de multiples raisons (on vous épargne les détails scrabreux), n'avait pas pu alors être publiée. Nous profitons du passage des Respectables, avec qui Steve Hill fait gémir sa six cordes en remplacement de son ami Johnny Flash, pour la mettre en ligne. Le 26 novembre à 20h30 au Vieux Clocher de Magog. ************************************************************  Steve Hill foutait le feu à la Fête du lac des Nations samedi dernier (le 17 juillet 2010). Accompagné de ses Majestiks tout de denim vêtus, il poussait dans ses derniers retranchements le festivalier à bermuda blanc qui, gagné par la puissance des solos du rockeur, ne pouvait plus se retenir et dû esquisser quelques mouvements de air guitar, au grand dam de madame qui ne soupçonnait pas un tel animal en "minou". Après une version d'anthologie, bourbeuse et criante, de Won't get fooled again – qui aurait fait rougir les Daltrey et Townshend du dernier Superbowl -, le héros guitaristique trifluvien regagnait la scène avec Éric Lapointe, le manteau en jeans ouvert sur un torse nu (comme quoi le rock'n'roll est toujours affaire d'énergie sexuelle), ce qui allait inspirer à «celui à qui les cocus parlent avec leur poing » lors de la présentation des musiciens un: «le beau bonhomme de la gang, Steve Hill!» J'avais échangé quelques mots [...]

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L’écho des locaux: Le Bal à l’Huile

24 novembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

La dernière fois que l'on s'est attablé avec ses leaders, Le Bal à l'Huile lançait enfin, après 11 ans d'épluchettes de blé d'Inde, de salles paroissiales et de sous-sols d'église, un premier album, Maudit que j'filais ben, et briguait une invitation au Festival Mémoire et Racines, la grand-messe du trad fêtée chaque été dans son fief, Lanaudière. Un an plus tard, des photos de l'événement remplissent son album-souvenir. Et ils sont doux, les souvenirs. «Le public chantait toutes nos chansons, une vraie chorale de plusieurs centaines de personnes. Ce moment a été très émouvant…», se souvient Patrick Goulet, cofondateur de l'ensemble avec son vieux chum Jean Coupal. Sauf que ce n'est pas parce que ça va bien qu'on ne peut pas inviter d'autres joyeux drilles à entonner. Se sont donc joints à la bande au cours des derniers mois le guitariste Paulyn Lacroix, le contrebassiste Guy Breton et l'homme de toutes les circonstances Olivier Brousseau. Ce n'est pas tout: Isaël McIntyre tapera bientôt du pied avec eux. Les célébrations précoces de la Nativité ont beau revêtir quelque chose d'assommant dans les pharmacies, avec Le Bal, c'est toujours «Yes sur la rue Gaspard! Yes!» (son cri de ralliement). «On peut se [...]

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The Sainte Catherines: toujours en amour (avec la poutine, les cigarettes et le punk)

17 novembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

Supposons que vous vous soulagez dans un des urinoirs du bar le Saloon en chantant les paroles du plus gros hit de The Sainte Catherines, Ring of fire = 4 points, extrait de Dancing for decadence. «I spent time in f****** bars when I should be in your trustful arms», hurlez-vous à la lune. Drôlement paradoxal. Vous êtes un grand fan des Sainte Catherines et ce n'est pas parce que leur traditionnelle tournée «Poutine et Cigarettes» s'arrête à Sherbrooke un lundi soir, dans un sous-sol lugubre, que vous alliez rester à la maison. Supposons que Hugo Mudie enfile au même moment son accoutrement de scène – veste sans manche à studs avec un logo des Flyers de Philadelphie dans le dos -, dans la cabine d'à côté – non, le bar le Saloon ne compte pas de loge -, et qu'il vous entend gueuler cependant que vous arrosez l'émail avec les canettes de Pabst qui remplissaient jusque-là votre vessie. Supposons que Hugo Mudie vous propose tout bonnement de prendre sa place derrière le micro quand son groupe, The Sainte Catherines, balancera tantôt sur scène le brûlot auquel vous venez de faire subir un «bathroom remix». Il se peut que vous jubiliez et que vous vous disiez que, malgré sa réputation de [...]

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L’écho des locaux: Guajira

10 novembre 2010 · Divers · Dominic Tardif

Pendant que certains littéraires enterrent vivant le livre papier, les mélomanes, eux, n'ont de cesse de déterrer le bon vieux vinyle. Le duo world-fusion-fingerstyle (sa définition) Guajira lançait récemment un 45 tours intitulé Le Rainmaker. Un rêve d'enfance du guitariste Jean-François Tremblay, qui collectionne ce que MC Gilles nomme, le r outrancièrement roulé, «viryre». C'est le Guajira du premier album éponyme que l'on retrouve ici, ou presque. La guitare fingerstyle est toujours à l'avant, mais la batterie presque métal de Luc Cloutier prend congé pour faire place à des percussions feutrées: bongos, djembé, cajón (instrument péruvien qui remplace la grosse caisse et la caisse claire). «Jouer principalement avec les mains apporte une sonorité plus chaleureuse que les baguettes qui, elles, ont plus d'attaque.» Réussi. La face B, «L'arrière-boutique», est un sympathique détour blues. Fait inusité, quoique de plus en plus répandu: ce sont les fans de Guajira de par le monde qui ont financé la production de ce disque. Grâce à la plateforme Web RocketHub, les musiciens sherbrookois ont pu recueillir les sous, en échange de promesses de cadeaux. Des contributions seraient venues d'aussi loin que New York, Atlanta et Munich, preuve que la communauté fingerstyle reconnaît le talent du [...]

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