Blogue de Dominic Tardif Du haut de la King RSS

Dominic Tardif vit à Sherbrooke. Il collabore à Voir Estrie et à Voir. Il s'intéresse à la musique et à la littérature.

Machinegun Suzie: panthères de party

9 mars 2011 · Divers · Dominic Tardif

Pouliche, batteure de Machinegun Suzie, pendant le test de son: «Eille le soundman, peux-tu pas mettre de spot su' moé s'te-plaît?» (Réponse inaudible du sonorisateur) Pouliche: «Ouain, c'est bon, j'veux juste pas me sentir comme au Dagobert à Québec.» (Éclats de rire dans la foule.) Peu importe les élans artistiques du sonorisateur/éclairagiste samedi dernier, pourtant, suffisait de tremper les lèvres dans sa canette de Pabst Blue Ribbon – un goût auquel on s'habitue comme on apprivoise en vieillissant l'idée de sa propre mortalité – pour être rassuré sur l'endroit où l'on se trouvait: Bar Le Magog, Sherbrooke.  Ce qui n'a pas empêché Yvonne Eric, vétérane chez MgS, de se demander si elle était atterrie dans le bon bar. Pour qui n'a pas mis le pied dans ce refuge de beaux marginaux depuis 4 ou 5 ans, le choc peut être frontal, le Magog ayant depuis gommé petit à petit sa brune singularité de dive-bar pour se transformer, à l'aide de fresques au graffiti, de lumière noire et d'une effigie de Slash peinte au mur, en bar rock tout à fait fréquentable. La chanteuse affichait donc une stupéfaction mi-épatée, mi-consternée, en retrouvant le lieu de vieilles folies dépouillée de sa patine d'établissement de seconde zone, celle-là même que les garage-rockeurs comme elle affectionnaient tant jadis. Pour la [...]

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L’écho des locaux: JF Paradis

9 mars 2011 · Divers · Dominic Tardif

Vendredi matin. Passons un coup de fil à JF Paradis pour lui poser quelques questions au sujet de son premier disque, Dusty Road. «Attends un petit peu, je vais aller dans mon auto, je suis dans un magasin de musique.» C'est à un Dobro au puissant pouvoir d'attraction, «qui lui reste collé dans les mains», blague-t-il, qu'on l'arrache. Un instrument qui ne se serait pas senti dépaysé parmi les nombreuses six cordes qui sertissent les complaintes blues-folk du musicien arrivé à la guitare par la batterie, ayant d'abord tenu le rythme au sein de Too Many Cooks. «Dans ma tête à moi, je suis un bluesman, et un bluesman, ça peut commencer sur le tard et continuer longtemps.» Plusieurs autres guitaristes viennent prêter main-forte au multi-instrumentiste sur cet album aux notes boisées, écrirait-on si cette chronique parlait de vin. En plus de présenter de belles qualités d'écriture, Paradis réussit surtout, rare exploit chez les autoproduits, à envelopper, à maintenir une pulsation chaude tout du long. C'est là la marque de fabrique des grands que cite le chanteur: JJ Cale, le maître ès groove Daniel Lanois et Neil Young: «Lui, il fait deux accords et, ouh, il t'emmène quelque part.»  [...]

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Ladies of the Canyon: cowgirls modernes

24 février 2011 · Divers · Dominic Tardif

On nous avait promis du folk-pop. Je m'attendais, éternel pessimiste, à du country pop sirupeux. C'était ce que les vidéoclips de Ladies of the Canyon entrevus à CMT (oui, je regarde parfois CMT) laissaient présager. Disons que les efforts de mise en marché contraignaient presque le journaliste musical, persifleur par définition et par principe, à la méfiance: posters sur lesquels on prend bien soin, comme s'il s'agissait des nouvelles Spice Girls, d'écrire le prénom de chacune des filles (inutile; elles avaient visiblement toutes changé de couleurs de cheveux depuis la séance photo), vidéoclips avec gros plans sur les grandes jambes qui n'en finissent plus de finir de finir de finir de fnir des demoiselles (ce qui n'est pas pour nous déplaire) et arrangements policés jusqu'à l'asphyxie. Au Boquébière samedi soir dernier, la stratégie apparaissait finalement comme un compromis légitime: employer ce country pop (pas si sirupeux que ça) comme cheval de Troie pour percer le marché des radios country (saviez-vous qu'il y a plus de stations country aux États-Unis que de stations de tout autres genres confondus?), mais ne pas pour autant délaisser, en concert, les frissonnantes harmonies vocales héritées de Fleetwood Mac, ni cette fragilité folk à la Joni Mitchell (à qui elles doivent leur nom). D'entrée de [...]

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L’écho des locaux: Voluntad

23 février 2011 · Divers · Dominic Tardif

On dit que chaque mort s'accompagne d'une naissance. Les coïncidences sont parfois troublantes: papi quitte pour le grand night-club céleste au même moment où petit-fils atterrit dans les mains de l'obstétricien. Ou, parfois, c'est en se diluant dans l'art, grand guérisseur de tous les maux, que le deuil se métamorphose. Pour Gwendolyn Rivera, la perte de son père, Patricio Rivera, musicien poussé à un exil québécois par le régime Pinochet, allait mettre au monde Voluntad. C'était il y a 10 ans, se remémore, émue, l'enfant de la balle. «Il s'agissait d'un cri pour le garder en vie, pour garder ma culture et mes racines chiliennes en vie.» Cinq-six ans de concerts et de chansons traditionnelles sud-américaines plus tard – le destin faisant toujours inexorablement son œuvre (va-et-vient de musiciens, grossesse, divorce)  -, le groupe optait pour l'hiatus. Qui allait tenir jusqu'à ce qu'un admirateur, Danys Levasseur, brasse les puces à Rivera et compagnie en se portant volontaire pour remplacer leur guitariste en allé et – offre imbattable – pour réaliser le premier album de la formation qui arrive enfin, Inmortal. Désormais davantage éclectique qu'à ses débuts plus strictement trad, Voluntad explore des contrées world-rock aux teintes tsiganes. Aux textes en [...]

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Perfect Roses: belle obsession

10 février 2011 · Divers · Dominic Tardif

J'ai rencontré les gars de Perfect Roses lors de leur passage au Bar Le Magog le 7 mai dernier. Je voulais, à ma façon, réécrire le grand texte du journaliste américain Chuck Klosterman, Appetite for Replication (à lire dans son recueil Sex, Drugs and Cocoa Puffs: A Low Culture Manifesto), le portait d'un groupe hommage à Guns N' Roses nettement moins agréable que Perfect Roses. La mise en ligne de ce texte se veut aussi un hommage à Martin Jolicoeur qui, après dix ans de loyaux services, quittait Perfect Roses fin 2010. Perfect Roses sera en concert le 11 février, à 20h, au Club Aramis de Saint-Lambert. ********************************************************************************************************* «Personne d'autre que moé / Aime GN'R // Pourtant GN'R c'est bon // Quelques personnes / Que je connais / Aiment GN'R // Entre nous / Dans nos regards / Sur les riffs de guitare / Il y a l'harmonie / Qu'est celle / De GN'R» – Martin Dubreuil, «J'aime GN'R», extrait de J'm'appelle Martin Dubreuil et voici mes poèmes de quand j'filerai pas plus tard *********************************************************************************************************** «J'ai fait réparer ma perruque!» Marc-Antoine Bouffard, enseignant de 35 ans, un brin trapu, porte un t-shirt bleu de Mike Cammalleri et un jeans ample. Dans quelques heures, la perruque réparée maintenue [...]

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L’écho des locaux: Musique Cité

9 février 2011 · Divers · Dominic Tardif

Sylvain Lecours est un verbomoteur, mais un plaignard, pas exactement. Pour qu'il ait organisé, le 25 janvier dernier chez ArtFocus, un remue-méninges afin de sortir sa boutique, Musique Cité, du marasme financier dans lequel elle s'enfonce, fallait que la situation soit critique. Devant la menace d'un couperet qui pourrait tomber sur le dernier disquaire indépendant de Sherbrooke aussi tôt qu'en septembre, les esprits chagrins éructeront sans doute quelque chose comme: «Ouin pis? Je peux acheter le dernier Rihanna à la pharmacie!» Mais le dernier Jaune, Conards à l'orange, Korpius? Moins sûr. On ne s'en ferait pas autant pour ces artistes – ceux dont cette chronique trace habituellement le portrait – s'il n'était pas devenu plus difficile de placer en consigne des copies de son album autoproduit chez les grandes chaînes (HMV, Archambault) que d'obtenir une audience auprès du pape. À leurs exigences étriquées, Musique Cité oppose une ouverture d'esprit tous azimuts; son inventaire compte plus d'une centaine de parutions d'ici. Voilà pourquoi ils sont nombreux, dans notre pile de nouveautés, à exclusivement lui faire confiance. C'est le cas, par exemple, de la formation alt-métal Union of the Slaves, qui faisait paraître fin 2010 Cheating the Obvious. Parmi les 80 idées recueillies [...]

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Waterloo, ville ouverte

31 janvier 2011 · Divers · Dominic Tardif

Entourez-la sur votre carte routière, googlemappez-la: Waterloo, P.Q. est la ville culturelle où l'on s'amusera cette saison. Vendredi dernier, le marathon musical débutait à 17h avec Jimmy Hunt et Monogrenade dans une pièce attenante à la salle principale de la Maison de la culture de Waterloo pour la première édition des 5 à 7 Acoustix. Malheureusement toujours en voiture à ce moment, nous ne pouvons que rapporter le commentaire d'amis présents qui ont trouvé très charmant qu'on les attende pour débuter le concert, même s'ils accusaient quelques bonnes minutes de retard. Recevoir le même traitement royal coûte gratuit, suffit de réserver sa place. Pour avoir presque à soi (une trentaine de spectateurs tout au plus, m'a-t-on dit) l'auteur de l'album de l'année, ce n'était pas cher. Les plus nocturnes que cinqàsepteux ont attendu 22h et se sont pointés juste à côté, au Bière Ô Loo (qui revendique 90 sortes de bières et 100 sortes de whiskys; on conseille chaudement de ne pas tout goûter), où les artistes invités poursuivaient ce qu'ils avaient entrepris à 17h (gagner les Waterlois un à un). Aurait fallu arriver avant; le petit bar – plus intime que ça et on se retrouvait carrément au lit avec Jimmy Hunt (une idée qui en séduira plusieurs) – débordait. Une chance que le chanteur émacié et sa guitare s'accommode de peu d'espace. Monogrenade, avec son attirail (un violoncelle!), semblait plus à l'étroit.   Mais que fera le mélomane increvable pour tuer [...]

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Retour tardif: Wildlife et Our Book and the Authors

31 janvier 2011 · Divers · Dominic Tardif

«La dernière fois que Springsteen a joué à Toronto, j'étais vraiment très cassé. Je voulais tellement y aller que j'ai mis une annonce sur Craigslist pour demander si quelqu'un pouvait m'y inviter. Je promettais à la personne de la faire boire, de la sortir dans des endroits cool, de lui faire passer la plus belle soirée de sa vie, si seulement elle me traînait au show. Je n'ai pas reçu de réponse.» C'est le chanteur du groupe torontois Wildlife, Dean Povinsky, qui relatait cette anecdote, le 22 janvier dernier, à l'extérieur du Boquébière, les cheveux encore ruisselants (des plans pour attraper la mort!). Normal, il ne s'était pas ménagé dans les heures précédentes, donnant un fougueux concert en première partie de Our Book and the Authors, aux côtés de qui sa bande allait ensuite jouer du maracas et s'époumoner sur quelques morceaux. Une chorale, non, un bataillon ad hoc. Fallait voir la gueule que le chanteur de OBATA, Gabriel D'Amour, faisait pendant la performance des Ontariens, le capuchon de son hoodie sur la tête, l'air de se demander comment faire pour "accoter ça". C'était tout un sprint que venait de courir Wildlife, propulsé par une éthique de travail impeccable, dirait-on dans les débats sportifs. Tous les groupes placés dans la même position - la proverbiale pression de la [...]

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L’écho des locaux: Two Green Cats

26 janvier 2011 · Divers · Dominic Tardif

Vous vous souvenez du gars qui traînait toujours dans la cafétéria brune au cégep? De son regard embrumé? Du nuage de fumée qui le pourchassait sans cesse? Du t-shirt de Led Zeppelin qu'il ne quittait jamais? De cette façon qu'il avait d'envisager la vie comme s'il suffisait de crier «more cowbell!» pour que le plaisir rapplique? Perdu de vue le bougre? Recommandation Du haut de la King: retracez-le (réseaux sociaux, man), mettez quelques froides au frigo et entamez les retrouvailles au son de Two Green Cats, la réponse la plus crédible que Drummondville-du-rock ait jamais offerte à The Black Crowes. Le chanteur William Larochelle place bien sûr le groupe dans la liste d'artistes fous de six cordes électrifiées que sa gang tient en admiration (The Datsuns, Rory Gallagher), même si le grand plan du leader et de son partenaire Maxime Lussier était, au départ, «de faire des compos style The Black Keys». Juste ça. On comprend l'idée à l'écoute du premier album de la formation, qui fourgue cependant un blues-rock plus lisse que le duo de Dan Auerbach. Mais ils y sont presque, quelques heures de trempage dans le bourbon et leurs chansons seront à point. Parce que Two [...]

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Breen LeBoeuf: juste un gars dans le band (Le 5 à 7)

21 janvier 2011 · Divers · Dominic Tardif

J'ai d'emblée aimé April Wine pour son deuxième trio, sa section rythmique composée des bonzes (au figuré, comme au propre) Jerry Mercer (batterie) et Jim Clench (basse), des monsieurs joyaux et visiblement heureux d'être sur scène. Son chanteur, Myles Goodwyn, lui, a l'allure, et le charisme, d'un vieil oncle grippe-sou qui vient toucher son chèque. Autre grande qualité du groupe: ses titres de chansons, du cousu main pour les compilations soft rock (rock léger!) de TimeLife (et leurs savoureuses infopublicités): Rock'n'roll is a vicious game, Like a lover, like a song, Cum hear the band, Tonight is a wonderful time to fall in love, etc. Le «Led Zeppelin des bacs de disques usagés» (selon la méchante, et éclairée, formule de l'auteur Bruce Eaton) a donc failli perdre mon support quand Jim Clench choisit la liberté 58 en 2007 (notons que le musicien, qui a également oeuvré au sein de BTO, est décédé le 3 novembre dernier). C'était sans compter sur le carnet de téléphone bien rempli de Jerry Mercer, qui passa tout de suite un coup de fil à son vieux chum Breen LeBoeuf, le plus sympathique Ontarien du rock québécois, qui se débat toujours, après trente ans, avec des blues qui ne passent pas dans la porte. Un remplaçant était élu. Jerry Mercer a depuis lui-aussi pris sa retraite (liberté 70 [...]

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