Blogue de Pierre Huet Contes et légendes RSS

Franz Liszt à Ahuntsic

24 mai 2014 · Divers · Pierre Huet

Aussi étonnant que cela puisse paraître, je n’ai pas toujours été le puits de culture que je suis aujourd’hui. Attention : au début de mon adolescence, j’étais déjà fort dans plusieurs domaines ayant rapport, parfois de très loin, avec la chose artistique. Prenez le cinéma, ou pour être plus précis, les vues. J’avais, sans me vanter, une connaissance assez exhaustive de ce qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler le film de genre. Ceci était du en large partie à ma fréquentation d’un cinéma de mon quartier appelé le Montrose. Quand je dis « de mon quartier » ,je tire un peu sur l’élastique. En effet, à l’époque de mes douze ans, ce qu’on appelait son quartier se résumait à peu près à un quadrilatère allant de d’un bout de notre école primaire à l’autre le parc municipal où l’on se tenait, et dans l’axe contraire l’artère commerciale- dans mon cas la rue St-Hubert (avant qu’elle ne connaisse ses heures de semi-gloire sous l’appellation de Plaza)- où on allait gaspiller nos vendredis soir jusqu’à la toute autre extrémité, c’est-à-dire la rue un peu lointaine où j’allais me réfugier régulièrement quand il venait au grand Paquette un goût de me casser la gueule, [...]

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Les pigeons de Copenhague

12 mai 2014 · Divers, Humeur · Pierre Huet

Mon tout premier voyage en Europe m’avait enfin emmené à coup d’auto-stop vers ce qui était au fond ma véritable destination ultime : le Danemark et ses plages remplies-lisait-on dans les guides de voyage- de milliers de blondes qui attendaient impatiemment la visite d’un jeune québécois de 18 ans au sommet de sa forme physique et aux cheveux de jais. Tout moi ,autrement dit. C’est ainsi que suis arrivé plein d’espérance et presque vide de cash aux portes de Copenhague. Après un mois de voyage à travers l’Europe, mon budget quotidien en était rendu à $2.70. Nous étions beaux être en 1968, ce n’était pas beaucoup. Il fallait donc que je prenne des mesures draconiennes. D’abord la nourriture. Très rapidement, j’en suis arrivé à adopter un régime équilibré. J’avais découvert un resto self-service où pour quelques krones- la monnaie locale avant l’arrivée de l’euro- on vous servait un œuf et votre poids en patates. J’étais donc devenu un pilier de la place. Pour varier mon menu, je visitais des brasseries. Pas des brasseries dans le sens commercial du terme; de véritables brasseries; celles où on brasse de la bière. En effet, Copenhague comptait 2 grandes brasseries nationales : Carlsberg et [...]

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Ciceron, Catalina, Brault & Martineau

19 mars 2014 · Divers, Humeur · Pierre Huet
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Petit détour littéraire qui, ne vous inquiétez pas amis lecteurs, va nous entraîner sur des pistes moins fréquentables pleines de détrousseurs de cadavres . Je viens de terminer la lecture d’un roman formidable, à mi-chemin entre le thriller et le récit historique. Il s’agit d’IMPERIUM, de Robert Harris. Avant de plus vous en parler, quelques mots d’abord sur le Harris en question, qu’il ne faut pas confondre Thomas Harris, le créateur d’Hannibal Lecter et de ses spécialités culinaires. Robert Harris est un de mes auteurs préférés; c’est un historien britannique à qui on doit un paquet d’excellents thrillers , souvent à saveur historique. Je tiens pour son chef-d’œuvre FATHERLAND, un de ses tous premiers livres. Fatherland appartient à un sous-genre que les anglophones appellent «What If» et les français, à ce qu’en m’en dit Robert Aird, le «uchronique». On pourrait aussi utiliser bêtement le terme de politique –fiction. Dans ce genre romanesque, l’histoire (celle avec un petit  h),  se passe dans une Histoire (avec un grand  H) réécrite différemment. Ainsi, dans Fatherland, on assiste à une enquête policière qui se déroule dans l’Allemagne de 1946, mais une Allemagne où Hitler aurait gagné la guerre et attend, triomphal, la visite de [...]

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Charles Trenet et les pingouins

24 février 2014 · Divers, Humeur, Musique · Pierre Huet
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J’ai longtemps boudé New York et de façon générale les Etats-Unis. Je faisais partie de ces gens non pas snobinards mais un peu schizophrènes sur le plan culturel. Autant je m’abreuvais à la culture américaine que ce soit en musique, en arts plastiques ou en littérature, autant, quand venait le temps de faire un voyage, je me tournais irrémédiablement vers l’Europe. New York, Boston ou Chicago avaient beau être bien plus proches et fort intéressants sur le plan culturel et pas plus coûteux, non, je les boudais. Pas étonnant que mes amis français, qui eux rêvaient de New York (à l’excès, j’en conviens) me trouvaient idiot d’agir ainsi. Mon attitude d’alors me rappelle les propos que m’avait tenus un français qui m’avait embarqué sur le stop alors que je quittais Paris, lors de mon premier voyage en 68. 1968, les jeunes. Je précise au cas. Or donc, il venait de découvrir que je venais d’Amérique. Et plus précisément du Québec francophone, ce qui faisait qu’il prononçait chacun de ses mots très lentement, tourné vers moi pour qu’au pire je puisse lire sur ses lèvres. Il vitupérait constamment et sur toutes sortes de sujet contre les «ricains». Les ricains sont des [...]

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Méfiez-vous des femmes qui rient

3 février 2014 · Humeur · Pierre Huet
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J’ai reçu récemment un appel de Michel Rivard, qui est à préparer son prochain spectacle; il m’explique que dans la très difficile sélection de chansons qu’il songe à glisser dans celui-ci, il pense peut-être mettre « Heureusement qu’il y a la nuit » , une chanson que nous avons écrite ensemble –moi aux paroles, lui à la musique – pour Beau Dommage, et que Michel, ironiquement, n’a jamais chantée lui-même, puisqu’à l’époque, elle avait été –très bien- interprétée par Pierre Bertrand, pour des raisons de démocratie dans le groupe. Or donc, Michel songe à la reprendre mais en y changeant un mot ou deux. J’apprécie sa délicatesse de m’en prévenir, et ce sera à vous de jouer au jeu des différences si Michel persiste dans son idée de la chanter à la Place des Arts le 20 février. Tout ça m’a amené à repenser au texte de cette chanson et en particulier à une allusion qu’on trouve dans le texte au mythique Parc Belmont de Montréal, aujourd’hui disparu. Comme il m’arrive régulièrement de le faire dans cette chronique, quelques notes historiques pour les plus jeunes d’entre vous. Le Parc Belmont a été pendant des années LE parc d’amusement des montréalais, [...]

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Roméo Pérusse pour toujours

27 janvier 2014 · Humeur, Musique · Pierre Huet
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Mon ami et chroniqueur au Devoir Sylvain Cormier a été récemment victime d’une catastrophe toute personnelle: suite à un dégât d’eau chez lui, sa précieuse collection de disques en vinyle a été en partie abîmée. Des tas d’amis Facebook, fans comme lui de ce mode d’enregistrement théoriquement désuet mais en pleine résurgence, ont partagé sa douleur et échangé leurs propres histoires d’horreur. De fil en aiguille , cela a emmené des conversations sur le type de trucs aujourd’hui introuvables qu’on…trouvait dans le temps en version trente trois tours –et un tiers, pour être plus précis- sur le marché , et qui ne risquent guère de ressortir en cd ou moins encore en patentes à gosse du genre «streaming» . Comme par exemple des enregistrements de célèbres comiques québécois tels Gérard «nono» Deslauriers , Lucien «Beatle» Stéphano , Lucien Boyer (le prénom «Lucien» était beaucoup plus populaire au Québec dans les années cinquante que maintenant) et surtout le plus grand de tous, Roméo Pérusse , que j’ai eu l’honneur et le plaisir de rencontrer quelques fois, dont la plus marquante est sûrement celle où il n’était vêtu que d’une paire de panties et de deux cache-mamelons. Mais avant d’évoquer mes souvenirs [...]

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À la recherche du temps perdu en avion

11 janvier 2014 · Humeur · Pierre Huet

Quelques anecdotes à lire dans la salle des pas perdus d’un aéroport… Décidément, plus ça va et plus Toronto bat Montréal sur toute la ligne : non seulement leur festival du film bat à plates coutures celui de Serge « Ma casquette » Losique , mais voilà qu’en termes de quantité et de longévité, les ennuis des passagers laissés en berne à l’aéroport Lester B. Pearson durant la récente crise de température extrême a laissé loin derrière les performances de l’aérogare Pierre Elliot-Trudeau. Faut dire que la moitié des gens qui auraient pu aller faire les cent pas à Trudeau n’ont jamais pu s’y rendre à cause des indications routières nébuleuses qui entourent l’endroit. Tout ça pour dire que cette crise m’a rappelé une couple d’anecdotes personnelles liées au merveilleux monde de l’aviation. Première histoire. Il y a de ça quelques années, un producteur télé avait contacté mon ami Jean-Pierre Plante et moi avec une idée qu’il avait pour un nouveau concept télé. Il voulait faire une série avec ce qu’il est convenu d’appeler dans le monde de la télévision les moments « feel good » ou encore « human interest ».Oui, ce sont des termes anglais, et pourtant ce [...]

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Ma semaine avec Joni Mitchell

28 décembre 2013 · Divers · Pierre Huet

MA SEMAINE  AVEC JONI MITCHELL   On parle beaucoup  en ce moment de INSIDE LLEWYN DAVIS, le plus récent film des frères Coen. De l’aveu même de ces deux brillants réalisateurs, le scénario du film est grosso modo inspiré des mémoires de Dave Van Ronk, un légendaire folk singer newyorkais des années soixante. Dans le cas de Dave Van Ronk  , comme de beaucoup d’autres artistes,  le terme « légendaire »  veut paradoxalement dire « dont on ne se souvient pas ».   Pour ma part, je me souviens de Van Ronk pour 2 raisons. D’abord, je l’ai bel et vu vivant et en spectacle. Il est en effet venu à Montréal, il y a longtemps- 1968, pour être un peu plus précis- jouer à un autre truc légendaire (le terme « légendaire » dans ce cas, signifiant « qui n’existe plus »), le  café New Penelope, un endroit où je n’ai non pas gaspillé ma jeunesse, mais l’ai plutôt enrichi. C’était un café- café dans la mesure où on n’y servait pas d’alcool- où certains des artistes les plus extraordinaires de l’époque sont venus jouer. J’en ai déjà un peu parlé dans un autre texte où je racontais comment je m’étais retrouvé à partager un lit avec [...]

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My dinner with André

17 décembre 2013 · Humeur, Livres · Pierre Huet
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L’article de Sylvain Cormier sur un nouveau livre d’entrevues avec André Franquin, dans Le Devoir, m’a ramené d’excellents souvenirs –et un autre , moins- de mes rencontres avec le génial créateur de Gaston Lagaffe et du Marsupilami. Cela remonte aux années où j’avais créé le Festival International de la Bande Dessinée de Montréal (ouf!). Je travaillais alors à l’Université de Montréal et je m’étais en quelque sorte arrangé pour me fabriquer –j’y étais animateur culturel- une job correspondant à ma passion d’alors pour la bande dessinée. C’est d’ailleurs là que j’ai fait la connaissance de Jacques Hurtubise, rencontre qui allait éventuellement faire en sorte que je devienne un jour rédacteur-en-chef du magazine Croc. Mais tel n’est pas mon propos aujourd’hui. Ce fameux Festival, qui dans sa première incarnation a duré 4 ans, aura permis, je l’espère, à mieux faire connaître les bédéistes québécois d’alors , mais de façon plus égoïste, m‘aura donné la chance de faire la connaissance de plusieurs de mes idoles en bande dessinée comme Claire Bretecher, Hugo Pratt, Gotlib, Tardi, Fred, Reiser et dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, André Franquin. Mais avant de parler de ce grand, très grand monsieur et de mes mésaventures avec [...]

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À la recherche du Éric Lapointe perdu

11 décembre 2013 · Divers, Humeur, Musique · Pierre Huet

En écoutant cet après-midi le légendaire André Perry parler- entre autres choses- de son tout autant légendaire studio à Morin Heights, ça m’a rappelé quelques bons souvenirs et un autre d’un style un peu différent. Même si ce superbe studio jumelé à une résidence tout aussi superbe n’existe plus aujourd’hui et même si monsieur Perry l’avait auparavant revendu, l’endroit restera toujours dans la mémoire d’artistes québécois et étrangers » le studio Perry  » ou « le studio Morin Heights », J’ai moi-même eu l’occasion d’y enregistrer 2 ou 3 disques avec Paul Piché et Beau Dommage. Par contre ma toute dernière visite à cet endroit a plutôt fini en queue de poisson, ou est-ce en eau de boudin? Tout ça avait commencé par une rencontre mémorable dont je me souviens très peu avec Éric Lapointe, un soir de -bien nommées- Francofolies. Le sympathique Éric, que je ne connaissais pas personnellement avant le soir en question, avait insisté pour m’entraîner dans une virée au légendaire Bistrot À Jojo. Vous me connaissez: trop poli pour refuser.Toujours est-il que quelques heures et le double de breuvages plus tard, j’avais récité à Éric un bout de texte d’une chanson que je n’avais jamais terminée.J’étais persuadé qu’il ne s’en [...]

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