

Danielle MartineauAccordélidon : Le souffle au cour
Josiane Ouellet
Si la musique traditionnelle soulève aujourd’hui l’enthousiasme des jeunes Québécois, c’est en grande partie grâce à DANIELLE MARTINEAU, qui a réussi à leur transmettre sa passion pour le genre.
Avec ses chansons évocatrices, ses rythmes entraînants, ses airs festifs, son ton enjoué et son interprétation expressive, Danielle Martineau séduit le jeune public. Dans une atmosphère souriante, elle raconte des histoires simples qui captivent les enfants. Ses pièces, qui invitent à la danse, baignent dans un environnement sonore des plus colorés où se côtoient, entre autres, hibou, grenouille, oiseaux et moustiques.
Le spectacle Accordélidon, qui fêtera bientôt son second anniversaire, invite les jeunes à découvrir un instrument particulièrement cher à Danielle Martineau: l’accordéon. Ce dernier lui permet d’exploiter le côté moins rationnel, moins académique de la musique: «Ça bouge, l’accordéon, ça respire. J’aime le côté aérien de cet instrument.» Dans sa chanson Les Noms de l’accordéon, elle raconte d’ailleurs l’histoire de l’instrument et en révèle les différentes identités: organophone, harmonium, boozoophone, duophone, cécilium et mélophone. Qu’il s’agisse de Tout le monde a la grippe de La Bolduc, de Marcel la grenouille, la danseuse à claquettes, de El Pimento, un air assaisonné à la mexicaine, ou de la triste histoire de Léon, le joueur d’accordéon, les mélodies qui figurent au programme sont à la fois diversifiées et originales. Le but de Danielle Martineau est de piquer la curiosité des enfants, ce public dont elle apprécie la spontanéité et le caractère enjoué: «Quand ils aiment, ils embarquent; quand ils n’aiment pas, ils s’en vont.»
Naturellement, le spectacle est très interactif et il y a de la danse: «C’est ce que les enfants aiment», soutient l’artiste, qui a déjà plusieurs années d’expérience dans le domaine. En milieu scolaire, il lui arrive même de fabriquer de petits instruments de fortune (ceux-là même qu’elle décrit sur la pochette de son album) avec les enfants. Un des moments forts d’Accordélidon est sans contredit la présentation des instruments exotiques. Tous sont curieux d’entendre les sons émis par ces bijoux hors du commun. D’ailleurs, sitôt la représentation terminée, petits et grands se précipitent généralement vers la scène pour pouvoir contempler de plus près ces instruments d’une grande beauté. Le cheng retient particulièrement l’attention et suscite l’admiration.
Son inspiration, Danielle Martineau la puise à même la tradition, dans sa forme, sa structure et ses idées. Elle essaie de faire le pont entre les trésors que ses recherches l’ont amenée à découvrir et les gens d’aujourd’hui avec leurs préoccupations modernes. Accordélidon est également un spectacle très théâtral. La participation d’Alain Gélinas (animation, harmonica, percussions et voix), qui a beaucoup travaillé comme comédien, n’y est certainement pas étrangère. Éric Desranleau (guitare et voix), qui a aussi étudié en théâtre de même qu’en arts plastiques et en musique, complète le trio. Quant à Danielle Martineau, inutile de dire qu’elle excelle autant à l’accordéon et au chant qu’aux orgues à vent et à bouche. Un spectacle pour les enfants de 3 à 8 ans, donc, susceptible cependant de plaire aux gens de tous âges.
Le 6 décembre
A la Bibliothèque Gabrielle-Roy