Blogue de Manon Dumais Cinémaniaque RSS

Après des études en arts, en cinéma et en littérature, j’ai tenté de me trouver un poste d’enseignante au cégep ou devenir muse d’un grand écrivain. Ayant un loyer à payer, je suis tour à tour devenue correctrice-réviseure, rédactrice de manuels scolaires et fille de pub. Puis, par un beau jour d’automne, je devins journaliste et critique de cinéma. The rest is history, comme qu’on dit…

Cannes 2013 : Let’s misbehave… sous la pluie!

15 mai 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Tièdement applaudi et discrètement hué ce matin à la projection de presse, The Great Gatsby de Baz Luhrmann n’était peut-être pas le film idéal pour ouvrir le Festival de Cannes malgré son opulence et son aspect festif. À la conférence de presse, aucun journaliste n’a réellement complimenté l’équipe du film. On aurait dit qu’un éléphant trônait au milieu de la pièce tant les journalistes, à l’exception d’une seule vers la fin de la conférence, ne semblait vouloir mentionner les plutôt désastreuses critiques américaines – le réalisateur se consolera en lisant les critiques françaises. Esquivant la question, le cinéaste à qui l’on doit notamment l’extraordinaire Moulin rouge! a rappelé que Fitzgerald lui-même avait été traité de clown par les critiques, qui l’accusaient d’avoir créer des marionnettes sans substance plutôt que de réels personnages, lors de la parution de son livre. « Personnellement, je veux que les gens aillent voir le film, c’est tout ce qui compte pour moi. » Faute de voir son film encensé par le parterre de journalistes, Luhrmann a donc lancé des fleurs au roman, lequel en mérite très certainement. « On tire de ce roman ce que l’on veut selon notre âge., expliquait-il La qualité d’écriture de Fitzgerald, c’est de [...]

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Cannes 2013: Spielberg pour président!

15 mai 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Chaque année, je me demande pourquoi j’assiste à la conférence de presse du jury puisque chaque année, chaque membre du jury répète sagement que c’est un honneur que de siéger sur le jury d’un si prestigieux festival et qu’il n’aime pas juger les films mais plutôt célébrer le cinéma avec d’autres gens du milieu. Cette année n’échappe pas à la règle et, entre nous, j’y suis allée parce que j’avais envie de respirer le même air, ne serait-ce qu’une demi-heure, que Steven Spielberg, l’air radieux en président du jury, Ang Lee, Cristian Mungiu, Daniel Auteuil, Christoph Waltz, Vidya Balan, Naomi Kawase, Lynne Ramsay et Nicole Kidman. Évidemment, rien de spectaculaire n’est vraiment sorti de cet exercice sympathique; sans doute serait-il plus intéressant d’assister en cachette aux rencontres de ce jury joliment disparate… « On est toujours en train de critiquer les films qu’on voit, alors siéger sur ce jury, c’est un peu la même chose. Tout le monde juge nos films, maintenant, c’est notre tour. Le cinéma est la langue commune qui nous unit. Le festival de Cannes est un lieu de rencontres de plusieurs visions du monde, de différentes cultures. Pour moi, il ne s’agit pas d’une compétition, mais d’une [...]

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RVCQ 2013 : Last call!

2 mars 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

J’espère que tu vas bien Alors qu’elle se rend chez un ami, Minou (Marie-Chantal Perron, pétulante) croise Dave (David La Haye, émouvant), confrère acteur qu’elle n’a pas vu depuis 10 ans, qui lui révèle être devenu itinérant. Réflexion douce-amère sur l’amour et l’amitié, cette modeste mais efficace réalisation de Jay Tremblay et David La Haye séduit par sa proposition: improvisation mixte tournée en un plan-séquence. Qui plus est, la complicité des acteurs est si palpable que l’on aurait envie de les suivre longtemps dans les rues de Montréal. Le hic, c’est que le tristounet portrait de la génération X qu’ils livrent à travers leurs propos, tantôt amusants, tantôt bouleversants, tombe trop souvent dans la facilité et la répétition – il est vrai que Dave est amnésique… Prêtant sa voix au conjoint de Minou, Richard Robitaille crée l’effroi au coeur de ce sympathique badinage. Cinémathèque québécoise, Salle Claude-Jutra, 17h15 Goon : Dur à cuir Adaptation des mémoires de l’ex-hockeyeur Doug Smith (Goon: The True Story of an Unlikely Journey into Minor League Hockey), Goon de Michael Dowse passe férocement au tordeur les clichés propres à la violence au hockey. Portant sur l’acceptation de soi et la tolérance, ce récit d’apprentissage se décline [...]

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RVCQ 2013 : la découverte du jour

25 février 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Les manèges humains de Martin Laroche prendra l’affiche ce vendredi, mais rien ne vous empêche de le découvrir ce soir, à 19h30, à la salle Claude-Jutra de la Cinémathéque. En rappel, voici quelques extraits de mon blogue parus le lendemain de la première du film au Festival de Karlovy Vary : Troisième long métrage de Martin Laroche (La logique du remords, Modernaire), Les manèges humains nous transporte au sein d’une petite bande travaillant dans un parc d’attractions ambulant afin de traiter… de mutilations génitales. Bachelière en cinéma, Sophie (Marie-Évelyne Lessard) y travaille avec sa meilleure amie Geneviève (Stéphanie Dawson), Guillaume (Alexandre Dubois), petit ami de celle-ci, Frédéric (Marc-André Brunet), à qui elle plaît, et Normand (Normand Daoust), la force tranquille du groupe. Lorsque le patron du parc (Michel Vézina) demande à Sophie de tourner un documentaire sur l’établissement, cette dernière, ne pouvant plus se séparer de sa caméra, lèvera le voile sur l’excision qu’elle a subie à quatre ans avant d’émigrer de l’Afrique au Québec. « J’ai un cousin qui travaille au parc d’amusements où on a tourné, expliquait le réalisateur après la projection de presse du samedi matin. Il m’avait un jour offert d’y tourner. C’est un lieu que je trouve [...]

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Berlinale 2013 : Une histoire simple de Camille Claudel

17 février 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

« J’ai la nostalgie des films de Dreyer et de Tarkovski, je ne me remets pas de leur mort. En France, on a la chance d’avoir Bruno Dumont. J’avais envie d’avoir cette caméra posée sur l’âme, sur le rien, sur le vide, sur le tout », lançait Juliette Binoche à la conférence de presse de Camille Claudel 1915, de Bruno Dumont, où elle tient le rôle de l’artiste au triste destin. Film austère, âpre, dépouillé, lent, ponctué de cris et de pleurs à fendre l’âme, Camille Claudel 1915 illustre avec force la détresse d’une femme enfermée contre son gré dans un asile psychiatrique, s’accrochant vainement à l’espoir que son frère, le poète Paul Claudel (Jean-Luc Vincent), vienne enfin la libérer. Afin de s’approcher de la vérité, Dumont s’est inspiré de la correspondance de Camille et de son journal médical. « De la dureté naît l’éblouissement, expliquait le réalisateur à un journaliste se plaignant de la dureté du film. Le temps d’un spectateur, c’est une heure et demie. Pour aller à l’éblouissement, il faut passer par toutes les couleurs. Je pense qu’on devait ressentir la dureté des conditions de vie de Camille Claudel. Elle crie, elle pleure. Lentement, le film va vers la parole. [...]

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Berlinale 2013 : Guillaume Nicloux à la rencontre de Diderot

17 février 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Il y a une vingtaine d’années, Guillaume Nicloux (Cliente, Cette femme-là) était venu à la Berlinale présenter un film expérimental. À sa grande surprise, certains spectateurs, sans doute choqués parce qu’ils voyaient à l’écran, en étaient venus aux coups. Cette année, le réalisateur français a plus ou moins été décontenancé par les rires provoqués par son adaptation de La religieuse de Diderot, ou plutôt par le jeu grotesque d’Isabelle Huppert en religieuse énamourée d’une jeune novice (Pauline Étienne). « Il n’y a rien de plus chiant que la tiédeur, l’unanimité, concédait-il lors d’une entrevue organisée deux jours après la projection au Berlinale Palast. On en a parlé avec Isabelle, on avait l’impression que l’ironie et la distance qu’installait Diderot nous permettaient de créer des soupapes de décompression. » Un peu partout à travers le monde, surtout en Europe, on s’apprête à célébrer le tricentenaire de naissance de Diderot. Étrangement, il semble que l’auteur soit tombé en désuétude. « C’est à la fois très curieux, car c’est sans doute le philosophe français le plus connu dans le monde, mais peu de gens l’étudient. Ce qui est troublant, c’est que ses textes sont d’une incroyable modernité. Je n’ai même pas eu à essayer de trouver [...]

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Berlinale 2013 : Pauline Étienne et la foi chrétienne

15 février 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Vue dans Élève libre de Joachim Lafosse et Qu’un seul tienne les autres suivront de Léa Fehner, la talentueuse Pauline Étienne, à qui certains journalistes de la presse étrangère décerneraient l’Ours d’argent pour son interprétation fiévreuse d’une novice rebelle dans La religieuse de Guillaume Nicloux, a découvert, à l’instar d’Isabelle Huppert, le potentiel comique du film lors de sa présentation devant public. « Sur le plateau, je n’aurais jamais cru que cela pouvait être ridicule, avouait-elle à propos des manifestations amoureuses de la mère supérieure incarnée par Huppert à l’égard de son personnage. J’étais tellement concentrée sur le rôle, sur ce que j’avais à faire que je n’arrivais pas à me rendre compte de l’absurdité des scènes. Du coup, je trouve ça pas mal; la première partie est si lourde et dure que le fait que les gens rigolent leur permet de respirer un bon coup. Je crois que ce qui a fait rire les gens, c’est l’humour de Guillaume; il y a quand même une certaine intelligence là-dedans. Je ne sais pas s’il savait qu’il y aurait des rires. De choisir cette chanson limite grivoise que Suzanne chante devant ce parterre de sœurs, c’est une très bonne idée.  » Contrairement à [...]

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Berlinale 2013 :La passion d’Isabelle Huppert

15 février 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Présenté en compétition plus tôt cette semaine, La religieuse de Guillaume Nicloux, d’après le roman de Diderot, n’est pas un mauvais film en soi. Ainsi, il propose un intéressant décalage entre la joliesse de la photographie, accentuée par la douceur des éclairages à la bougie, et la cruauté du destin de cette jeune Suzanne (Pauline Étienne, étoile montante du cinéma belge), fille illégitime condamnée à expier les péchés de sa mère (Martina Gedeck) en prenant le voile. Durant son noviciat, la religieuse rencontrera trois mères supérieures : la bonne Madame de Moni (Françoise Lebrun), la sadique sœur Christine (Louise Bourgoin), toutes deux du couvent Sainte-Marie, et celle, exaltée, du couvent Saint-Eutrope. Cette dernière apparaissant au troisième est interprétée par Isabelle Huppert, qui ne s’attendait pas à déclencher autant de rires le soir de la première. « J’ai été très surprise par les réactions du public hier, racontait-elle lors d’une rencontre de presse à l’hôtel Adlon. C’est vrai que le roman de Diderot est un roman satirique; il s’autorise à une certaine distance ironique dans son roman, qui s’exerce surtout dans la troisième partie avec l’arrivée de cette religieuse. Je n’ai pas pensé faire rire, mais je crois que c’est Diderot qui est [...]

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Berlinale 2013 : La voix sacrée d’Alanis Obomsawin

14 février 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Plus tôt cette semaine, à l’Ambassade canadienne, le volet Talents en vue de Téléfilm Canada offrait une conférence intitulée La voix sacrée des femmes où l’Australienne Catriona McKenzie (Satellite Boy, présenté dans la section Generation), la Néo-Zélandaise Chelsea Winstanley et la Canadienne Alanis Obomsawin (Richard Cardinal : Cry From a Diary of a Métis Child, présenté dans la section NATIVe) parlaient de leur carrière respective et du rôle qu’elles jouaient dans leur communauté. « Au cours des deux dernières décennies, a expliqué la directrice générale de Téléfilm Canada Carolle Brabant, le cinéma autochtone a réellement pris son essor. Les créateurs autochtones nous instruisent, nous inspirent, nous provoquent et nous divertissent en perpétuant la tradition orale et en partageant leur expérience unique et leur savoir. Le succès et la diversité du cinéma autochtone doit beaucoup aux femmes. » Présentée comme un trésor national par le modérateur Jason Ryle, directeur exécutif d’ImagineNATIVE Film, Alanis Obomsawin est l’une des premières à avoir fait entendre la voix des autochtones alors que personne ne l’écoutait. Lorsque Ryle lui a demandé d’expliquer sa mission auprès des autochtones, elle a eu cette réponse humble : « Je peux seulement dire que j’écoute les gens. J’ai passé ma vie à écouter les [...]

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Berlinale 2013 : La pasionaria de Téléfilm Canada

12 février 2013 · Cinéma, Divers · Manon Dumais

Directrice générale de Téléfilm Canada depuis 2010, Carolle Brabant paraît bien réservée derrière ses lunettes rectangulaires. Et pourtant, dès qu’elle parle de notre cinéma, on sent en elle toute la passion qui l’anime. Mardi, peu avant un dîner de presse à l’Ambassade du Canada, à quelques minutes de marche du Berlinale Palast, j’ai pu m’entretenir brièvement avec elle à propos de l’engouement du cinéma québécois et canadien à l’international au cours des récentes années. « J’espère qu’on n’est pas la saveur du mois, c’est pour cela qu’on travaille très fort, assure-t-elle. Notre rôle à Téléfilm Canada, c’est d’essayer le plus possible de faire connaître nos cinéastes, nos films, d’offrir des occasions de les montrer et de les faire briller. » À cette fin, des projets ont été créés, dont Talents en vue : « Il s’agit d’une signature que nous avons mise en place il y a à peu près trois ans à Toronto. Elle est toujours liée à ce qu’on a comme sélection dans le festival. Par exemple, il y a deux ans, on avait organisé un événement sur le court métrage et un autre sur la diversité. Cette année-là, il y avait beaucoup de films sur ce thème, dont Monsieur Lazhar de [...]

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