Blogue de Pierre-Yves McSween Pierre-Yves McSween RSS
Comptable agréé de déformation, chargé de cours à HEC Montréal et au collégial. Chroniqueur invité à la SRC et consultant à ses heures pour occuper les 7 jours de la semaine. Aime la politique, l'humour, la musique, la lecture, l'économie et la salade de chou crémeuse.
Salut Jean, Je t’appelle par ton petit nom et te tutoie, parce que dans le fond, je ne sais plus trop comment t’expliquer simplement les choses. Je me suis dit que si je te parlais comme si tu avais été élevé dans ma rue à Valleyfield, ce serait plus simple. Pas toujours facile d’être premier ministre, hein? Dire que tu gagnes moins que certains professeurs d’université du Québec, ironique n’est-ce pas? Je sais que tu vois souvent ton emploi comme une partie d’échec où tous les coups sont permis pour mettre l’adversaire échec et mat. Mais vois-tu mon Jean, peu importe que tu crois avoir raison ou tort, ce n’est pas l’enjeu qui devrait te préoccuper. Sommes-nous en train d’assister à un dérangement de la paix sociale pour quelques centaines de dollars une fois les avantages fiscaux comptés? Je sais, ça peut paraître surréaliste, mais c’est ce que nous vivons. Ta stratégie de confrontation n’a pas fonctionné, malheureusement pour toi. Mais tu sais, c’était presque prévisible. Dire que personne n’a bronché quand tu as augmenté la TVQ de 1 %. Je sais, je sais, l’impact collectif était bien plus élevé que la hausse des frais de scolarité, mais que veux-tu, on [...]
L’émission Enquête de la Société Radio-Canada lève le voile, dans son reportage du 29 mars 2012, sur la décision de la Ville de Shawinigan de construire un amphithéâtre neuf de 28 millions $ dans le but accueillir les Cataractes de Shawinigan. Une inspiration financière qui rappelle les défaillances de la logique mathématique du modèle Labeaume-Quebecor pour la construction du nouvel amphithéâtre de Québec : le principal risque de l’entreprise privée est transféré aux citoyens sans même en récolter les fruits. En fait, en tant que société, il semble que nous soyons maintenant prêts à construire des arénas pour les entreprises privées avec des fonds publics sans même obtenir le rendement minimal nous permettant de couvrir nos frais. Est-ce que c’est parce que le produit est du hockey ? Imaginons la situation suivante : une grande banque du Canada demande au Gouvernement du Québec et à la Ville de Montréal de construire un siège social de 500 millions $ pour rapatrier ses activités au Québec. Pour justifier la contribution de l’État, la banque organise une belle séance de relation publique pour expliquer que le projet en vaut la peine par des emplois de qualité créés et des retombées fiscales des salaires et de la [...]
Il y a de ces chansons qui nous permettent, à un moment où l’autre de notre vie, de sortir des frustrations, des émotions : le méchant quoi. Dans un langage cru, mais humoristique, Lisa Leblanc a littéralement lancé un ver d’oreille. Un petit banjo sympathique en accompagnement, rien de plus approprié pour les frustrations du printemps. Chanson pour toutes les filles du monde qui rentrent à la maison bredouilles et un refrain pour toutes les journées que l’on voudrait oublier. Un tout nouveau vidéoclip sympathique, réalisé par Jean-Philippe Granger. Bon visionnement ! Votre succès du printemps !
Devant mon téléviseur, je sursaute en entendant un représentant d’une association de pharmaciens comparer les objectifs commerciaux du pharmacien à ceux d’un quincailler. En effet, Radio-Canada nous apprend que le prix des médicaments d’ordonnance n’est pas le même dans toutes les pharmacies du Québec. Honnêtement, je n’ai jamais cru qu’il faille magasiner les prix des médicaments. Si un particulier tente d’acheter un marteau, il peut magasiner sur les sites internet, feuilleter les circulaires, se déplacer dans les rayons, réfléchir et prendre une décision éclairée (il peut même se faire croire que ça vaut la peine d’acheter 12 marteaux pour obtenir le 13e gratuitement.) Lorsqu’on sort de chez le médecin, il faut faire la file à la pharmacie et tendre la prescription parfois illisible au comptoir « donnez ici ». Au moment de se présenter sous la bannière « recevez ici », en connaissez-vous beaucoup de citoyens qui diront « c’est quoi ta marge là-dessus? » ou « si je t’en prends 30 de plus, est-ce que tu m’enlèves l’équivalent des taxes? » ou « si tu me donnes 12 rouleaux de papier hygiénique en prime, on a un deal ». Si les pharmaciens veulent être libres d’établir la marge brute des médicaments d’ordonnance, alors il serait intéressant, voire nécessaire, que les [...]
La fausse vraie grève de 20 étudiants sur un total de 1500
8 mars 2012 · Divers, Humeur, Société · Pierre-Yves McSweenEh oui ! Le cégep de l’Assomption où je travaille est en grève depuis le mardi 6 mars 2012. Un taux de participation au vote de 65 % (un pourcentage de participation qui ferait envier n’importe quel politicien québécois) et un vote pour la grève à 56 %. La démocratie a parlé et le 50 % + 1 ne doit pas être remis en cause (surtout pas pour les amateurs de référendums). Avec la technologie d’aujourd’hui, le vote aurait pu se faire sur la plateforme « Omnivox » (système informatique de la gestion de classe). Toutefois, comme les responsables de l’association étudiante sont lucides, ce mode de scrutin a été éliminé puisque 20 personnes s’y sont opposées (drôle de règle, j’en conviens). Donc, la population étudiante a dû se concasser dans le gymnase de l’école pour assister à une assemblée dont la popularité était guidée par le vote fatidique. Deux jours plus tard, je retourne au cégep m’attendant à des manifestations impressionnantes de cette masse décidée à se faire entendre. En cette journée de la femme, il semble que même les hommes aient pris congé. Durant la journée, moins de 20 étudiants étaient présents. [...]
Bien assis au Benelux (non pas la région géographique, mais bien la microbrasserie de la rue Sherbrooke), nous avons moult fois refait le monde. Le « nous », c’est trois joyeux lurons. Le premier, un gars avec un flair politique hors pair. Il n’arrive pas un événement politique sans qu’il nous dise « Messieurs, je l’avais prédit » (à la Michel Villeneuve). Le deuxième, un adepte des positions tempérées et réfléchies, que l’on se plait à surnommer « Bourassa ». Le troisième, moi-même, que le premier a surnommé le « vert fini » (selon sa perception des choses évidemment). Issus d’univers politiques différents, nous sommes arrivés au même constat: le parti dont le Québec a besoin n’existe pas encore. Pour les besoins de la cause, nous l’avons appelé le PAQ : le Parti Atypique du Québec. Pour rendre la chose plus tangible, nous avons eu l’idée d’y associer un logo (Conception : Isabelle Paquette) : Évidemment, certains diront « la fleur de lys penche vers la gauche, c’est un parti de gau-gauche ! », pendant que d’autres penseront que c’est un parti qui se déplace vers la droite, faisant pencher la fleur de lys vers la gauche. À ceux qui s’enfargent dans les [...]
Le mois dernier, j’étais en train de manger un hot-dog sur la rue Masson. C’est le téléjournal à l’écran cathodique graisseux surplombant le comptoir à côté d’une vieille bouteille de Mouton Cadet entamée. Il y a un topo sur l’endettement du Québec et les compressions budgétaires. J’intercepte alors une phrase qui me fait saigner les oreilles : - Le gouvernement a juste à demander aux riches de payer plus. Ce n’est pas normal qu’un riche paye le même prix que moi pour le métro, l’électricité et les garderies. Ça y est, je commence à faire une otite. Avant de me lancer vers la pharmacie pour guérir cette infection subite, je tente de la minimiser. - Excusez-moi de vous déranger, j’entendais votre conversation, c’est quoi un riche pour vous? - Bien, les « ceuses-là » qui font 100 000 piasses par année. - D’accord, et combien ça fait un travailleur moyen? - Bien prend « moé » par exemple, je déclare 45 000 $ par an. - Qu’est-ce que vous voulez dire par « je déclare »? (Ici, je joue à l’innocent, je sais, mais il n’y a pire injustice démocratique que l’évasion fiscale.) - Je fais un peu de noir, mais juste pour arrondir les fins de mois. Au fil de la discussion, je me finis par [...]
Voilà, les chroniqueurs paniquent, HEC Montréal s’anglicise! Source de toute cette agitation? Un programme de maitrise en anglais sera offert. En fait, ce sera une M.Sc. en logistique internationale. Déjà en partant, j’aurais envie de citer Pauline Marois et dire «Don’t be inquiète». D’ailleurs, enlevons le mot international à un programme et nous revenons rapidement sur le plancher des vaches. Mais, ce n’est pas le propos ici. On ne parle pas de tous les programmes de deuxième cycle, mais bien d’une option bien précise. On n’est pas en train de dire que des milliers de comptables anglophones seront formés annuellement à HEC Montréal, on parle d’un cas marginal parmi près de 12 000 étudiants à y étudier. HEC Montréal demeure la plus importante école de gestion francophone au Canada et ce n’est pas demain la veille que cette situation changera. Les programmes multilingues existent depuis plusieurs années à HEC Montréal. Juste un petit rappel, HEC Montréal est une école de gestion. La connaissance de l’anglais, c’est une partie de la gestion, en fait, c’est l’épicentre. Ne pas connaître un minimum d’anglais en gestion en 2012, c’est équivalent à ne pas connaître les Beatles pour un musicien (j’exagère à peine). Nous voulons [...]
Les manifestations sont commencées, les débats publics font rage, des milliers d’étudiants sont maintenant soumis à un vote de grève. Plusieurs votes auront lieu dans les prochaines semaines, mais la question qui se pose est la suivante : quelle est la meilleure stratégie à adopter pour les autres cégeps et universités qui ne sont pas encore en grève? 1) Retarder le vote de grève : La solidarité, c’est un concept, mais la réalité en est un autre. Vous êtes dans une association étudiante et votre population n’est pas chaude à l’idée de manquer plusieurs semaines scolaires. Que faites-vous? Vous instaurez un vote de grève quelques semaines après les autres établissements. Si le mouvement lève, vous embarquez dans le train lorsqu’il est à pleine vitesse. S’il s’éteint, vous n’avez en rien retardé votre session. D’ailleurs, il semble que ce soit la stratégie adoptée par certains. Ainsi, personne à la FECQ ou à la FEUQ ne pourra dire que vous les avez laissé tomber officiellement. Entre avoir l’intention de tenir un vote de grève tardif et l’intention de voter contre la grève, la marge est faible. Indubitablement, une grève étudiante s’essouffle plus rapidement qu’une grève ouvrière : aucun fonds de grève disponible. 2) Voter [...]
La fausse grève des fusils à l’eau
17 février 2012 · Divers, Humeur, Société · Pierre-Yves McSweenLe débat sur la grève étudiante s’amorce dans plusieurs cégeps et universités du Québec. Malgré tout, cette grève n’a pas la portée qu’elle devrait avoir. Une grève, c’est un arrêt de travail temporaire pour établir un rapport de force. Habituellement, durant un tel événement, l’employeur subit des pertes de productivité et l’employé subit une perte de salaire. Si le conflit perdure, les deux parties sont à long terme perdantes (si les pertes causées par l’arrêt de travail s’avèrent supérieures aux gains obtenus au bout de la négociation.) Ainsi, selon la théorie des jeux, la stratégie dominante serait de régler le conflit rapidement. Évidemment, parfois, les demandes de part et d’autre sont tellement grandes qu’il vaut mieux jouer à qui aura la plus grande endurance que de céder. Le problème avec la grève étudiante, c’est que le rapport de force n’est pas le même. Premièrement, le corps professoral est souvent prêt à accommoder les grévistes en étirant la session. Comme les miracles n’existent pas, il y a une limite temporelle permettant ou non de sauver une session, mais il y a une flexibilité de quelques semaines. Deuxièmement, l’étudiant qui perd sa session nuit principalement à lui-même. Si le gouvernement sent que [...]
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