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Une nouvelle tuile pour les organisateurs de spectacles

On imagine que l’équipe du Calgary Herald doit trépigner en constatant que le Canada entier se partage son article abordant cette nouvelle réglementation concernant les avis relatifs au marché du travail (AMT) pour travailleurs étrangers qui a été annoncée par le ministre de l’Emploi et du Développement social Jason Kenney et qui est en vigueur depuis le début du mois.

Ainsi, depuis le 31 juillet, les tenanciers de salles dont la fonction première n’est pas de présenter des spectacles (certains cafés, bars, etc.) devront verser 275$ par musicien étranger invité à se produire en spectacle au Canada. Montant qui s’applique également aux membres de leur équipe technique, logistique, etc. Cette somme supplémentaire s’ajoute au forfait de 150$ qui doit être défrayé pour les permis de travail de l’équipage. Cerise sur un sundae déjà assez amer: si le gouvernement venait à refuser la demande, le coût l’accompagnant ne sera pas remboursé et devra être payé à nouveau si l’artiste veut tenter le coup une seconde fois!

Une mesure qui, bien évidemment, multiplie de façon exponentielle la facture et le risque entourant l’organisation de concerts d’artistes internationaux dans des lieux qui n’ont souvent pas les reins – et les nerfs! – assez solides pour éponger de telles dettes.

Avant l’annonce, le montant par musicien était de 150$ jusqu’à un plafond de 450$ s’appliquant à la durée de la présente tournée. Ainsi, comme le rappelle le Calgary Herald, il n’était pas rare que les tenanciers de salles participant à la tournée de l’artiste invité se partagaient la note.

Localement, de nombreux intervenants se sont dits pris de cours par la nouvelle (d’où le fait que ce billet n’est pas encore riche en commentaires). Tout comme Spencer Brown, propriétaire d’une salle de spectacle de Calgary interviewé par l’Herald, Steve Guimond de la Casa Del Popolo s’est dit surpris et note qu’il n’a pas eu vent de consultations à ce sujet (NB: précisons toutefois que comme la Sala et la Casa ont obtenus leurs permis de salles de spectacle, ils ne seraient pas affectés par la réforme).

Un représentant du gouvernement interrogé par Mike Bell, le journaliste derrière le texte, fait toutefois valoir une exception… qui n’aide en rien les artisans de petits lieux de diffusion. Ainsi, la nouvelle formulation ne s’appliquerait pas aux musiciens dans un groupe participant à une tournée de prestations ou de festivals… à condition que ces concerts ne se donnent pas dans des bars ou des restaurants. Plus loin dans l’article, le représentant gouvernemental note que la mesure est imposée afin de s’assurer qu’on engage des travailleurs canadiens avant de lorgner l’internationale. Plus tôt aujourd’hui, Kenney lui-même optait pour cette explication sur Twitter lorsqu’interrogé à ce sujet.

Une notion de protectionnisme qui est sans doute louable dans certains secteurs, mais vraiment pas en musique!

Déjà que le disque ne vend plus, si on en vient à réglementer la bonne vieille « gig » avec un cadre semblable, notre foisonnement culturel va en baver, autant du côté des mélomanes que des artistes qui pourraient s’inspirer d’artistes étrangers aperçus en concerts chez nous.

« Bonne nouvelle » pour les artistes canadiens qui seront donc privilégiés, mais puis-je me permettre une question, M. Kenney? Si je ne suis jamais allé voir Swollen Members en show, pensez-vous VRAIMENT que je changerais si le groupe se ramène au Québec à chaque deux semaines pour présenter le même mautadine de tour de piste!?

En réaction à la nouvelle, une pétition circule présentement. Cliquez ici pour la consulter et, sait-on jamais, la signer comme plus de 20 400 personnes avant vous…

Détails et témoignagnes à venir…

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