En attendant notre critique officielle, voici mes impressions à chaud de The Amazing Spider-Man 2.
Peut-être que, dans des années, on considèrera que Joel Schumacher est un cinéaste de génie.
Alors que Tim Burton a sorti l’adaptation filmique super héroique du marasme découlant des épisodes en trop des aventures de Superman, peut-être que Schumacher — avec ses films de Batman encore plus «comic books» que le matériel original (quoique!) — ramenait, du même coup, le chevalier noir à ses origines rocambolesques où les vilains ont toujours une réplique qui tue et le héros, lui, un gadget qui le sauve in extremis.
Des années plus tard, le «cinéma de super héros» est une entreprise en soi (on rapportait il y a quelques semaines que Marvel a des plans d’adaptations filmiques s’étalant sur la prochaine décennie et même plus!), voire un genre établi avec ses motifs et passages obligés. Mine de rien, cette petite révolution a été portée en partie sur les épaules menues — et le succès incroyable — de la vision quand même terre-à-terre que le réalisateur Sam Raimi avait pour Spider-Man.
À peine sept années après la malheureusement oubliable conclusion de la série de Raimi, on nous propose déjà un deuxième épisode d’une adaptation incroyablement «comic bookesques» des aventures de l’homme-araignée. Sans être le bide attendu (heureusement, la tenue du héros n’a pas de Spider-Mamelons), The Amazing Spider-Man 2 demeure un film incroyablement près d’un certain pan de son matériel d’origine, voire trop.
L’histoire en gros : des années après ses premières interventions, Spider-Man a accepté qu’avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités à titre de défenseur de New York. Peter Parker, le jeune homme derrière le masque, lui, est toujours déchiré par «l’abandon» de ses parents et par le rôle qu’il a joué dans la mort du capitaine de police George Stacy, père de sa copine Gwen (Emma Stone, excellente).
Au même moment, Max Dillon (Jamie Foxx, plutôt bof) — un ingénieur mal dans sa peau (et sa tête) qui est également obsédé par Spider-Man — est victime d’un accident le transformant en Electro,figure tragique et schtroumpf électrique. Puis, comme si ce n’était pas assez, Harry Osborn (Dane DeHaan, livrant un jeu s’apparentant à une imitation désagréable de Leonardo Dicaprio) — un ami d’enfance de Peter — reprend les rênes d’Oscorp de son défunt paternel et se lance dans une course contre la mort afin d’éviter le même sort que son père Norman (Chris Cooper, sur le pilote automatique), emporté par une maladie hérétidaire lui donnant un air vaguement «goblinesque» (ah ben!). Cerise sur le sundae : l’excellent Paul Giamatti (qui joue incroyablement gros et gras, mais qui — visiblement — s’amuse ferme) participe également à ce quadrille sous les traits d’Aleksei Systsevich (aussi connu sous le doux sobriquet de Rhino).

Si Andrew Garfield épate dans sa tenue de spandex, son Peter Parker semble toutefois être victime d’un scénario anémique ou encore d’une réalisation schizophrène tant il est inégal sans son masque. L’acteur est charmant en compagnie de Stone et convainquant auprès de Sally Field (tante May), certes, mais se fait borderline cliché dans son spleen de jeune adulte tour à tour endeuillé puis rongé par le remords.
Si The Amazing Spider-Man 2 est égal à l’épisode précédent avec sa direction photo enlevante et ses effets spéciaux, il demeure quand même supérieur à celui-ci en rythme, bien qu’il aurait pût facilement être écourté (le passé très «007» des parents de Peter étant, finalement, accessoire). Les fans de l’aspect plus «contemporain-avec-des-guillemets» du pan «Avengers» de l’univers Marvel risquent cependant d’être déçus, car cette oeuvre gargantuesque tisse une toile qui est tantôt légère (disons tout simplement que la sécurité informatique d’Oscorp est risible), tantôt mélodramatique.
Bref, Joel Schumacher serait fier tant c’est «comic book»!
3 toiles sur 5
