La tournée des musées : Y'a pas que la rigolade, y'a l'art
Arts visuels

La tournée des musées : Y’a pas que la rigolade, y’a l’art

Pendant la saison estivale, les musées doivent redoubler d’imagination alors que la montagne, la plage ou la terrasse nous appellent davantage. Quelques expositions pour contrer la tentation de l’école buissonnière.

S’il ne fallait visiter qu’un seul musée cet été, lequel choisirait-on? Malgré la sympathie de bon usage envers les régions éloignées, notre coeur ne peut faire autrement que de pencher pour un événement qui vient tout juste de débuter au Musée d’art contemporain de Montréal: Métamorphoses et Clonage, une exposition sur un sujet d’actualité s’il en est, où des oeuvres interrogent "nos incertitudes, nos angoisses et nos désirs face au spectre de l’homogénéisation de l’être humain et à la promesse d’immortalité du clonage", lit-on dans le communiqué. L’exposition regroupe une soixantaine d’oeuvres d’artistes d’ici et de l’étranger, dont celles du photographe américain Spencer Tunick, qui a réussi à faire déshabiller des milliers de Montréalais. Une autre exposition débute au MAC le 10 août, ArtCité, pour laquelle le musée a eu la bonne idée d’investir la ville avec des oeuvres de sa collection. Toujours dans la métropole, il faudra absolument voir l’exposition Picasso érotique, qui commence le 14 juin au Musée des beaux-arts de Montréal. L’exposition regroupe 350 oeuvres du célèbre Espagnol, dont une cinquantaine de peintures et de sculptures ainsi que plusieurs centaines de gouaches, d’aquarelles, de dessins et d’estampes. Espérons que les Demoiselles d’Avignon (1907) feront partie du lot. Cette exposition est organisée par le Musée Picasso de Paris et celui de Barcelone, et soutenue (on s’en doutait!) par un gros commanditaire.

Heureusement, il existe, en dehors des grands centres, plusieurs musées, dont quelques-uns présentent de l’art actuel. C’est le cas du Musée régional de Rimouski où deux grandes salles de l’ancienne église sont consacrées à l’art contemporain. À compter du 17 juin, le musée présente Collectif d’artistes du Bas-Saint-Laurent ainsi qu’une sélection des oeuvres de la collection du musée regroupée sous le thème "De l’humain dans la collection". On pourrait notamment y voir des pièces de Paul Lacroix et de Claude Simard. Sur le chemin du retour, il faut faire un arrêt au Musée du Bas-Saint-Laurent situé à Rivière-du-Loup. De juin à octobre, on y présente les oeuvres de l’artiste peintre plasticien Jean-Paul Jérôme. On peut aussi y voir en permanence Vertigo Terrae, une oeuvre multimédia de l’artiste montréalais de l’holographie Georges Dyens, qui a également légué au musée une collection de ses dessins…

Plus près de nous, il y a toujours le Musée du Québec avec ses nombreuses expositions déjà en cours, dont celle qui débute ces jours-ci, Louis-Philippe Hébert (1850-1917): Sculpteur national. C’est l’exposition de l’été au Musée du Québec. Elle réunira 125 sculptures, dont quelques-unes ont été empruntées au parlement. Du bronze, des plâtres et du bois. De la sculpture du XIXe siècle donc, avec ses statues monumentales, ses figures allégoriques et religieuses, et des commémorations de héros, comme on tente encore d’en faire parfois aujourd’hui, avec un succès discutable; en font foi les récentes pérégrinations du bronze de René Lévesque. On en reparlera.

Bloc-notes
Pleins Gaz!
Dans la foulée des retours sur le Sommet des Amériques, Luc Gagné, du centre de production photographique Vu, a eu la bonne idée de lancer un appel à plusieurs photographes, professionnels ou amateurs, qui ont bravé les gaz caméra en main. Un événement spontané, qui s’inscrit au vol dans la programmation du centre. Une quinzaine de photographies ont été sélectionnées, dont l’intérêt est plus que documentaire; des photographies réalisées surtout par de jeunes photographes allant du gros plan d’un policier à des vues de la foule dispersée par les gaz, ou bien des photographies comme ce touchant petit groupe de garçons en vélos qui semblent fin prêts pour la guerre. Des images loin d’être sensationnalistes. Pour le Vu, cette exposition se veut autant "un acte social qu’une manifestation artistique". À voir, jusqu’au 17 juin prochain.

Pleine nature
Vu poursuit aussi son événement Vertige de l’évidence avec les photographies de Gabor Szilasi et de Claude Bélanger. Szilasi a choisi celles qu’il préférait dans les oeuvres de Bélanger et vice-versa. Cela donne des diptyques où on découvre des jardins à la fois semblables et différents: les photographies couleur de Giverny, les fameux jardins de Claude Monet en France que Szilasi a d’ailleurs réalisées en même temps que celles pour l’exposition sur Monet au Musée des beaux-arts l’an dernier dialoguent avec les photographies en noir et blanc de cours arrières et autres jardins rustiques de Claude Bélanger. Même si la disposition des photographies ne convainc pas totalement, cela ne devrait pas nous empêcher de les apprécier. Jusqu’au 17 juin.