Québec New York 2001 : Voyage organisé
Arts visuels

Québec New York 2001 : Voyage organisé

L’événement Québec New York 2001, c’est une flotte culturelle partie depuis le port de Québec le 1er août dernier vers la métropole américaine. C’est aussi un jumelage de la ville de Québec avec la capitale de l’État de New York, Albany. Matière à transport.

L’événement Québec New York 2001 se veut, comme l’explique le matériel promotionnel, "une grande vitrine des meilleures réalisations québécoises dans les domaines culturel, artistique, commercial et technologique". Organisée par le Bureau des saisons du Québec, cette présence du Québec à New York implique une dimension économique qui n’est pas sans lien avec sa destination puisque l’État de New York est "le principal partenaire d’affaires américain du Québec". Tel qu’on le lit dans le dépliant aux tons bleutés de l’amitié, 85 % des exportations d’ici vont aux États-Unis. La flottille a évidemment des intérêts économiques en amont, mais aussi politiques. Cela va de soi. Mais on n’irait jamais jusqu’à penser que les arts ne sont qu’une belle carte de visite de plus!

Des artistes du théâtre, de la danse, du cinéma, de la littérature, des arts visuels prennent part à l’événement, qui se poursuivra jusqu’au 7 octobre prochain. La première étape de l’expédition remonte le fleuve avec les artistes à bord qui divertiront, au passage, les riverains de la rivière Richelieu, du lac Champlain jusqu’au fleuve Hudson. À bord, on pourra voir, entre autres, La Harpe à nuages de Nicolas Reeves, une machine qui capte les variations atmosphériques pour les transformer en sons, Incube (des sculptures de jeunes artistes), un conteur, des musiciens, etc. Puis, à compter du 13 septembre débuteront à New York différentes manifestations culturelles. Le volet Québec Downtown est basé au World Financial Center et aussi dans plusieurs lieux de Manhattan et de Brooklyn. Des exemples? Les New-Yorkais pourront voir Zulu Time de Robert Lepage, entendre Les Violons du Roy, D.J. Ram ou apprécier O Vertigo Danse. Concernant les arts visuels, Vu, Optica, Le Lieu, la Société des arts technologiques, notamment, participent à l’événement. Les artistes Serge Clément, Lucie Duval, Sylvie Laliberté et Joanne Tremblay seront entre autres du nombre; aussi présents, Massimo Guerrera, Carl Bouchard et Martin Dufrasne. Sans parler de l’exposition d’oeuvres d’artistes québécois vivant à New York et de NYQC entrelacé, organisé conjointement par Perte de Signal, Antitube et Video Lounge (New York), qui présenteront à Québec (le 14 septembre à Méduse) ainsi qu’à New York, une soirée de bandes vidéo et des performances électroniques d’artistes d’ici et des États-Unis.

Québec New York 2001 comporte aussi un volet jumelant la ville d’Albany et celle de Québec. Pour cette exposition, on a sélectionné des récipiendaires du Prix Videre dont certains, comme Paul Lacroix, auraient franchement très bien pu se retrouver sur la scène new-yorkaise. Mais bon. Cela s’explique: on a misé pour New York sur la jeune production. Seront aussi réunies à Albany des pièces de Danielle April, Paul Béliveau, Marcel Jean, Marcel Marois et David Naylor. Le jumelage des deux villes se concrétise par la présence à la bibliothèque Gabrielle-Roy (le lieu en dit long sur l’envergure de l’exposition) d’un collectif de l’Albany Center Galleries, un organisme public actif depuis 1977. L’exposition n’est pas dénuée d’intérêt, qu’on pense aux moulages de caoutchouc et aux dessins de Victoria Palermo ou aux pièces d’objets récupérés de Nick Warmer. Même que les oeuvres s’en tirent plutôt bien, étant donné le contexte de présentation (pensons aux tapis mur à mur de cette salle!).

Sans aucune nostalgie pour l’autonomie et la pureté du champ de l’art, une autonomie qui n’a au demeurant probablement jamais existé, on pourrait considérer Québec New York 2001 comme une autre manifestation de la culture marchant main dans la main avec l’idéologie dominante. Mais il faut tout de suite nuancer. Pour les artistes ambassadeurs, dont le travail demeure fondamentalement des plus respectables et sa diffusion, une nécessité, cela est aussi, comme on pourrait le dire dans notre plus belle langue de bois, une opportunité de multiplier les contacts et de développer des réseaux…

Jusqu’au 7 octobre

Bloc-Notes
BGL au Festival international de jardins
Quoiqu’il en soit seulement à sa deuxième édition, le Festival international de jardins a déjà une réputation internationale. Ce festival a lieu en bordure des Jardins de Métis, près de Rimouski, sur un domaine de la fin du XIXe siècle avec vue sur le fleuve et air marin. Tout cela est fort agréable. Les artistes et les architectes paysagistes sont donc invités, pour cette seconde édition, à intervenir dans l’espace jouxtant les populaires jardins. Des neuf propositions occupant les espaces dont les superficies nous ont semblé pour la plupart franchement trop restreintes, – les oeuvres se contaminant parfois – celle de BGL (Nicolas Laverdière, Sébastien Giguère et Jasmin Bilodeau) nous est apparue une des plus réussies et, surtout, la plus critique. BGL est parvenu, avec Sentier battu, à donner de l’ampleur au modeste carré qu’on leur a attribué et aussi à faire un jardin, disons… anti-jardin. Son intervention pointe la domestication et la soumission des éléments naturels que suppose le jardinage. Cela sans parler des qualités plastiques de l’oeuvre où du balcon de bois, on surplombe une surface de fils de nylon où sont fixés des centaines de carrés de rubans verts, faisant office de gazon. Une surface sous laquelle gît un petit boisé laissé en friche dans lequel on peut se balader. Les autres interventions sont aussi appréciables, mais elles relèvent davantage d’un travail d’architecte paysagiste. Festival international de jardins, jusqu’au 30 septembre, à Grand-Métis.