Murielle Dupuis-Larose : Vue en plongée
Arts visuels

Murielle Dupuis-Larose : Vue en plongée

Le Couloir termine en beauté ce mois de février multidisciplinaire. L’oeuvre vidéographique de MURIELLE DUPUIS-LAROSE nous arrive comme un bain de lumière. Hydrothérapie.

Produite dans le cadre d’un projet en résidence à la Bande vidéo et dans les laboratoires d’Avatar pour la partie interactive, l’installation vidéo de Murielle Dupuis-Larose a pris forme au cours de l’année 2000. Après avoir voyagé considérablement depuis, Le Couloir amarre enfin à Québec. La fortune de cette oeuvre est des plus heureuses: l’installation revient tout juste de la Glendon Gallery de l’Université York de Toronto, où elle a reçu un accueil chaleureux, elle est passée par le Centre d’exposition du Vieux-Palais de Saint-Jérôme, le centre de production vidéo Emmedia de Calgary, la galerie Mucha Roma de Mexico à l’occasion de l’événement Latinos del norte, la galerie Verticale de Laval et le Centre d’exposition d’Amos en Abitibi. Bref, elle est maintenant présentée dans la grande salle de l’Oil de poisson, un espace à la mesure de l’oeuvre de cette "jeune" artiste, à l’aube de la cinquantaine. Depuis la fin de ses études, il y a une dizaine d’années, Murielle Dupuis-Larose a été amenée, par sa pratique soutenue, à se déplacer de Matane jusqu’en Tunisie en passant par Chicoutimi. La vidéo s’avère faite sur mesure pour celle qui cherchait une façon de faire de l’art sans produire d’objet.

Une nageuse, une piscine et nous dans une grande salle obscure: trop simple pour que ça ne soit pas complexe? Probablement. Dans cette installation vidéographique, les mouvements de la nageuse filmée en plongée sont projetés sur un mur devenu écran. Elle apparaît puis disparaît sous l’eau selon les déplacements du spectateur. Plus réactif qu’interactif, le dispositif de capteurs à distance intercepte nos mouvements qui influent sur le déroulement des séquences. Le tout est géré par un ordinateur, mais le procédé demeure, fort heureusement, subtil et quasi insaisissable. Délibérément ambigu en fait: "J’ai voulu ainsi éviter à tout prix que l’interactivité se réduise à un jeu strict et trop simple de la cause et de l’effet", écrit-elle. On n’est pas devant un jeu vidéo. Murielle Dupuis-Larose est vraiment parvenue à nous introduire d’abord et avant tout dans un univers poétique qui transcende tout l’aspect laborieux de la technique. Et sans tomber dans une transparence positiviste. C’est sans morale aucune que la nageuse, se mouvant dans une eau immensément bleue, nous introduit aux notions de responsabilité vis-à-vis de nos rapports aux autres. Outre l’effet esthétique saisissant de l’image vidéo – les outils technologiques ont permis de donner une profondeur et une clarté exceptionnelles à l’eau -, l’impact de l’installation réside dans la dimension archétypale de la piscine. On pense aux scènes du film Bleu de Kieslowski où Juliette Binoche noie sa peine en nageant. Mais encore, la piscine c’est aussi, comme le rappellent les racines religieuses du mot, un lieu de purification… En faire l’expérience nous permettra probablement d’approcher encore davantage de la dimension indicible de l’oeuvre. On pourra assister à une performance de la chorégraphe Karine Ledoyen lors du vernissage, le vendredi 22 février à 20 h à l’Oil de poisson.

Du 22 février au 24 mars

À l’Oil de poisson

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Bloc-notes
Se ressourcer au Lieu?
Le Regard de l’Autre, c’est un "centre de ressourcement", la plus récente production de BGL qu’on inaugure au Lieu ce jeudi 21 février à 17 h. L’exposition du fameux trio est évidemment une des plus attendues de la "saison". Et à plus forte raison: le trio déçoit rarement. On peut s’attendre à tout… Selon notre ami Robert, se ressourcer, c’est "jaillir de nouveau", "retourner aux valeurs fondamentales pour reprendre des forces morales"… Qui aurait penser faire ça sur la rue Dupont?

Le B de BGL
Pour apprécier encore davantage la mesure du talent de ce trio, il faut absolument voir les collages de Jasmin Bilodeau, qui expose en ce moment quatre pièces dans le collectif Expo’d’colle chez Rouje. Bilodeau s’est éclaté. On en veut encore. Il ne reste que quelques jours. Jusqu’au 24 février.

Léopold L. Foulem à Matéria
Non seulement on peut voir actuellement les céramiques récentes du coloré et réputé Léopold L. Foulem chez Matéria, mais ce dernier prononcera une conférence sur les 30 années de son travail, le jeudi 21 février à 17 h au centre Matéria. La série de pièces qu’il expose nous introduit à son approche marginale de la céramique. Celui qui partage sa vie entre sa ville natale, Caraquet, et Montréal fait un travail qui respecte la tradition et s’en inspire. D’un projet à l’autre, il explore différents motifs et un large registre de traditions, avec toujours une constante: la réalisation d’objets inutilisables – bol ou cafetière fermés. Autant d’interventions qui modifient le statut des objets. Très instructif. L’exposition se poursuit jusqu’au 17 mars prochain.

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