25e anniversaire de la Chambre blanche : Noces d'argent
Arts visuels

25e anniversaire de la Chambre blanche : Noces d’argent

La Chambre blanche inaugure, le 23 août, les festivités soulignant son 25e anniversaire. Fidèle à sa tradition, le centre d’artistes sort de ses murs avec l’événement La Nef des fous à l’îlot Fleurie. Appel aux artistes.

Pendant toute l’année, la Chambre blanche fêtera son 25e anniversaire, mais c’est le samedi 23 août (le dimanche en cas de pluie torrentielle) sous l’autoroute Dufferin que seront inaugurées les festivités. Une journée (de midi à 23 h) à laquelle sont invités tous les artistes désirant participer à créer une oeuvre éphémère (écrite, sonore, visuelle, performative; signée ou anonyme…). Les volontaires se joindront aux artistes invités. Deux artistes français, Agnès Aubague et Thomas Lanfranchi, visiteront l’îlot avec leur bureau-voiture. Valérie Lamontagne, qui a fait un projet Web avec la Chambre blanche récemment, y fera une performance. La musique électronique de Martin Tétreault (un des plus reconnus au Québec) en duo avec I8U (France Jobin, musicienne) ainsi que les expérimentations sonores du collectif Machines 10 (pour 10e production de Machine) seront aussi de la partie. S’y déroulera également le vernissage du concours "Sculpter l’avenir à l’îlot". Aussi bigarré que le tableau La Nef des fous du peintre Hieronymus Bosch? N’ayez crainte: l’îlot ne sera pas le lieu d’une folie jusqu’à en "oublier son salut". Non. On nous promet certes d’y éveiller nos sens, mais davantage par une douce folie que par la multiplication de théâtres morbides. De ce peintre surréaliste avant la lettre, on retiendra le paradis plutôt que l’enfer… Enfin, on peut d’ores et déjà imaginer que dans le brouhaha de l’îlot Fleurie, entre la circulation automobile, les graffitis et les fresques au goût incertain, les artistes redoubleront d’inventivité. En outre, c’est guidé par la notion de don où "la liberté est primordiale; le retour n’est jamais garanti" que s’ouvrira cet anniversaire. Le don envisagé aussi comme un geste "d’ouverture à la communauté". Un engagement, d’ailleurs, qui dépasse la rhétorique et les bonnes intentions et qui s’incarne depuis 25 ans dans l’organisation de projets, souvent hors les murs, multipliant les portes d’accès à l’art actuel.

Fondée en 1978, notamment par les artistes Raymonde April et Serge Murphy, la Chambre blanche a d’abord été un espace de diffusion de la photographie. Le centre d’artistes de la rue Christophe-Colomb est devenu depuis un des lieux de l’art contemporain les plus respectés au Québec, accueillant artistes étrangers et productions d’ici, innovant dans l’art in situ en investissant ses propres espaces d’exposition, que les artistes modifient à leur gré (y altérant parfois planchers et murs), en sortant dans la rue (panneaux publicitaires, toits de la ville) ou en occupant différents espaces (des chambres d’hôtel et la prison Gomin notamment). Des productions qui stimulent la réflexion sur les lieux de diffusion de l’art, participant à en détrôner l’objectivité et la neutralité. Pour souligner son 25e anniversaire, la Chambre blanche a aussi invité quatre artistes qui ont marqué les dernières décennies et qui exposeront dans les mois à venir: le sculpteur Michel Goulet (Chambres d’hôtel, 1993), Isabelle Bernier (ancienne coordonnatrice du centre), Jamélie Hassan, artiste ontarienne, et un des membres fondateurs, Serge Murphy. La Chambre blanche accueillera également en résidence pendant l’année l’artiste mexicaine Ilana Boltvinik, la Russe Olga Kisseleva, l’Espagnole Teresa Cebrian et la Québécoise Isabelle Laverdière. Enfin, une série de conférences sur le don sera présentée en novembre et une rencontre pancanadienne sur l’édition et la publication dans les centres d’artistes se déroulera en octobre. Autant de prétextes à penser comme à célébrer.

La Nef des fous
Le 23 août

À l’îlot Fleurie

Bloc-notes
Fernand Toupin, l’arpenteur des grands espaces. Peinture 1953-2000
On parle souvent dans ces pages du Musée du Bas-Saint-Laurent de Rivière-du-Loup. Et pour cause: s’y déroulent régulièrement des expositions d’envergure, dont celle relatant la carrière de Fernand Toupin. Le peintre, dont on connaît surtout les tableaux aux formats irréguliers de sa période plasticienne (1954-1959), a aussi exploré l’intégration de textures dans les années 1960 à 1990; expérimentations aux antipodes, passant d’une peinture géométrique et construite à une peinture plus gestuelle et spontanée. Accompagnant l’exposition rétrospective de Toupin, qui présente aussi des tableaux des dernières années où on assiste à un retour à une peinture géométrique, le Musée du Bas-Saint-Laurent a publié un catalogue où on peut lire des textes de Marie Carani, Francois-Marc Gagnon et Richard Barbeau. L’exposition se poursuit jusqu’au 26 octobre.


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