À la claire fontaine… : À bout de ressource!
Arts visuels

À la claire fontaine… : À bout de ressource!

Dans ses créations, l’artiste ANNIE PELLETIER aime beaucoup parler du rapport que l’être humain entretient avec son environnement. Un lien qui n’est pas toujours très sain. Regard sur sa nouvelle exposition, présentée à la Galerie d’art du  Parc.

Quoique très solide dans ses convictions, Annie Pelletier ne se considère pas comme une écologiste engagée. Elle admet néanmoins avoir certaines préoccupations en matière d’environnement. Des interrogations et des idées qu’elle matérialise à l’aide de son principal mode d’expression artistique, l’installation. Avec À la claire fontaine nous ne pourrons plus nous y baigner, celle qui a été lauréate du Prix Stelio-Sole en 2000 aborde une nouvelle question qui la tracasse: l’eau. Elle traite le sujet simplement, mais la réflexion qui en découle s’avère assez tranchante.

La surconsommation de l’or bleu, principale source de vie, demeure le point central de l’exposition. La jeune femme invite le spectateur à s’aventurer à l’intérieur de trois tableaux, qui expliquent en trois étapes les conséquences de l’intervention humaine abusive sur la nature. La première salle présente un milieu à l’état vierge. Une multitude de contenants de verre remplis d’eau sont suspendus au-dessus d’une terre noire. La végétation affiche fièrement sa luxuriance, ses teintes franches et son abondance. Malheureusement, quelques exagérations plus tard, la nature commence à perdre ses couleurs. Les sols deviennent de moins en moins fertiles, la quantité d’eau potable s’amenuise. Les premières richesses du monde disparaissent tranquillement afin de permettre à l’humain de se fabriquer un confort sur mesure. Finalement, il faut avoir le courage d’ouvrir la porte de la dernière pièce pour constater les dégâts: l’homme a regroupé sur son bureau un (trop) important volume d’eau. La vie s’efface devant une œuvre aux couleurs fades qui affiche ce terrible constat: "Il y a longtemps que l’on sait, n’allons pas tout épuiser." Amenant le visiteur à poser un geste, celui de pousser une porte, la destination ultime de À la claire fontaine… produit un drôle d’effet. "Je voulais qu’on rentre dans la boîte. Je voulais toucher directement les personnes", signale Annie Pelletier.

Dans une démarche s’accordant avec sa pensée, l’artiste a presque exclusivement travaillé à partir d’éléments recyclés. "Ça ne me tentait pas de refaire des choses. Il y a tellement d’objets qu’on jette!" s’exclame-t-elle.

Jusqu’au 30 mai
À la Galerie d’art du Parc
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