William et Marie-Louise reçoivent Arthur Villeneuve : Renaissance et reconnaissance
Arts visuels

William et Marie-Louise reçoivent Arthur Villeneuve : Renaissance et reconnaissance

William Larouche et Marie-Louise Gilbert sont les fondateurs de la municipalité de Larouche. Cet été, ils ont l’honneur de recevoir chez eux le peintre Arthur Villeneuve. Une rencontre d’âme à âme.

Arthur Villeneuve s’est décidé à peindre un beau matin, en revenant de la messe. Ce jour-là, le curé avait lu une lettre du pape Pie XII. "Chacun a un talent à accomplir", disait cette lettre. "J’en ai un talent, moi, je serai peintre", avait alors annoncé le barbier à sa femme. Celle-ci partit en voyage peu de temps après. Quand elle revint, la Paroisse du Sacré-Cœur s’élevait sur les murs du salon. Toute la maison y passera, sauf la chambre des filles, les seules, semble-t-il, à avoir de l’autorité sur leur peintre de père. En plus de couvrir les murs de sa maison, celui-ci achèvera quelque 6 000 toiles.

Après 14 ans d’absence, le célèbre peintre est de retour sur les murs d’une exposition qui lui est totalement consacrée. Rencontré à l’hôtel de ville de Larouche, où se déroule l’exposition jusqu’au 26 septembre, son fils Michel Villeneuve parle d’une véritable renaissance. "Il y avait beaucoup de monde au vernissage. Pour nous c’est un cadeau formidable, ça montre que l’œuvre de mon père a encore sa place. Cette exposition va continuer de faire grandir l’œuvre d’Arthur Villeneuve", confie-t-il, ému. Il évoque à mots couverts les chicanes de famille, les démêlées avec ceux-ci et ceux-là, mais on passe rapidement. L’exposition de Larouche montre une volonté d’aller de l’avant, de passer à autre chose, d’enterrer une époque.

Bon échantillonnage
Couvrant près de vingt ans de production du peintre-barbier, une sélection de quarante œuvres orne les murs de la salle. Ces toiles proviennent de la collection personnelle de celui qu’on nomme désormais le mécène de Larouche, le galeriste Claude Simard. Depuis l’ouverture il y a quelques semaines, les visiteurs de partout affluent pour contempler les toiles aux couleurs presque sombres des premières années, les œuvres marquantes – telles que L’œil de Dieu regardant sa création ou Adam et Ève – de la période préhistoire, l’immense Sainte-Anne de Chicoutimi, et toutes ces œuvres au style inclassable si caractéristique.

"Ça rappelle notre enfance", raconte le fils, président d’honneur de l’exposition. "Je me souviens très bien. J’étais assis sur le banc de piano, papa faisait Saint-Pierre de Rome et moi, je dessinais." De fait, deux dessins signés Michel Villeneuve se mêlent aux toiles du père. On l’écouterait pendant des heures ressusciter ses souvenirs. Mais suivons l’exemple du père: laissons parler les toiles.

Du 21 mai au 26 septembre
À l’hôtel de ville de Larouche
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