Lucie Duval : S'arroser des mots
Arts visuels

Lucie Duval : S’arroser des mots

L’installation de Lucie Duval Caisse de résonance ou l’hypocrisie de la prose s’avèrera peut-être déroutante pour les habitués de l’AXENÉO7, qui a l’habitude de présenter des œuvres à l’apparence moins lyrique.

Le pivot de l’installation, un tableau aux mêmes caractéristiques que celles utilisées dans les écoles, un immense tableau de cinq mètres, présente à l’arrière-plan un motif composé uniquement de roses qui semblent faire écho aux bribes de prose parsemées à sa surface. Par exemple, on y lit: "je me tus", "l’engagement", "le silence s’écrit". Rien ne peut être pris au pied de la lettre; on lie (ou lit ensemble) des éléments qui font front à l’inertie d’un langage figé et qui tentent de transgresser celui-ci.

Ainsi, on laisse tomber l’utilisation des termes tels que "conceptuel" ou "intertextuel" pour cerner la démarche en question. Caisse de résonance ou l’hypocrisie de la prose ne propose pas des définitions statiques mises en séquences par rapport au mode d’énonciation des concepts présentés. Ici, les phonèmes, la peinture matte du tableau et les motifs s’agencent tous simultanément avec notre intuition plutôt que de circonscrire une déduction logique. Pourtant, on pourrait démontrer que la démarche est scientifique, car elle met à l’épreuve un système de règles afin de lui trouver une défaillance.

Assurément, les œuvres de Lucie Duval ne s’inscrivent pas dans le sillon d’une recherche scientifique. Les similarités ne sont que des effets de son travail et non une cause, comme dans le domaine scientifique.

Curieusement, malgré le penchant de Lucie Duval pour les mots, Caisse de résonance ou l’hypocrisie de la prose a quelque chose à voir avec l’indicible. Et même avec l’informe. Les signes graphiques, puis les phonèmes (car après un moment, les bribes de prose s’effacent, ils ne sont que phonèmes), donnent un rythme à des jeux de mots, d’images et de matières. C’est une réverbération d’images et de sons, mais surtout de sens, qui se succèdent au gré des récitations répétitives susurrées par le spectateur.

On ne peut parler d’interpolation; la séquence du début demeure intacte. On le conçoit: ne serait-ce qu’un instant, les choses paraissent se fausser d’elles-mêmes dans cette installation. Mais à tout autre moment, en y prêtant davantage attention, on se rend compte que tout colle harmonieusement.

Jusqu’au 19 décembre
À l’AXENÉO7

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