Le collectif RACAM : Face cachée
Arts visuels

Le collectif RACAM : Face cachée

Le collectif RACAM nous propose de sonder quelques facettes des expressions faciales. Une expo sur les limites du regard.

Comment donc décoder les expressions d’un visage? Comment savoir si quelqu’un nous ment ou nous dit la vérité? Comment savoir si ces mots d’amour sont bien confirmés par ces yeux langoureux ou s’ils ne sont que fariboles trahies par ce pli entre les sourcils ou cette oreille qui tremble un peu trop?!? Comment reconnaître les signes faciaux de la folie ou, pire encore, de certaines pathologies meurtrières? Il fut une époque où l’on croyait pouvoir décoder tous ces signes expressifs grâce à la physiognomonie! Heureusement, de nos jours, on n’espère plus pouvoir interpréter aussi facilement les signes faciaux. Quoique l’on continue à stupidement évaluer les politiciens selon leur assurance, leur bronzage ou leur regard plutôt que sur le contenu de leur discours.

Le collectif RACAM, formé de trois jeunes artistes, Mathieu St-Arnaud, Gabriel et Guillaume Coutu-Dumont, reprend cette idée de physiognomonie pour développer une installation vidéo-sonore qui met en déroute ces mêmes théories. Le dessin, la sculpture puis la photographie ont été employés pour mettre au point un répertoire des expressions faciales et de leurs significations. Belle utopie… Des dessins de Charles Le Brun, dans son Traité des passions (1727), à ceux de Lavater, en passant par les sculptures de Franz-Xaver Messerschmidt (dont le Louvre vient d’acquérir une tête), ces idées ont été très à la mode. Dans sa première installation, Facettes, RACAM joue sur l’opacité des expressions et nous confronte à des situations où nous sommes incapables de juger de l’identité psychologique des êtres. Lorsque le spectateur entre, ces divers visages commencent à parler, mais très vite l’histoire qu’ils racontent devient inaudible, noyée par un bruit ambiant. Et puis, au bout d’une dizaine de minutes, les visages s’agitent, deviennent saccadés, décomposés, pour finalement tournoyer, se transformant presque en cas pathologiques… Signes de folie ou de colères justifiées? RACAM pointe comment, avec la modernité et la découverte de l’inconscient, l’omnipotence du regard a été sapée. Voici une expo paradoxale, qui met en scène les limites du regard et l’opacité du monde des apparences.

Bien sûr, ceux qui suivent le monde de la vidéo reconnaîtront dans cette installation des références aux Autrichiens de Granular Synthesis (présenté au Musée d’art contemporain en 99), mais le jeune trio propose une œuvre qui promet. Dans sa dimension installative plus organique, dans son rapport plus intime au public et dans son contenu plus visuel que sonore, RACAM se démarque du duo autrichien. On surveillera donc avec attention les développements créatifs du trio québécois.

Signalons que le 7 avril à 19 h, RACAM réalisera une performance intitulée Salpêtrière (qui reprendra la structure de l’installation vidéo Facettes) avant de partir pour Mexico présenter la pièce dans le cadre de Mutek.MX.

Jusqu’au 23 avril
À la Galerie Clark

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